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Emma Bale, la talentueuse belge découverte dans The Voice Kids, sort un premier album

« Sur scène, je me sens vivante ! Je ressens une telle énergie que je me sens alors capable de bondir sur tous les toits du monde. » | © Julia & Vincent

Musique

Habituée à la foule des festivals, auteur de plusieurs tubes aux millions de streams, la jeune Belge, découverte dans The Voice Kids en 2014, sort un premier album qui livre l’autoportrait sincère d’une artiste d’aujourd’hui. Une pop maîtrisée entre ombre et lumière.

 

Si la musique est tout pour elle, Emma Bale compte bien développer d’autres talents artistiques et songe à créer des bijoux. Signe que la jeune fille de 21 ans est enfin réconciliée avec elle-même.

Paris Match. Le public vous a découvert à 14 ans. Vu le nombre de vos succès, on aurait pu s’attendre à un album plus tôt.
Emma Bale. Au départ, mon intention n’était pas de réaliser un album mais plutôt de petits EP’s que je sortirais selon mon inspiration. Par la suite, j’ai estimé qu’il me fallait du temps pour devenir qui je désirais être et ce que je voulais accomplir. Ce fut une longue quête pour aboutir à l’Emma Bale d’aujourd’hui, fruit d’une évolution personnelle mais aussi musicale. En rencontrant le bon producteur, Pieterjan Coppejans, j’ai pu réarranger certains de mes titres grâce à son expérience et tout est allé alors très vite. La réalisation de ce premier album m’a beaucoup aidé psychologiquement à remettre les choses dans leur contexte et à reprendre confiance en moi.

Il était très tentant de me précipiter du fait du succès de mes premières chansons. Sauf qu’elles ne correspondaient plus à ce qui me plaisait désormais. J’étais devenue plus mature, avec d’autres aspirations, d’autres influences aussi. Heureusement, tout s’est fait naturellement et non dicté par des impératifs commerciaux. La pandémie m’a aussi forcé à lever le pied tout en favorisant une certaine introspection propice à la création. Ce qui fait de cet album un travail vraiment authentique et personnel dont je suis très fière.

 

©Oriane Verstraeten

Quel est votre état d’esprit actuel ?
J’essaye de ne pas trop penser à ce que nous vivons tous. Je n’ai pas pu me produire sur scène depuis un an, il n’y a pas de festivals, tout cela me rend très triste. Mais je me focalise sur cet album et mon plaisir à le défendre. J’ai participé récemment sur VTM au programme Liefde voor Muziek, l’espoir reprend ses droits et j’essaye de me réjouir des petites choses de la vie et d’être reconnaissante de ce que l’existence a à m’offrir. Je vais de l’avant, quoi qu’il arrive. À 21 ans, j’ai envie de dire à tout le monde qu’il faut s’accepter comme on est, avec nos doutes, nos déprimes, nos questions. Je suis d’un naturel angoissé, je dors très mal la nuit, assaillie par plein d’interrogations quant aux raisons de notre existence. Mais j’ai appris à m’écouter et à mieux intégrer ces moments plus sombres. C’est l’un des messages de cet album : accepter les chagrins, les pertes, les manques pour mieux avancer. Si je ne suis pas OK aujourd’hui, ce n’est rien, ça ira mieux demain.

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Qu’est-ce qui est le plus important pour avoir confiance en soi ?
Le succès n’est sûrement pas la réponse. L’entourage reste essentiel et j’ai la chance d’avoir une famille et des amis merveilleux qui m’entourent et m’encouragent depuis le début. Mais cette confiance est aussi à construire individuellement. Se montrer bienveillant avec soi, afficher une attitude positive, être fier du travail accompli aide à plus d’assurance. Un travail de tous les jours mais porté par la passion pour mon travail.

« Si je ne suis pas OK aujourd’hui, ce n’est rien, ça ira mieux demain. »

Quels sont les moyens de vous libérer l’esprit ?
Partir seule pour une longue promenade, partager du temps avec mes amis, passer une belle soirée avec mes parents… Rien de tel que d’être avec les gens qu’on aime pour se sentir bien.

Avec cet album, désiriez-vous casser l’image de la jolie petite fille rayonnante sur les plateaux TV ?
En effet, j’ai voulu bousculer cette impression. J’ai grandi peut-être trop vite et j’ai commencé à un âge où on peut être influençable. Mais j’ai appris, j’ai écouté des styles de musique très différents, j’ai affiné mes goûts et me suis affirmée. Je ne suis plus l’ado de 14 ans mais une jeune fille aux milliers de facettes. Bien sûr, je ne renie rien et je trouve trop mignon mes premiers titres. Mais là, il est temps de passer à autre chose et d’exprimer ce que je ressens. Ma musique est ancrée dans le réel, à partir de mes propres expériences ou de sujets que je tiens à aborder. Comme tout le monde, j’ai des rêves et des images en tête mais je préfère rester authentique et proche de ce qui constitue ma réalité. Si je peux avoir parfois la tête dans les nuages, je garde les pieds bien sur terre.

Est-on obligatoirement féministe quand on est une jeune fille de votre âge ?
Je ne sais pas si j’ai le droit de me définir comme telle. Je dirais plutôt que je suis empathique. Je suis attentive au combat mené par les femmes et suis toujours aussi énervée quand j’apprends qu’une amie doit répondre à des questions déplacées lors d’un entretien d’embauche, genre « Et que ferez-vous si vous voulez des enfants ? ».

Album : Emma Bale, Retrospect, Sony Music
Emma Bale sera en concert le 28 octobre 2021 à l’AB à Bruxelles.

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