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Sébastien Tellier, homme qui rêve et fait rêver

sebastien tellier domestic tasks

Un style à part. | © Valentine Reinhardt.

Musique

Pour la sortie de son nouvel album Domesticated, on est parti en apnée dans les nuits du doux rêveur et génie de la musique.

 

Qu’il soit peint, mis en image, gribouillé, conté, chanté, le rêve a toujours inspiré les travaux des plus grands. Tentant d’interpréter leurs songes, de donner vie à leurs nuits, ils nous font plonger dans un univers onirique, déchiffrant l’inconscient ou relatant leurs fantasmes. À l’idée d’interviewer Sébastien Tellier pour la sortie de son nouvel album, il nous a semblé évident qu’il était une figure parfaite pour évoquer la rêverie, lui qui « rêve de Biarritz en été » dans le sublime « Roche », morceau ouvrant son grandiose troisième album Sexuality (2008).

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Les chimères de la nuit ont une place centrale dans l’univers du compositeur et chanteur. Du doux « Pépito Bleu » à l’inévitable « Ritournelle », le grand barbu ne cesse de rêvasser et nous emporte depuis ses débuts dans un imaginaire mélancolique. De ses mélodies satinées à sa voix précieuse, Tellier se pose en grand rêveur qui nous emporte dans la contemplation.

Plutôt rêver sa vie que vivre ses rêves

Sans hésitation, l’artiste devenu maître de la pop française choisit son ami, le regretté Christophe, comme figure ultime de la rêverie. « Il était tel un rêve, insaisissable, aérien », confie-t-il volontiers à propos de l’animal nocturne, plein d’admiration pour l’un de ses mentors. « Mais dans mes rêves glacés / Je te revois encore », se lamentait ce dernier dans « La Dolce Vita », ode à l’amour perdu reprise notamment par Tellier le magicien, en grand romantique qu’il est.

Cette évasion incessante laisse aujourd’hui la place à un homme transformé par la paternité et domestiqué – parfaite ironie, en quête de beauté dans sa réalité de père de famille. C’est le nouveau mantra d’un artiste devenu dévoué aux tâches du quotidien, qu’il s’amuse à détricoter au fil de Domesticated (sorti ce vendredi). Un album apaisé et apaisant, plus profond qu’il n’y paraît et où sa maîtrise de la pop reste intacte. Le trublion s’est assagi, rit de lui, de nous, devenus tous des animaux bien domestiqués. Toujours avec un brin de folie.

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Passé de noctambule un peu fou au statut d’homme à la maison, Sébastien Tellier continuera quoiqu’il arrive à « rêver sa vie » comme il nous le confie dans notre vidéo ci-dessous.

Domesticated, sur toutes les plateformes dés ce vendredi.

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