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Interview exclusive : « Non, Indochine ne snobe pas la Belgique »

Indochine

Indochine n'oublie pas son public belge. | © Belga Image

Musique

De passage à Bruxelles, Nicola Sirkis a mis les points sur les i suite à la polémique autour du stade Roi Baudouin.

Pour les fans belges d’Indochine, le 26 mai dernier a été synonyme de grosse émotion et d’intense déception. À l’occasion d’une conférence de presse donnée depuis le Stade de France, le groupe avait annoncé le menu des réjouissances pour ses 40 ans fêtés l’an prochain. Il se lançait dans une tournée des stades en France. Et en Belgique ? Rien. Parce que le stade Roi Baudouin n’est pas en mesure de recevoir dignement le public.

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Un mois plus tard, Nicola Sirkis persiste et signe alors qu’il est de passage à Bruxelles. “Apparemment, j’ai dit ce que tout le monde pense tout bas, épingle-t-il. Si je peux être à l’origine d’une réflexion sur la réfection de ce stade ou autre chose, tant mieux. Je ne peux pas être tranquille si le public met quatre heures à sortir du stade et à rentrer chez lui. C’est déjà un gros effort de venir dans un stade, ça prend du temps et de l’énergie. Si en plus, on est assez mal accueilli et qu’il n’y a pas de gestion de foule… Je n’ai pas à avoir ça en plus à gérer.

Pour le chanteur qui a grandi à Bruxelles, rappelons-le, la Belgique mérite un endroit capable d’accueillir dignement de grands événements comme des concerts. Et non, Indochine ne snobe pas le pays, contrairement à ce que la Villes de Bruxelles a pu dire, explique-t-il. S’il n’est pas possible de proposer deux ou trois Palais 12 en lieu et place d’une prestation dans l’ovale du plateau du Heysel, c’est parce que la production ne peut pas être adaptée pour un concert indoor. C’est donc à Lille que les fans belges sont invités à se déplacer. À moins que d’ici là, Nicola Sirkis et les siens ne sortent un autre lapin de leur chapeau, ce qui n’est pas inenvisageable quand on les connaît.

40 années de musique

En attendant cette tournée des stades, le public découvrira, respectivement le 28 août et le 27 novembre, deux compilations regroupant 40 années de singles d’Indochine. La première fournée concernera les années 2001 à 2021, la seconde celle de 1981 à 2001. “Il faut bien ça. Quatre décennies, ça fait beaucoup”, s’amuse le chanteur. Au passage les titres bénéficient d’une subtile cure de jouvence. “On a conservé les morceaux des années 80 dans leur jus, explique Nicola Sirkis. On n’a rien retouché, ni sur les enregistrements ni sur les voix. On les a juste reboostés.” Autrement dit, le groupe a fait en sorte qu’ils sonnent de manière homogène sur les disques alors que la technologie d’enregistrement a considérablement évolué entre les années 80 et aujourd’hui. Et pour cela, ils ont fait appel à un cador des studios d’enregistrement. “On a harmonisé cela avec Mike Guzauski qui est quand même un des magiciens du mixage. Mais ce ne sont pas de nouveaux mix. L’idée était d’avoir une cohérence sur 56 singles couvrant 40 années.”

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Le chanteur le confie, c’était bizarre de se replonger dans tous ces titres. “Comme je ne les écoute pas tous les jours, je n’en vois que les défauts. Et puis, j’ai été en Allemagne pour voir les masters, les vraies bandes avec les enregistrements, qui sont conservés comme des archives. Les ouvrir et les écouter, c’est à la fois violent et comme si c’était hier. C’est très curieux”. Y a-t-il beaucoup de choses qui sommeillent dans ces archives du groupe et qui pourraient un jour sortir, se demandent les fans ? “Non, répond Nicol Sirkis. Parce qu’on préfère jeter quand ça ne nous plaît pas. Mais il y a aussi des choses que l’on va pouvoir publier parce qu’elles sont intéressantes. Je pense aux premières démos, les maquettes de Paradize, par exemple. Ou des morceaux avec des noms de code.”

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