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Angèle se confie sur ses acouphènes et la douleur dont elle souffre en permanence

Angèle aux Victoires de la Musique

Dans son dernier album Brol, la suite, la chanteuse nous faisait découvrir "J'entends", une chanson aux implications beaucoup plus profondes qu'on ne le croit | © Alain Jocard / AFP.

Musique

« J’entends, je sens, je pars, j’me dis, encore lui, ce même bruit, j’en peux plus, il me tue », mais à quoi peut bien faire référence Angèle dans sa chanson « J’entends » ? La chanteuse s’est récemment expliquée à Brut. 

 

Dans son dernier album Brol, la suite, la chanteuse nous faisait découvrir « J’entends », une chanson aux implications beaucoup plus profondes qu’on ne le croit. En effet, derrière les paroles abstraites se cache en réalité un mal invisible dont la chanteuse souffre depuis maintenant deux ans et demi.

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La jeune interprète de 24 ans s’est exprimée à Brut dans une interview courte mais explicative. Dans celle-ci, la chanteuse en profite pour sensibiliser sur ce trouble trop rarement abordé et qui entraîne pourtant de nombreuses conséquences pour ceux qui en souffrent.

Qu’est-ce qu’un acouphène ?

Mais qu’est-ce qu’un acouphène au juste ? Pour décrire ses symptômes, Angèle déclare : « dans les deux oreilles, j’ai une sorte de bruit blanc qui fait shhhii comme si tu serrais les dents très fort ». En langage médical, des acouphènes désignent « des bruits « parasites » entendus par un individu en l’absence de sources sonores extérieures. Ils peuvent être occasionnels ou permanents, et s’accompagner ou non de pertes auditives », selon le site SciencesetAvenir.

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D’après la même source, l’acouphène résulte d’un dérèglement de la transmission du son au cerveau. Il peut survenir après une exposition à des bruits intenses, à une baisse de l’audition liée au vieillissement de l’oreille ou encore suite à une maladie (bouchon, infection, syndrome de Ménière, hypertension artérielle…)

En ce qui concerne les symptômes, les acouphènes sont décrits comme des bourdonnements, sifflements, vrombissements ou tintements. « Au niveau de l’intensité, cela peut aller du sifflement d’une cocotte-minute à celui d’un moteur », décrit encore le magazine de vulgarisation scientifique.

Un mal familial

Dans la vidéo d’un peu plus de quatre minutes, elle raconte : « J’en avais beaucoup entendu parler, parce que mon père a des problèmes d’audition. J’avais conscience que ça devait être terriblement stressant et angoissant, et assez terrible comme sentiment et comme situation, mais je ne pensais pas que ça m’arriverait ».

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La chanteuse révèle avoir été à son tour victime de ce trouble suite à un accident sur un plateau télé. « Un jour, j’étais à une promo télé, et dans le stress, je ne sais pas ce qu’il s’est passé, mais il y avait un problème avec le micro. Il n’avait pas de piles, alors j’ai mis beaucoup le son plus fort dans mon boîtier, pensant que c’était un problème de son… », raconte-t-elle. « J’ai reçu un « jus » dans les oreilles. Je ne m’en suis pas rendu compte, mais j’ai reçu un gros coup! ».

Avant elle, son frère Roméo Elvis avait déjà témoigné de ce trouble qui le touche lui-aussi.

« Je me souviens d’avoir eu un sentiment d’énorme angoisse »

« Le soir-même, j’ai eu la merveilleuse idée de travailler un nouveau son au casque pour ne pas déranger les voisins. Et quand j’ai arrêté la musique, j’entendais encore le son dans mes oreilles. Je me souviens m’être levée, avoir un peu titubé dans l’appartement en imaginant que c’était la fin du monde, et ça ne s’est pas calmé depuis », témoigne-t-elle.

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Depuis, ce son accompagne la chanteuse où qu’elle aille et quoi qu’elle fasse. Angèle confie avoir eu du mal à faire le deuil de son audition, avant de réussir à l’accepter. La jeune Belge confesse être désormais consciente qu’il s’agit d’un mal incurable. Aujourd’hui, elle compte bien sensibiliser aux dangers psychologiques liés à cette souffrance à travers ses concerts.  « Ce qu’il faut savoir, c’est que si tu entends du son trop fort pendant plus de 30 minutes, ça peut te blesser pour toute la vie », prévient-elle. « C’est incroyable que j’en aie aussi peu entendu parler ! […] Moi, j’ai de la chance, parce que c’est vraiment très léger, mais je pense qu’il y a des gens qui font des dépressions. Je leur envoie tout mon soutien. Vraiment, ma plus grande peur, c’est que ça empire ».

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