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Tim Dup ou la mélancolie heureuse

Le chanteur et musicien Tim Dup.

"J’adore la nuit mais je pense que cet album est vraiment entre heure bleue et heure corail" explique Tim Dup. | © Hugo Pillard.

Musique

Son pseudonyme claque comme une urgence de dire tout ce qu’un jeune homme de 25 ans ressent aujourd’hui. Timothée Duperray s’impose, avec un deuxième album, comme un orfèvre des mots doublé d’un compositeur élégant, face à un monde sombre et pourtant exaltant. Qu’en restera-t-il ? se demande l’artiste. Une grande délicatesse.


Paris Match. Que ressentez-vous avec cet album déjà salué par la critique ?
Tim Dup. Je me dis surtout qu’il y a plein de gens qui me découvrent, encore et encore, et entrent dans mon univers par ce nouvel album. Mais toute la dimension d’un artiste se révèle sur scène et j’ai hâte de reprendre les concerts. Là se trouve mon ADN, j’ai toujours été attiré par la performance scénique, au-delà de l’écriture des textes. Depuis le piano jusqu’à mes premières expériences de groupe entre copains, j’ai abordé tous les styles : de la pop, du rock, du reggae… L’importance des histoires que je voulais raconter s’est affirmée au fil du temps.

Vous ressentez-vous comme un raconteur d’histoires ?
J’aime l’idée de raconter le monde, et les artistes que j’admire et qui m’inspirent participent de ce goût de la narration. J’écoutais beaucoup Bob Dylan avec mon père. Ce deuxième album est à la fois plus intime tout en témoignant de ce qui m’entoure. J’ai écrit mon premier texte au collège, pour séduire mon amoureuse. Le rapport au texte se construit par phases. J’ai grandi en même temps que ma passion pour l’écriture. Je me suis nourri d’autres artistes de chanson française. J’aime prioritairement trouver de la tendresse dans un texte, la délicatesse des mots me touche. Dans mon premier album, il y avait une certaine urgence véhiculée par une musique davantage hip-hop et métissée. Ici, ma voix est plus ténue car je tends à la douceur, aves des histoires plus précises et homogènes, souvent graves mais non dénuées d’espoir.

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Comment honorer la tradition de la chanson française et des sonorités plus actuelles ?
C’est le public qui me situe à la fois dans une filiation de mes pères et dans une musicalité d’aujourd’hui. Mais je ne me pose pas cette question, mon héritage musical familial fait que je m’intéresse à tout. Mes parents m’ont rendu curieux, pas seulement en musique. C’est la raison pour laquelle j’aime autant voyager. Ma curiosité me pousse à chercher constamment l’émotion, qui passe aussi bien par des morceaux de Schubert ou Chopin que j’ai pu jouer que par Barbara et Léo Ferré ou des artistes actuels comme Childish Gambino, Daft Punk ou Kanye West. En fait, je suis mon intuition, avec l’envie d’écrire des chansons intemporelles dans un album ancré dans sa temporalité. Et j’aime de plus en plus toucher à d’autres formes d’expression. Sur mon site et dans le livret de cet album, j’ai écrit des récits de voyage mais aussi des petits textes de fiction. Contempler n’est pas réfléchir mais juste savourer le moment et y déceler ce qu’il contient de plus exquis à même de vous donner envie d’écrire et de composer.

©Hugo PillardConsidérez-vous votre piano comme un compagnon ?
Je trouve cet instrument élégant et très romantique. Quand je vois un piano, j’imagine un bouquet de fleurs posé dessus. Il reste l’ossature principale de mes compositions, même si sur scène je joue également d’autres claviers. Lors de ma prochaine tournée, j’aurai le plaisir d’avoir un piano droit et deux violoncellistes afin d’amener une dimension plus lyrique, douce et chaude sur scène.

Préférez-vous le jour ou la nuit ?
J’adore la nuit mais je pense que cet album est vraiment entre heure bleue et heure corail, entre le coucher et le lever de soleil, teinté de mélancolie et d’espoir de renaissance. La mélancolie heureuse, ça me va bien.

Album : Tim Dup, Qu’en restera-t-il ?, Sony Music
En concert le 16 avril au Botanique à Bruxelles.

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