Paris Match Belgique

Charles : Après « The Voice », elle sort son premier EP mélancolique et rock « Falling While Rising »

Charles : Après "The Voice", elle sort son premier EP mélancolique et rock "Falling While Rising"

Charlotte Foret, gagnante de The Voice 2019, revient sous le nom de Charles et arbore une chevelure blonde. | © Julia Dubois Rosca

Musique

Vous la connaissiez sous le nom de Charlotte Foret dans The Voice, elle revient aujourd’hui sous le pseudo « Charles », en hommage à son grand-père qui l’a toujours soutenue. Elle présente aujourd’hui son tout premier EP Falling While Rising, six titres très personnels avec des messages pourtant universels. Rencontre.

 

Deux ans après sa victoire dans The Voice, Charles revient avec un brillant EP Falling While Rising. Les sonorités sont profondes, les mélodies accrocheuses, et les textes intimes. Chaque chanson a son propre style, tout en gardant un ensemble harmonieux plutôt mélancolique rock. On passe ainsi d’un piano/voix dans « Without you » à des guitares électriques dans « Riddle ». Quand on écoute ses différentes chansons, on est rapidement bluffé par l’étendue de sa voix, allant aussi facilement dans les graves que dans les aigus. Un timbre aussi bien profond que léger suivant le titre. Falling While Rising, c’est une incitation à se relever après chaque chute. « Chaque chanson parle d’une phase difficile de ma vie, où j’ai retiré le positif du négatif. C’est un message d’espoir, de dire que malgré le fait qu’on vit tous des choses difficiles dans nos vies, il faut toujours essayer d’en ressortir plus fort. Pour ma part, c’est ce que j’essaye de faire à chaque fois, et en général, ça finit par marcher. »

Ce premier EP présente des musiques rythmées avec des textes plutôt sombres. « C’est un EP plein de contrastes, que ce soit au niveau musical, mais aussi au niveau des paroles. Les thèmes sont assez négatifs, mais j’essaye à chaque fois de faire ressortir du positif, que ce soit par les paroles, ou par les mélodies. » Un contraste de plus quand on voit la personnalité rayonnante de Charles. « Ce qui m’inspire, c’est les sujets un peu tristes, alors que je suis quelqu’un de très positif, vraiment (rires). Mais j’ai envie d’en parler car c’est ce dont j’ai le plus de mal à extérioriser dans la vie de tous les jours. »

« On ne se rend pas compte, mais il y a aussi énormément de jeunes qui sont victimes de violences conjugales »

Des textes très personnels qui portent des messages forts et universels. Dans « Far Gone », Charles parle des violences conjugales, dont elle a été elle-même victime. « J’avais vraiment fait un trait dessus, j’étais passé à autre chose, mais cette chanson a vraiment été la clôture finale pour moi. » Une chanson, à la mélodie entrainante, qu’elle a faite avant tout pour aider des victimes qui ne sont pas au courant. « Je l’ai écrite avant tout pour alerter les gens qui vivent ça et qui ne s’en rendent pas compte. Parce que moi, quand j’étais dans cette relation toxique, je me rendais pas compte que ça en était une. Tu es tellement amoureux ou alors tu n’as vécu que ça… donc tu ne sais pas que ce n’est pas normal. Je pense que j’aurais aimé que quelqu’un me le dise. » Ce sujet lui tient particulièrement à cœur, car même si l’on parle de plus en plus des violences conjugales, le sujet reste parfois tabou. « Quand j’ai sorti « Far Gone », il y a plein de gens qui étaient super étonnés que j’ai vécu ça si jeune. Et en fait, on ne se rend pas compte qu’il y a énormément de couples mariés qui le vivent, mais il y a aussi énormément de jeunes. Je trouvais ça important d’en parler car il n’y a pas que les adultes qui font face à ce genre de problème. »

« You shouldn’t feel guilty about the fear of letting go, of being lonely », chante Charles dans « The Fall ». Un appel à ne pas avoir peur de se sentir seule. Une angoisse toujours présente pour la jeune chanteuse. « Je suis vraiment pas bien quand je suis seule ; je pense à trop de trucs, je me retrouve trop vite avec mes pensées. Mais parfois, c’est bien d’être seule, de réfléchir, de se remettre en question, de voir ce qu’il ne va pas … donc c’est quelque chose sur lequel je travaille tous les jours, encore maintenant. » Si on peut interpréter cette chanson comme on le souhaite, Charles parle surtout de manière implicite de la boulimie dont elle a souffert pendant de nombreuses années. « Si je n’avais pas du tout envie de me sentir seule justement, c’était pour ne pas penser à ça, parce que quand j’étais seule je mangeais, je m’empiffrais et puis je me faisais vomir. » Grâce à une prise de conscience durant le premier confinement, Charles commence aujourd’hui à s’en sortir. « Ce qui m’a aidé, c’est déjà de me l’avouer à moi-même. Et puis j’ai décidé d’en parler à ma maman, parce que ça faisait cinq ans que je gardais ça pour moi. J’ai accepté que j’étais malade, et je me suis fait aider. »

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par CHARLES (@charles.cfrtc)

Sur un ton plus léger, son premier single « Wasted time » parle des soirées auxquelles on se rend, sans vraiment avoir envie, mais par peur de manquer LA soirée génial. « Plein de fois, que ce soit moi ou des amis, on se rend à des soirées parce qu’on a peur de manquer quelque chose, et au final quand on y est, on se dit en fait qu’on aurait mieux fait de rester chez nous. Et je pense que c’est ça un peu la génération de maintenant. Tout va tellement vite, il y a tellement d’informations, on a envie de rien rater. Et du coup, on ne prend même plus le temps de faire la différence entre ce qu’il nous correspond et ce qui ne nous correspond pas. » Un premier opus très prometteur, qui nous donne envie de voir la suite : que ce soit en concert ou avec un prochain album.

CIM Internet