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Le cinquième album de Julien Doré s’apprivoise avec le temps [VIDÉO]

Sur l'album aimée, Le chanteur originaire du Gard jette un regard désabusé sur l’état du monde et le monde des hommes tel qu’il est... | © Alexis Haulot

Musique

Plus direct dans le propos, plus lascif sur le plan musical que son prédécesseur &, le chanteur explore de nouvelles contrées toujours aussi pop dans aimée .


Il y a quatre ans, Julien Doré chantait ses peines sur le somptueux &, un album pop qui, comme le bon vin, bonifie avec le temps. Depuis, il a quitté Paris pour s’installer dans les Cévennes. Ses retrouvailles avec la nature et le temps qui s’écoule différemment forment l’ossature de son cinquième album studio. Ne vous fiez pas à la couleur rose de la pochette ni au titre de celui-ci, aimée, avec un « a » minuscule insiste-t-il ! Il n’est pas question d’élans sentimentaux et d’amours déçus comme sur Love et &. Son inspiration, Julien Doré est allé la puiser dans cet environnement retrouvé et dans la vie d’une femme , Aimée, sa grand-mère, fervente militante syndicaliste des droits des veuves de mineurs.

Le chanteur originaire du Gard jette un regard désabusé sur l’état du monde et le monde des hommes tel qu’il est. Balancés sur des rythmes essentiellement lascifs, aux sonorités électro nappées de cordes et de chœurs d’enfants, les constats sont pessimistes : le climat (“La Fièvre”), les droits des femmes, le sort des migrants (“Lampedusa”), le sexisme, les générations futures (“Kiki”)…

N’allez cependant pas croire qu’il s’agit d’un disque sombre et déprimant. Si le propos est plus direct qu’auparavant, il est toujours dit avec subtilité, humour, ironie, autodérision et poésie. “Tout le monde a quelque chose à dire sur mes cheveux ou le climat, bien que les deux aillent vers le pire, personne ne se battra pour ça”, chante-t-il sur “La Fièvre”. Et surtout, il y a toujours, au bout du tunnel, une lueur d’espoir. “Tout est encore possible”, entend-on sur “Barracuda”. Julien Doré avait prévenu, s’il était de retour c’est parce qu’il avait des choses à nous dire. Très clairement, cela concerne ce monde qui part en toupille.

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Quelques belles invitations

Question featurings, il sait aussi s’y prendre. On croise la charmante et de plus en plus incontournable Clara Lucciani sur l’envoûtant “L’île au lendemain”, de même que Simone et Jean-Marc, les deux chiens du chanteur samplés sur le bien nommé “Waf” sur lequel il est question de Terre plate et de pingouins qui s’acclimatent au nouveau climat… Caballero et JeanJass sont également de la partie sur le déjanté, cash et autotunesque “Bla Bla Bla”.

« Ça a d’abord été une rencontre, beaucoup de rigolades et de points communs. Et puis une évidence. La chanson francophone, pop ou de variété, lorsqu’elle fait des featurings ou des duos, peut avoir tendance à s’étouffer à ne fonctionner qu’en famille. Il faut que la personne avec qui on chante nous ressemble. J’aime bien l’idée de traverser ça. » Il confie avoir une certaine attirance pour le rap, il a d’ailleurs avoué rêver de partager un duo avec SCH il y a quelques semaines. « Dans ce que j’écoute, dans certaines influences de mes productions sonores, il y a beaucoup de choses qui sont issues de l’urbain et du hip-hop anglophone. Il y a une énergie et une liberté qui font beaucoup de bien à pas mal de codes établis et de manières de fonctionner dans la musique. Pourquoi pas faire d’autres featurings à partir du moment où la rencontre donne naissance à quelque chose de sincère, de cool et qui est assumé. Ça me plairait bien. »

Quant au final, il est magnifique, avec “Lampedusa” qui n’aurait pas dépareillé sur &. Et “Barracuda II” interprété seul au piano avec des chœurs d’enfants. Julien Doré se met à nu sur ce disque, au propre comme au figuré. Vous le découvrirez en consultant le livret qui l’accompagne.

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