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YellowStraps ne fait rien comme tout le monde

Yellowstraps

Alban et Yvan Murenzi, les deux frères derrière YellowStraps. | © DR

Musique

À l’occasion de la sortie de leur nouvel EP Goldress, rencontre avec les deux frères de YellowStraps, qui ne souhaitent qu’une seule chose : spread the love (en anglais, ça sonne toujours mieux).

 

La musique a le pouvoir de rassembler les peuples. En Belgique, une poignée d’artistes seulement arrive à effacer les frontières linguistiques. Parmi eux, YellowStraps. Contrairement à tous les autres artistes made in Wallonie, le groupe de neo soul, créé par les deux frères Alban et Yvan Murenzi, s’est d’abord fait connaître en Flandre. Grâce à un « gros coup de pouce » de LeFtO, qui les a invités pour une session sur Studio Brussel, le duo fraternel a reçu un accueil chaleureux du public flamand, « plus ouvert et curieux », compare Alban, le benjamin de la famille. Bref, plus réceptif à leur style de musique assez inédit en francophonie.

Originaires de Braine-l’Alleud, berceau de Girls in Hawaii ou encore des Tellers, plus rock, Yvan et Alban ont décidé de développer leur propre univers, plus sensible et sensuel, même si la chose s’est fait naturellement grâce à leurs influences anglo-saxonnes. « C’est par rapport à ce qu’on écoute, et notre musique évoluera toujours avec nos influences », explique Alban. King Krule, en haut de cette liste pour proposer à chaque fois un son différent et improbable. « La soul, c’est le style qui peut transmettre le plus d’émotions, celui qui personnellement me touche le plus, ajoute son frère aîné, la voix du groupe. Il y a quelque chose dans la soul – d’où le nom – qui va te percuter là où il faut. »

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« C’est maintenant ou jamais »

S’il est à suivre de très près en 2020, YellowStraps n’est pas nouveau dans le paysage musical belge. Proches de Roméo Elvis, Swing ou encore Le Motel, avec qui ils ont débuté, les frangins ont diffusé leur première compo sur YouTube en 2013, intitulée « Pollen ». Un morceau et un clip, créés en moins d’une journée sous l’objectif de François Dubois, leur collaborateur de longue date, « une valeur sûre ». Pour preuve, c’est encore lui qui a réalisé leur dernier clip, sorti ce vendredi, soit près de sept ans plus tard.

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Moins d’un an après ce morceau mielleux, YellowStraps rafle son premier trophée, et non des moindres : celui de l' »Artiste le plus prometteur » lors de la cérémonie des Red Bull Elektropedia Awards. Une reconnaissance pour la fratrie Murenzi. « Ça a rendu notre projet plus crédible », confie Alban. Un premier album Mellow produit par Le Motel en 2015. Blame, ensuite, en avril 2018, un EP où on sent que le groupe a gagné en assurance et renforce son étiquette de lover. Même si les projets et les concerts s’enchaînent, la musique reste pour eux un hobby. Jusqu’en janvier 2019. Basés désormais à Bruxelles, les deux frères prennent alors une bonne résolution, et s’y tiennent. « Après la sortie de Blame, il y a eu une grosse remise en cause, le projet était un peu en pause, puis on s’est dit qu’on avait vraiment le potentiel de faire quelque chose de bien », confie Alban qui venait d’obtenir son diplôme en comptabilité. Cette motivation, ils la doivent en partie à cette « vibe » autour la scène belge, surtout rap. « Depuis plusieurs années, les gens sont tellement au taquet sur ce qu’il se passe chez nous. On s’est dit : ‘c’est maintenant ou jamais' », se souvient Yvan, graphiste.

Quelques mois plus tard, c’est la consécration : une session Colors. « Ils nous ont harcelé et puis on a dit ok, c’est bon, si vous insistez », plaisante son « petit » frère. « C’est un rêve qui se réalise. C’est une carte de visite. Quand les gens voient que t’as fait Colors, c’est une validation. T’es beaucoup plus pris au sérieux », enchaîne Yvan. Dans leurs mystérieux locaux berlinois, le duo a interprété « Rose », extrait de leur nouvel EP, sorti ce vendredi.

« Avant personne ne savait vraiment s’attacher à nos morceaux, il n’y avait pas un refrain qui te restait bien en tête. Ici, on s’est vraiment chauffés à faire une structure un peu plus académique, tout en gardant notre style, pour essayer d’être plus accessible et de parler au plus de monde possible », compare Yvan. Après avoir signé récemment au Royaume-Uni sur Believe UK, YellowStraps offre avec Goldress un projet complet, encore plus original et exigeant.

YellowStraps au Botanique, pour une release party soldout, le 8 février, avant une tournée internationale.

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