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Gims, un rêve à la française

maitre gims

Gims en juillet 2019. | © ©PHOTOPQR/LA MONTAGNE.

Musique

Il a propulsé la musique urbaine au sommet de la variété. En pleine crise d’identité nationale, il tient à défendre sa vision d’une société apaisée.

D’après un article Paris Match France de Clémence Duranton et Benjamin Locoge

Paris Match. Quelle était la musique de votre enfance ?
Gims. Mon père était chanteur, il faisait de la rumba congolaise. J’ai grandi malgré moi avec cette musique-là. C’était tellement présent chez nous, partout, c’était limite comme respirer. La musique chez un Congolais, c’est comme le foot au Brésil… Pourtant ça ne m’intéressait pas vraiment. J’ai découvert la musique plus tard, en arrivant en France, avec Michael Jackson et le hip-hop. Je n’ai jamais parlé de musique avec mon père, on ne s’est jamais assis pour avoir cette conversation. Ce n’est pas ce qu’il voyait pour nous, ses enfants. Il nous imaginait aller loin dans les études, pas du tout évoluer vers des milieux artistiques.

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A quoi ressemblait la vie au Congo ?
A l’époque, la future République démocratique du Congo s’appelait encore le Zaïre et vivait sous la dictature de Mobutu. J’ai 2 ans et demi quand mon père écrit une chanson contre lui. Et du jour au lendemain on doit fuir. Parce que la musique au Congo c’est aussi important que la politique. Quand un artiste fait une telle chanson, ça ne passe pas inaperçu, c’est passible de la peine de mort.

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Enfant, je n’ai pas ressenti de racisme. Quand j’étais petit, il y avait beaucoup d’étrangers autour de moi, je n’étais pas le seul Noir.

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Vous vous rendez compte de la situation, alors ?
Pas du tout. J’avais juste faim. D’autant que ce n’est pas moi au départ qui devais quitter le pays. Le choix s’est quasiment fait à pile ou face avec mon frère. J’étais le plus jeune donc je suis parti en France. C’est incroyable, cette histoire.

Comment se passe votre arrivée en France ?
C’est très étrange. Mon plus vieux souvenir, c’est lorsque ma mère me laisse à l’école maternelle, j’ai l’impression qu’elle m’abandonne. J’ai encore ce flash où je me revois dans un préau, ma mère part, elle me dit qu’elle va revenir, je suis accueilli par d’autres personnes très gentilles mais j’ai l’impression qu’il se passe quelque chose de pas très bon.

Comment est vu le petit garçon congolais que vous êtes dans la France de 1989 ? Comment vous sentez-vous dans la société française d’alors ?
Honnêtement je n’ai pas ressenti de racisme. Quand j’étais petit, il y avait beaucoup d’étrangers autour de moi, je n’étais pas le seul Noir. J’étais avec mes frères. Je mentirais en disant que tous les yeux étaient rivés sur moi. Ce n’était pas le cas. C’est bien plus tard que je me suis senti différent.

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J’aurais aimé ne pas découvrir ce sachet de cocaïne dans le pot de yaourt à la fraise. C’étaient mes préférés !

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Plus tard, c’est quand ?
Vers 15 ans, mon âge de raison ! Je grandis, je rencontre des gens, je prends conscience de certaines choses. Notamment que mon adolescence a été bazardée, parce que j’ai été placé en foyer à Forges-les-Bains où mes parents venaient me voir le week-end. J’y suis resté deux ans. L’aide sociale à l’enfance en France est très efficace, les structures sont super bien adaptées. Si je me suis retrouvé là-bas, c’est parce que l’on n’avait nulle part où vivre. Ensuite, on a été trimballés de squat en squat…

A cette période, vous découvrez que l’un de vos “tontons” cache de la cocaïne dans vos pots de yaourt.
Oui. J’aurais aimé ne pas découvrir ce sachet dans le pot de yaourt à la fraise. C’étaient mes préférés ! [Il rit.] C’était un gars qui vivait dans le squat avec nous qui cachait sa marchandise… Et quelle cachette ! On l’appelait “le pétrolier” parce qu’il dépannait tout le monde… Je ne comprenais pas à l’époque ce que ça voulait dire. Mais je le voyais toujours compter son argent. Donc je lui ai dit : “Il faudrait que tu m’apprennes à faire ça.” Et là, il se fâche : “Non, toi tu n’es pas comme moi.” Il se dénigre. “Moi, je n’ai pas eu le choix, toi, t’es encore un gamin, tu vas faire autre chose.” C’est la dernière fois que je l’ai vu.

Il reforme Sexion d’Assaut, le groupe qui l’a fait connaître, pour une tournée qui passera les 25 et 26 septembre 2021 à Paris La Défense Arena.
Il reforme Sexion d’Assaut, le groupe qui l’a fait connaître, pour une tournée qui passera les 25 et 26 septembre 2021 à Paris La Défense Arena. © Vincent Capman / Paris Matc

Est-ce que l’école vous a aidé ?
Oui. Je connais l’histoire de France mieux que celle du Congo. C’est là que j’ai découvert les valeurs de la France, la fierté, les personnages phares : Molière, Charles Aznavour, Luis Fernandez, Jacques Chirac. En CM1, j’ai joué “Le bourgeois gentilhomme” et j’ai été applaudi pour la première fois. Après, je n’ai pas été un élève assidu, parce que je ne pouvais pas l’être. On vivait dans des apparts où il n’y avait ni bail ni loyer. Plusieurs fois il m’est arrivé en rentrant “chez moi” de tomber sur les huissiers. On devait partir sur-le-champ. J’avais des amis qui n’étaient pas dans la même situation. Je ne pouvais pas les ramener à la maison, au milieu de gens que je ne connaissais même pas… C’était bizarre. Et mes parents se séparent quand j’ai 9 ans. Je me retrouve avec ma mère. Mon père disparaît, je n’ai plus de nouvelles de lui. Alors je vis à l’extérieur, dehors ou chez mes potes. C’est à cette époque que j’apprends l’expression “école buissonnière”. Je ne me sens plus très bien, je suis déboussolé, j’ai trop de retard, j’ai des mauvaises notes, je suis exclu pour mes absences…

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On appelait notre domicile “la maison ninja” parce qu’il fallait être prêt à sauter par la fenêtre à tout moment si la police arrivait

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Comment réagit votre mère ?
Elle était dans une situation tellement critique qu’elle m’engueulait mais avec un manque de force… Elle avait tellement plus grave à gérer… Elle devait chercher une situation stable. Elle en avait marre des squats, de devoir à chaque fois être à gauche, à droite. On appelait notre domicile “la maison ninja” parce qu’il fallait être prêt à sauter par la fenêtre à tout moment si la police arrivait. Alors elle essayait de nous trouver un logement avec ces fameuses aides, celles pour les femmes isolées avec des enfants à charge. Surtout qu’elle ne travaillait pas à ce moment-là.

Quand la musique arrive-t-elle dans votre vie ?
Je ne sais même plus comment ça s’est fait. D’abord en m’essayant à des freestyles avec les potes. On s’amuse à écrire des textes, à jouer les rappeurs, on a 14 ans… Puis de fil en aiguille ça devient sérieux, on trouve des rimes, on les pose sur des instrus…

Vous aviez des modèles ?
Les Américains du Wu-Tang Clan, ils étaient un modèle. En France, j’aimais beaucoup IAM, le Secteur A.

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Bizarrement, aujourd’hui, en 2020, je souffre plus du racisme que dans les années 1990 ou qu’au début des années 2000

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Et vous comprenez que la musique peut être une échappatoire ?
Pas tout de suite. Là, je suis encore scolarisé. Je ne vois aucune issue possible dans la musique. Je me concentre sur mes études, le dessin en particulier, je dessine en permanence. Je voulais être mangaka, mon rêve était de partir vivre à Tokyo. Après le collège, j’intègre une école d’art, Corvisart, dans le XIIIe, que j’aimais beaucoup. Je pense qu’il y a une issue là-bas.

Vous croyez à vos chances ? Au fameux ascenseur social que la France promet ?
Totalement. J’ai rencontré des gens incroyables en France, je ne suis pas dans cette haine de Noir, de Blanc. J’ai toujours été contre le racisme et contre l’injustice. Je l’ai connue gamin, l’injustice, donc je préfère la subir que la commettre. Et c’est pour ça que je me sens comme un justicier. Je ne suis pas tombé dans la haine parce que je suis intelligent. Je le dis sans orgueil ni vantardise. J’ai toujours eu le recul nécessaire.

« SAPÉS COMME JAMAIS » De cette passion, il a fait une chanson et un succès. Le clip cumule plus de 480 millions de vues sur YouTube.
« SAPÉS COMME JAMAIS » De cette passion, il a fait une chanson et un succès. Le clip cumule plus de 480 millions de vues sur YouTube. © Vincent Capman / Paris Match

Vos frères et sœurs l’ont vécu de la même manière ?
Oui, parce qu’on était toujours ensemble. Chez eux non plus il n’y a aucune animosité, aucune haine. C’est quand on commence à monter des groupes, quand on n’arrive plus à faire la part des choses que la haine s’installe, que l’on répand le mal par le mal.

Donc vous n’avez jamais souffert du racisme ?
Bizarrement, aujourd’hui, en 2020, j’en souffre plus que dans les années 1990 ou qu’au début des années 2000. Ce qui s’est passé avec George Floyd, avec cet Américain qui a pris sept balles dans le dos, avec cet entraîneur lors du match PSG-Istanbul, sans parler de Michel Zecler [le producteur lynché par les policiers le 21 novembre à Paris]… Je le connais, Michel, il apparaît même dans l’un des clips de Sexion d’Assaut. Mais là, il se fait interpeller, puis tabasser. Et on ne sait pas pourquoi.

Parce qu’il a une couleur de peau qui n’est pas blanche… ?
Selon lui, oui.

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On connaît les hommes à travers le texte. Et le texte, c’est la culture

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Et qu’est-ce que cela provoque en vous ?
Je n’arrive pas à comprendre le racisme. Je me demande d’où vient le problème : est-ce que c’est une question d’éducation ? Une défaillance mentale ? J’essaie de comprendre pourquoi nous en sommes là. On en parle, on le voit mais on n’a toujours pas trouvé le pourquoi du comment. Je ne suis pas raciste. Et je me demande pourquoi je ne le suis pas. J’essaie vraiment de me poser la question comme un scientifique. Ce rejet de l’homme noir est probablement lié à plein de choses : tous ces films qu’on a pu voir sur l’esclavage, ces séries, ce qu’on a appris à l’école sur le sujet… te mettent cette idée dans la tête depuis tout petit : les Noirs étaient esclaves. On grandit avec ça, avec cette image très forte. Et je pense que ça joue dans l’inconscient de chacun. Ça doit venir de là.

Si l’on suit votre raisonnement, l’homme blanc devrait comprendre la souffrance et l’homme noir devrait se révolter ?
On sait que l’esclavage a été pointé du doigt, aboli. Il n’est pas le fait de tous les Blancs. Les Noirs aussi ont fait des choses horribles. Le truc est de ne pas entrer dans la généralité. C’est comme pendant les guerres, ce sont les militaires qui viennent sur place. Ce n’est pas l’ensemble du pays qui est en guerre. Peut-être que j’aurais réagi différemment si je n’avais pas rencontré certaines personnes. Je pense notamment à Laura Briem, la femme qui gérait le centre de loisirs quand j’étais môme et qui m’a beaucoup aidé. C’est une Française pure souche qui m’a fait découvrir les pièces de théâtre de Molière. J’ai compris grâce à elle l’importance de la culture. On connaît les hommes à travers le texte. Et le texte, c’est la culture.

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Mon pote Kaaris, que j’adore, je ne le ferais pas écouter à mes enfants !

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C’est pour lutter contre tout ça que vous lancez Sexion d’Assaut en 2002 ?
Au début on veut juste monter un groupe, faire de la musique, on ne veut pas délivrer de messages, on ne se prend pas au sérieux.

Le hip-hop est une musique qui n’était pas considérée par les médias traditionnels…
Et elle commence seulement à l’être. Il y a eu du progrès mais on peut comprendre que ça fasse peur. Certains rappeurs, je ne voudrais pas que mes enfants les écoutent. Tout comme ces mêmes rappeurs ne voudraient pas que leurs propres enfants les entendent. C’est trash, hardcore, très vulgaire. Mon pote Kaaris, que j’adore, je ne le ferais pas écouter à mes enfants ! [Il rit.]

Dans ces morceaux dits “hardcore”, la femme est dénigrée. C’est sexiste, très vulgaire…
Oui, dans ce style de rap il y a des textes qui peuvent être dénigrants. C’est une réalité. Est-ce que certains jouent sur la liberté d’expression ? En tout cas, ce n’est pas mon créneau, ce n’est pas ce qui me fait kiffer. Et si c’était le cas, je ne serais pas en train de parler avec vous.

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Paris c’est bling, le Festival de Cannes, les fashion weeks, les maisons de luxe, c’est bling aussi

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Pourtant vous cédez volontiers à certains clichés véhiculés par le rap. Votre image bling-bling notamment.
Je suis congolais. Les Congolais sont bling à la base, même ma mère est bling sans le savoir ! [Il rit.] On aime ce qui brille, on aime l’or, les bijoux, les fringues… Je ne pouvais pas y échapper. Et je trouve que pour un Congolais je ne suis pas très bling !

Vous assumez le fait de gagner beaucoup d’argent, de l’exhiber même…
C’est vrai. La France est le pays du luxe par excellence. Regardez par la fenêtre, on est à côté de la place Vendôme, de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, pas loin des Champs-Elysées, l’avenue la plus chère au monde. Les Français, c’est la classe, c’est les sapes. Mais quand on le met en avant, ce n’est pas validé. Je ne comprends pas. Il ne faudrait pas montrer ce qu’on a de luxueux alors qu’on est au pays de Cartier, de Vuitton ? Non, ici, quand on porte ces vêtements, c’est qu’on est un kéké.

La France est un pays qui n’aime pas le succès.
Ça ne me dérange pas qu’on dise que je suis bling. C’est justifié, je viens de loin, j’ai découvert ça tardivement, mais je donne aussi, j’ai des associations avec mon frère Dadju. OK, tu peux être bling mais il faut le justifier. Redonner, c’est une forme de reconnaissance. Je ne pense pas que ce soit quelque chose de mal de prendre un avion privé ou de s’habiller chez Hermès et je ne me pavane pas en disant : “Regardez j’ai ça, et ça vaut cher.” D’autant que la France crée les armes pour le succès. Paris c’est bling, le Festival de Cannes, les fashion weeks, les maisons de luxe, c’est bling aussi.

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Je me suis toujours posé énormément de questions sur la création, sur Dieu, sur la souffrance des gens. Et en 2004 je me convertis parce que je pense que je vais trouver ces réponses grâce à l’islam.

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Mais dans les Zénith ce sont des familles qui viennent vous voir, qui économisent pour s’acheter des billets de concert.
Totalement. Dans les Zénith c’est la vraie France, c’est M. Tout-le-Monde. Ces gens viennent parce que la musique les transcende, parce qu’ils veulent oublier certaines choses. Et ils veulent voir l’artiste. Je sais que je suscite beaucoup de mystères avec mes lunettes.

C’est pour ça que vous êtes parti vous installer à Marrakech ? Pour cultiver le mystère ?
Non… [Il rit.] J’ai connu la ville en 2009 avec des amis, on y est restés quelques semaines et ça m’a plu. Un endroit à trois heures de Paris où il fait tout le temps beau… J’ai rencontré le roi du Maroc, sa famille, on s’est liés d’amitié, et voilà où l’histoire commence.

C’est peut-être aussi qu’il est plus simple d’être musulman au Maroc qu’en France ?
Ce n’est pas une démarche religieuse, même si c’est un pays musulman.

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Ça veut dire quoi, “ma vie compte” ? “Je suis noir, il ne faut pas me tuer” ? C’est s’amoindrir que de dire ça

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Pourquoi vous êtes-vous converti ?
Je me suis toujours posé énormément de questions sur la création, sur Dieu, sur la souffrance des gens. Et en 2004 je me convertis parce que je pense que je vais trouver ces réponses grâce à l’islam. Je me renseigne sur les textes et je discute avec beaucoup de monde.

Sauf que vous tombez sur les frères du mouvement Tabligh, considéré comme une secte.
Je ne sais pas qui sont ces gens mais je discute avec eux. Les convertis ont les yeux pleins d’étoiles et c’est à ce moment que des personnes mal intentionnées se rapprochent de vous. Et c’est ce qui m’est arrivé. Je suis tombé sur des égarés et surtout des égareurs.

Qui vous demandent d’arrêter votre carrière ?
Non. Mais le fait d’être parmi eux prend du temps, tu es dans une culpabilité qui te dépasse un peu. Je me sentais à l’étroit, je n’avais plus envie de musique, d’autant que ça ne marchait pas vraiment. J’avais décidé d’arrêter. J’ai traversé un moment désagréable et j’ai pu sortir de cette secte grâce à mes amis de Sexion d’Assaut.

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Ma victoire, celle d’Obama, et j’en passe, ce sont des modèles forts. Et on peut les compter, on n’est pas nombreux

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Il y a quelques mois, Will.i.am des Black Eyed Peas nous disait que le fait que Black Lives Matter existe était en soi inadmissible. Qu’en pensez-vous ?
Je suis d’accord avec lui. C’est pour ça qu’on ne m’a jamais vu dans les manifestations. Le fait de devoir proclamer que la vie d’un Noir compte est une dinguerie absolue. On complique les choses. Il faut dire que ce n’est pas bien, que c’est inadmissible, mais ce slogan-là, je ne me le tatouerais pas sur le dos. Ça veut dire quoi, “ma vie compte” ? “Je suis noir, il ne faut pas me tuer” ? C’est s’amoindrir que de dire ça.

Il vaut mieux ne rien dire et remplir le Stade de France ?
Les actes sont plus parlants que les mots. Il faut s’exprimer mais il faut savoir comment aborder le sujet. Une victoire se passe de commentaires, de justifications, d’arguments. Ma victoire, celle d’Obama, et j’en passe, ce sont des modèles forts. Et on peut les compter, on n’est pas nombreux. On sera pris au sérieux quand on aura des sénateurs, des avocats, des juges. Malheureusement, c’est comme ça que les gens qui ont la même couleur de peau que moi seront entendus. Pour être considéré, il faut avoir accès à ces postes. On est trop représentés dans la musique ou dans le sport, il faut se diversifier. Quand Michael Jordan a réussi, on l’encourageait, mais on le tenait éloigné de la table où se signent les vrais dossiers.

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Président de la République ? En France, jamais. Mais au Congo, peut-être

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Donc vous ne serez jamais président de la République ?
En France, jamais. Mais au Congo, peut-être. [Il rit.] Non, ce qu’il nous faut, c’est un Jeff Bezos, un Bernard Arnault. Ce n’est pas une compétition des Noirs contre les Blancs, mais il faut avancer dans cette direction pour que les mentalités changent. Qu’on arrête de dire : “J’ai un médecin, c’est un Noir mais il est bon” ou “j’ai un avocat, il est super fort, c’est un Noir, mais il est fort”. Mais on va y arriver. Avec plus d’interviews comme celle-ci. Avec plus de couvertures de Paris Match. [Il rit.]

Derrière chaque grand homme, il y a une grande femme. Vous confirmez ?
L’avis de Demdem est d’une puissance… Je la consulte sur tout, tout le temps, toujours, pour les clips, pour ma manière de m’habiller, pour voir si ça sonne ou pas. Et pour les enfants, bien sûr.

Parce que vous êtes un père absent, toujours sur la route… Mais c’est votre choix.
Bien sûr. Ce temps-là, on ne peut pas le rattraper. On peut repousser des concerts, mais on ne peut pas décaler le petit qui grandit. Il faut croire qu’on reproduit toujours ce que font nos parents, on a beau l’éviter, on retombe dans le même schéma. À l’infini…

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