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L’album à redécouvrir : Arno se la joue À la française (1995)

Une pochette d'album que l'on doit à Jean-Baptiste Mondino, du moins la photo d'Arno endormi sur un canapé.. | © Belga

Musique

Cette semaine, partons en direction de la coté belge, à Ostende, pour y rencontrer le plus célèbre joueur d’harmonica du littoral… Son cinquième album solo entièrement composé de chansons françaises sera un beau succès, pile à la moitié des ‘nineties’ !

 

Par Laurent Depré

« Ma mère elle a quelque chose, quelque chose de dangereuse, quelque chose d’une allumeuse, quelque chose d’une emmerdeuse… » Ces paroles sont tirées du second morceau de l’album À la française. « Les yeux de ma mère » sera  par la suite réarrangé en un simple piano-voix pour les plateaux TV et pour les concerts. Il restera un des moments forts et intimistes de l’album. Le clip sera d’ailleurs réalisé par Tom Barman, leader de Deus.

C’est sans doute l’album sur lequel Arno se livre le plus, sur le(s) champ(s) de bataille de sa vie sentimentale… « L’homme avait ses raisons, l’artiste a su les magnifier, étalant d’entrée de jeu le chaos des sentiments contradictoires. Ils sont perceptibles sur une majorité de titres, dévoilant des tracas amoureux par trop lourds ». C’est l’analyse de Gilles Deleux dans son bouquin Putain, Putain, Une Biographie.

Arno a déjà chanté en français presque sur chacun de ses albums dans les années 80 et 90. Ce fut le cas aussi du temps de TC Matic, son ancien groupe, avant sa carrière solo. Par contre, ce qui est nouveau, c’est de proposer son rock alternatif uniquement dans la langue de Molière durant treize titres. Et cette galette est tout à l’image de l’une des expression favorite d’Arno « Quel bazar ici ! ». Chanson, blues, funk, rock, kermesse… Arno fait parler ses influences musicales, qu’il maîtrise, rend hommage à son pays et se permet même un clin d’oeil à Tom Waits. On a beau le réécouter 25 ans plus tard, dès le premier son de batterie qui ouvre l’album, les frissons sont là.

 

Photo by Christophe ARCHAMBAULT / AFP

La reprise d’un classique de Salvatore Adamo, « Les filles du bord de mer », sur Idiots savants (1993), le fera connaître du public français. Mais c’est À la française qui lui ouvrira défintivement les portes de l’hexagone et du succès commercial. En effet, l’album sera suivi d’une énorme tournée de deux ans et ensuite d’un live spécifique…

On a pû reprocher l’aspect un peu « composite » de cet album. Il est vrai qu’il y a une reprise et trois titres déjà sortis plus tôt dans la discographie du Flandrien. « Bon dieu » de Jacques Brel est en réalité une redite de 1988 pour Arno. « Marie tu m’as » était aussi déjà présent sur l’album Ratata (1990) tandis que « Seul » était paru sur Charlatan sous le titre anglophone de « Jive to the beat ». Enfin « Comme à Ostende » est repris du répertoire de Léo Ferré et conclu de manière magique l’album. Ils n’en restent pas moins neuf autres excellentes ‘nouvelles’ chansons.

Si on se prend pour un psychologue de comptoir durant cinq minutes, l’animal a dû en croiser dans ses virées, on ne peut que constater que l’album s’ouvre quasiment avec « Les yeux de ma mère » pour finir avec « Comme à Ostende » qui n’est que description de la station balnéaire. Le retour aux sources, à la matrice… Toujours !

Notre sélection des meilleurs titres de l’album:

Depuis ce jour-là
Elle pense a lui
La danseuse de java
Je ne veux pas être grand
Comme à Ostende

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