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Lisza : La mélancolie n’aura jamais été aussi joyeuse

Lisza : Le mélange réussi entre sonorités latinos et mélancolie

Charango est sorti le 14 août dernier. | © Yaqine Hamzaoui

Musique

Repoussé à cause du confinement, Lisza a sorti durant l’été son deuxième album Charango. Avec ses sonorités latinos, les chansons sont entrainantes et nous font presque ressentir la chaleur du soleil. Rencontre.

 

Entre mélodies entrainantes et textes engagés, Lisza aime être là où ne l’attend pas. Après un premier album La vie sauvage en 2017, la chanteuse bruxelloise revient cette année avec un nouvel album, tout aussi coloré, Charango. « Dans le premier, il y avait déjà ce mélange d’influences, mais cette influence latino était plus discrète. Ici, sur le deuxième album, c’est plus affirmé, les instrumentations sont encore plus dansantes. »

Dans la chanson « Cómo », Lisza tient la cadence et rappe en espagnol. Une langue apprise en secondaire qu’elle affectionne particulièrement. « En composant les chansons à la guitare, la mélodie arrive au fur et à mesure, et je cherche les mots. Et c’est vrai qu’il y avait certaines mélodies plus latino, qui m’emmenaient vers l’espagnol. J’ai gardé ça, je me suis dit « si ça vient en espagnol, c’est qu’il y a quelque chose à creuser ». On ne dit pas les mêmes choses, d’une langue à l’autre. »

Un besoin viscéral de s’exprimer

Pour elle, la musique a toujours fait partie de sa vie. « J’ai toujours aimé la musique, ma mère en écoutait beaucoup, donc j’ai toujours baigné dans un univers assez mélomane. » À l’âge de 5 ans, elle a un véritable coup de cœur pour le violoncelle. Elle apprend cependant le piano et la guitare dans un premier temps, avant de se mettre à son instrument de prédilection bien plus tard, vers ses 17 ans. En plus de la musique, Lisza apprend aussi le chant. « C’est ma mère qui m’a tiré au cours de chant et j’ai tout de suite adoré ça. J’ai fait du chant lyrique pendant des années, durant mon adolescence. »

Tout comme son parcours musical, ses influences sont diverses. De Manu Chao à Maria Callas, « au niveau de la voix, ça a été quand même une révélation », en passant par Lhasa, ce mélange d’influences se retrouve dans sa musique. « J’avais envie d’un album qui soit très libre et métissé, avec tous ces mélanges d’influences, de pop, de chanson française, d’influences latinos. J’avais cette envie d’un grand mélange de plein d’horizons, et que ce soit une grande fête. »


Lisza se lance dans la musique vers ses 23 ans. Un véritable besoin pour cette jeune comédienne de formation, qui voulait trouver sa « place dans le monde ». « J’ai eu un moment où je n’étais pas heureuse dans le métier que je faisais, et surtout, j’avais besoin de m’exprimer. » Une expression qui passe par l’écriture, une manière d’extérioriser ses maux.

Entre mélancolie et fête

Charango, c’est une « grande fête » : des chansons aux sonorités latinos, chantées (pour la plupart) en français, avec des airs de guitare dansants. Et il n’y a pas seulement ses influences qui sont diverses : Lisza aborde des sujets très différents dans ses chansons. Elle s’adresse aussi bien à son grand-père dans « Daddy », qu’elle ne parle des relations de couples dans « Les Vacances à la montagne ». « Il y a toujours cette mélancolie présente dans les chansons, notamment par les textes. C’est un mélange entre la mélancolie et la joie. » Et c’est ce qui transparaît sur la pochette de l’album, peint par une amie à elle. « Je voulais quelque chose d’intemporel et à l’image de ma musique, très coloré. »

Et Lisza n’hésite pas à écrire aussi des textes engagés, comme dans la chanson « Le Choix », où elle parle de l’avortement avec poésie et du droit des femmes de manière plus globale. « J’avais envie de m’exprimer sur ce sujet parce que c’est toujours d’actualité. On le voit dans la politique belge ces derniers temps, c’est un sujet qui était encore sur le tapis, et ça donne lieu à des jeux politiques assez ignobles. » Une ode au féminisme qui lui tient à cœur, elle-même ayant « fait les frais du machisme ». « J’avais envie de dire dans cette chanson que les femmes sont seules à pouvoir décider de la manière dont elles disposent de leur corps, et de ce qui est bon pour elles. »

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