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De Bruxelles à Conakry : Autour du monde avec Témé Tan

Vidéo Musique

Kinshasa, Bruxelles, Sao Paulo, Kyoto… Chez Tanguy Haesevoets, alias Témé Tan, les influences musicales ont la couleur des villes de son cœur. La raison pour laquelle, peut-être, sa musique sonne comme un voyage intérieur.

 

Aux Nuits Bota de cette année, il n’était déjà plus un inconnu. À Dour, à Esperanzah !, et même au Pukkelpop cet été, il sera attendu. C’est que, côté scène belge, il n’y a pas que les rappeurs à mettre à l’honneur cette année : à la croisée des routes musicales, ni tout à fait chanson française ni musique du monde, ni pop ni exactement électronique, il y a Témé Tan. Car c’est de grands espaces, hors des cases, que rêve Tanguy Haesevoets.

La tête encore quelque part entre les matitis de son pays d’origine, le « Tan » – surnom glané de passage en Espagne – avait d’abord confectionné un premier EP en 2011, avant d’enchainer avec Quatro en 2012, à l’occasion d’un voyage au Brésil. Et puis il y avait eu « Améthys », chanson précieuse dédiée à sa maman décédée. Une jolie caste de fondus avait alors craqué pour ce titre à la couleur tropicale et aux parfums belgo-congolais. Avait dansé. Avait bu le nectar de ses « na-na-na-na », jusqu’à plus soif. Avait susurré « Améthys » comme si elle l’avait connue. Témé Tan faisait désormais partie de la famille, de cette scène dont on ne sait jamais vraiment d’où elle vient, ou où elle posera ses valises.

Pour l’année du grand succès pourtant, Témé Tan aura tout de même dû attendre 2017 – ou du moins, c’est ce qu’on prédit. Mais le garçon est patient, d’autant qu’il aura encore fallu décompter jusqu’au 6 octobre avant la sortie son premier album, sur le label PIAS. Si le disque se contente essentiellement de rassembler les titres que l’on connait – et apprécie – déjà, plus quelques morceaux peut-être plus dansants que subjuguants, Témé Tan constitue la carte de visite tant attendue de l’artiste belge, celle qui lui manquait pour lui ouvrir enfin toutes grandes toutes les portes.

Aller simple vers le succès

En attendant la date fatidique, il nous racontait le monde, tel qu’il le voit. Tel qu’il le connait. Kinshasa et les souvenirs d’enfance qui serrent un peu la gorge, mais qui ont fait l’homme musical d’aujourd’hui. Kyoto, sa deuxième famille japonaise et ses premières scènes, loin des carcans belges qui ne vivaient alors qu’à travers le pop rock. Sao Paulo, qui fait écho aux sonorités sud-américaines de son imaginaire, et Conakry, où il compose pour une pièce de théâtre en pleine psychose Ebola. Lanzarote enfin, où il échoue un premier de l’an et imagine le titre « Sé Zwa Zo », dont il filme le clip en chemise colorée à l’aide d’un ordinateur portable, qui finira par se planter sur le sol de la maison de vacances.

Au milieu de tout ça, il y a Bruxelles – ne dit-on pas qu’elle est le centre de l’Europe, allez, du monde ? Premières amours peut-être, première coupe ratée sûrement. Après s’être rendu chez un coiffeur avant sa rentrée des classes, il avait écopé d’une coiffe à la Tintin, qui n’avait rien compris à sa chevelure à ressorts. Résultat : il avait tout fait raser, mortifié.

Des années plus tard, la communication s’est nettement améliorée et le charme opère avec les beatmakers de la capitale qu’on ne présente plus : Noza et Le Motel, avec qui il a offert récemment en live le fruit de leur collaboration, « Le ciel ». Ça tombe bien, parce que les sommets, c’est tout ce qu’on souhaite à Témé Tan.

 

Le premier album de l’artiste, sobrement intitulé Témé Tan, est sorti ce 6 octobre. Tanguy « Azévu » Haesevoets jouera le 17 novembre au Reflektor et le 29 au Botanique.

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