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Hervé débarque avec son premier album Hyper aux accents « Bashungien »

Il sera le 8 octobre prochain aux Nuits Botanique. | © Romain Sellier

Musique

Durant le confinement, il a ravi les internautes avec ses clips entrainants et débordants d’énergie. Il sort maintenant son premier album mêlant mélodies rythmées et paroles hachurées. Rencontre.

 

Avec son phrasé unique, c’est un artiste qui sort du lot. Entre sonorités électroniques et paroles hachurées, Hervé débarque sur la scène française avec son nouvel album Hyper. Le chanteur s’amuse à jouer avec les mots et les respirations placées pour donner du rythme à ses chansons. Ce découpage donne une dynamique singulière à ses morceaux. Pour l’auteur-compositeur, la musique et les paroles sont profondément liées et dépendent de son humeur du moment. Avec ses mélodies entêtantes, Hervé captive et nous donne envie de nous déhancher. Un style qui ne peut que nous rappeler les chansons d’Alain Bashung. Un choix totalement assumé par l’intéressé. « Bashung, je crois que c’est le mec que j’ai le plus écouté. Donc quand je me suis mis à chanter, forcément il y avait des familiarités parce que je l’avais dans l’inconscient. C’est comme quelque chose qui t’est familier », nous confie Hervé. Des influences très hétéroclites allant de l’interprète de « Osez Joséphine » à la nouvelle scène anglo-saxonnes électro, et parfois-même rock.

Hervé n’en est pas à son premier coup d’essai. Avant de mener une carrière solo, il faisait partie du groupe franco-anglais Postaal. « Les deux se sont fait en parallèle en fait. Une fois que l’album de Postaal est sorti, j’ai enchaîné avec mon disque, naturellement. Je ne me suis pas dit « j’ai envie d’être tout seul » ou « j’aime pas les groupes » », assure-t-il. Avec son aventure en solo, Hervé en profite pour retourner à sa langue maternelle et écrire des textes en français. « C’est venu parce que j’ai eu besoin d’écrire. Et du coup forcément, il était hors de question que j’écrive en anglais, il fallait que j’écrive en français. Ça s’est fait hyper instinctivement, je n’ai pas trop calculé. »

Avant de se lancer dans la musique, Hervé a cumulé les petits boulots. Des jobs qui lui permettaient de survivre, tout en continuant à faire ce qu’il aimait sur le côté. « Je faisais homme de ménage de 6h à 14h, et après de 14h à minuit je faisais du son. Donc je dormais pas beaucoup, mais ça représentait déjà ce que je voulais faire de ma vie, et ce que je voulais faire au maximum. » Un quotidien qui l’inspire dans sa musique, mais également dans ses clips. Durant le confinement, Hervé en profite pour tourner le clip « Si bien du mal » dans la cuisine même où il a écrit la mélodie de la chanson. Cette vidéo où il prépare des crêpes en dansant a été visionnée plus de 440 000 fois sur Youtube. Les commentaires sont dithyrambiques, tous le remerciant pour cette « bonne humeur ». « Ça me touche beaucoup. J’avais un peu d’appréhension, c’était un contexte difficile, et je me demandais si on allait comprendre où je voulais en venir. Je voulais juste que ce soit un moment de lâché prise. » Et pour fêter le déconfinement, Hervé emprunte la voiture de son père, accroche son téléphone avec du scotch sur le devant de la voiture, et enregistre son nouveau clip. Dans « Maelström », le chanteur court sur les routes de campagne pour célébrer cette liberté retrouvée. Des paroles qui collent assez bien avec la fin du confinement, comme lorsqu’il scande « Redis-moi combien cette vie est belle ».

Le 8 octobre prochain, Hervé se produira en Belgique aux Nuits Botanique. Un retour chez nous qu’il attend avec impatience. « J’aime trop la Belgique, j’aime trop y aller. J’ai hâte de bouger, de sauter dans le Thalys, de pouvoir faire mon concert, et de manger mon petit grec après tranquillement », confesse-t-il non sans rire. Un besoin de retourner sur scène qu’il ne cache pas. « J’aime trop les deux (ndlr, écrire et monter sur scène). Ça n’a du sens que si je rencontre des gens après, sinon ça n’a pas grand intérêt. »

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