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Oscar Anton : « Durant le confinement, je me suis forcé à écrire sur mon propre vécu »

Oscar Anton sort son nouveal album "Home Of Sanity"

Oscar Anton a quitté sa maison de disque : "Avec eux, j’ai sorti 4 titres en presque 3 ans. J'avais besoin de créer et de sortir ma musique, mais eux ils ne comprenaient pas." | © Ludovic James

Musique

Auteur, compositeur et interprète, Oscar Anton a toutes les cordes à son arc. Il sort son premier album Home Of Sanity qui regroupe pas moins de 28 titres. De passage à Bruxelles, ParisMatch.be est allé à la rencontre de cet artiste totalement indépendant.

 

Le printemps vient tout juste de commencer, et pourtant, on se croirait déjà en été. La musique d’Oscar Anton respire les bonnes ondes, la chaleur du soleil et l’odeur du sable chaud. Son titre « Bye Bye » a même inspiré Bob Sinclar pour un remix. Cet album Home Of Sanity sort à l’issue d’un challenge d’un an : sortir 2 titres par mois. Un véritable défi qui lui a demandé une grande rigueur afin de mener à bien cette course de longue haleine. « J’écris toujours la musique et la mélodie des voix, avant d’écrire les textes. Ça a toujours été par la musique que j’essaye de transmettre des émotions. Je pense que cette année m’a aidé à me recentrer et à m’organiser. »

Sauf qu’au bout d’un mois et demi, pas de chance : début du confinement. Si cela peut être l’occasion rêvée pour certains artistes de se couper du monde et d’écrire tranquillement, cela a été différent pour Oscar Anton. « Les thèmes que j’abordais avant n’étaient pas du tout personnels. Je parlais toujours de mes amis, de ce que je voyais, de la musique en général… Mais je n’osais pas parler de mes relations personnelles, que ce soit amoureuse ou même avec mes parents. Pour le challenge, je devais sortir plein de titres, et avec le confinement, je n’avais pas vraiment le choix. L’inspiration, je pouvais uniquement l’avoir sur ce que j’avais déjà vécu, vu qu’il ne se passait plus grand-chose et que je ne voyais personne. Donc je me suis forcé à écrire sur ce que j’avais vécu, et en fait, j’aime beaucoup ça maintenant. On m’a toujours dit que c’était un peu libérateur, et pour moi, ça m’a permis d’être plus juste dans les textes que j’écris et plus sincère, ça c’est sur. »

Oscar Anton sort donc Home Of Sanity, entre une playlist et un album, comme une manière de clôturer ce fructueux challenge. Sur ces 28 titres, plus de la moitié parle de son propre vécu. Les autres chansons parlent de son entourage. « J’adore écrire sur des personnes très très proches. » Sur le premier titre de l’album, « Ophélie », Oscar trouve le juste milieu en écrivant une chanson qui parle de deux histoires différentes : celle de son meilleur ami et la sienne. « Un de mes meilleurs amis est très passionné par quelque chose aussi, qui lui prend tout son temps comme moi avec la musique. Sauf que lui, il était avec une fille qui n’était pas du tout intéressée, et du coup, il ne pouvait jamais en parler avec elle. Ça rejoint aussi mon histoire. Je passe énormément de temps à faire de la musique, et donc j’ai très peu de temps pour faire autre chose et passer du temps avec les gens. Et le refrain de cette chanson dit : « Ophelie, why don’t you see, that I’m in love with someone else ». C’est un peu ma façon de dire, pourquoi est-ce que tu ne vois pas que j’aime quelqu’un d’autre, mais c’est une image de mon amour pour la musique. »

Pour composer sa musique, Oscar Anton s’inspire énormément des autres artistes et des différents styles qu’il écoute. « Ce qui m’anime et me fait aimer la musique, c’est la mélodie (plus que les textes). J’écoute énormément de musique, tout le temps, et j’adore découvrir de nouveaux artistes. Je m’inspire de plein de genres différents et d’artistes. Je me mettais des playlists de musiques brésiliennes, et en fait le rythme de la bossanova est venu naturellement sur une de mes chansons un peu plus tard. »

Quitter son label pour gagner une liberté artistique

Formé au conservatoire quand il est enfant, il découvre la pop musique vers ses 13 ans grâce à ses parents. « Quand on était petit, on n’avait pas le droit de regarder la télé. Par contre, on pouvait choisir un CD dans la collection de disques de nos parents et l’écouter avant d’aller à l’école. C’est comme ça que j’ai découvert plein d’artistes comme U2, Bob Marley, Coldplay, The Police, Lenny Kravitz, ou encore Fatboy Slim. C’était assez éclectique. » S’il a une « véritable fascination » pour Robbie Williams et Coldplay, c’est bien en voyant pour la première fois sur scène le groupe britannique qu’il a un déclic. « À un moment, Chris Martin (le chanteur de Coldplay, ndlr) s’allonge sur scène, et tout le public reprend les « oh oh oh » de « Viva la vida ». C’était tellement impressionnant, et j’étais jeune. Je me suis dit : « Non mais attend, on peut faire ça comme métier ? Évidemment que je vais faire ça ! ». » C’est à partir de cet instant qu’Oscar Anton s’investit à fond dans sa passion : il commence à écrire ses propres chansons, il apprend la guitare de manière autodidacte sur Youtube, et il commence à se produire sur des petites scènes ouvertes.

 

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Comme tous les jeunes artistes qui veulent percer dans la musique, Oscar Anton commence par démarcher les maisons de disque et signe avec Polydor. « J’ai compris une fois dedans ce que ça voulait vraiment dire d’être dans un label. Il y a des équipes qui sont là pour travailler avec toi, mais en retour, ils ont un peu leur mot à dire du coup. Ils t’orientent artistiquement… et c’est ça qui m’a gêné. Ils me disaient tout le temps d’attendre avant de sortir des chansons. Avec eux, j’ai sorti 4 titres en presque 3 ans. J’avais besoin de créer et de sortir ma musique, mais eux ils ne comprenaient pas. »

L’esprit de famille

Que cela ne tienne, Oscar quitte son label, bien déterminé à mener sa carrière artistique comme il l’entend. Et même s’il n’est plus entouré par des équipes d’un label, il sait sur qui compter. « C’est vrai que c’était un petit projet familial en quelque sorte », confie sa sœur Clémentine.

Confiné avec sa sœur et ses parents, le jeune homme sort presque par hasard une chanson avec sa sœur qui va pourtant cartonner. « J’avais écrit le début d’un texte et j’avais une mélodie en tête, explique Clémentine. Donc je lui ai demandé ce qu’il en pensait, il l’a joué au piano, et c’était vachement cool. » Oscar de son côté voulait vraiment faire ce titre pour sa sœur. « J’adore le fait que quand je fais de la musique avec Clem, que ce soit différent… Qu’elle ne soit pas juste là pour faire les choeurs, vraiment pas ! Au contraire. »

Et le succès est au rendez-vous : le clip sur Youtube affiche plus de 4,6 millions de vues. Une vidéo qui a été tournée par nulle autre que … leur maman. « Vu qu’on était en confinement, il n’y avait que maman de dispo pour tourner. Et je pense que c’est important d’avoir de l’image toujours associée à de la musique. Dès le début je me suis dit, « si je sors de la musique, il faut que je l’accompagne d’images ». C’est le confinement, je n’ai pas de budget … donc j’ai pris mon iPhone, on a demandé à maman de filmer. Et vraiment, on n’a pas du tout pensé une seule seconde à en faire un truc spécialement conçu pour débloquer les algorithmes de Youtube. On s’est juste dit « viens, on fait un truc cool qui nous plaît », et on l’a posté. Et un peu par magie, Youtube a mis notre vidéo en avant, et c’est comme ça qu’il y a eu un petit truc qui est monté. On n’est pas vraiment responsable », explique Oscar Anton dans un rire. Sa maman tournera de nouveau par la suite le clip de « Bye Bye ».

Pour ses futurs projets, Oscar souhaite cette fois-ci plus s’entourer et composer avec d’autres artistes. « Tout le mois d’avril, plein de collaborations vont sortir, des duos avec d’autres artistes (notamment avec Clem). C’est vraiment quelque chose que je veux : aller à l’opposer de cette année tout seul dans une chambre. Maintenant, je veux faire de la musique en dehors de ma chambre et avec des gens. »

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