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La voix hypnotique de The Dø fait un brillant retour sous le nom de Prudence

La voix hypnotique de The Dø fait un brillant retour sous le nom de Prudence

Olivia Merilahti, alias Prudence : "J'avais besoin de cet alter ego pour aller plus loin". | © ANAEL BOULAY & ALEX LASNIER

Musique

C’est une voix cristalline comme on en entend rarement qui fait son retour. Olivia Merilahti, sous le nom de Prudence, nous fait découvrir un univers fascinant à travers son premier album Beginnings. Elle s’est confiée à nous sur les difficultés de se lancer dans un projet solo, sur la force de son nouvel opus, et sur le besoin viscéral de rencontrer son public.

 

C’est dans un univers mystérieux et à la limite de la science-fiction que nous emmène Prudence. Si cette voix ne vous est pas inconnue, c’est qu’Olivia Merilahti (de son vrai nom) a été pendant 10 ans la chanteuse du groupe The Dø. Depuis 2015, les interprètes d’ « On My Shoulders » sont en pause ; une coupure nécessaire pour se lancer dans de nouveaux projets. « Quand j’ai fini la dernière tournée de The Dø fin 2015, ce n’était pas une évidence immédiate de me lancer dans mes chansons en solo. J’avais besoin de faire des choses différentes, donc j’ai tourné dans un film (Sparring avec Mathieu Kassovitz, ndlr), j’ai fait la B.O du film, j’ai eu un enfant, j’ai écrit pour d’autres… j’ai travaillé un peu dans l’ombre, et j’étais très contente de cette ombre-là. Et puis à un moment, cette envie d’écrire des chansons personnelles revient toujours, et du coup j’ai commencé Prudence. Et j’avais besoin de cet alter ego pour aller plus loin. »

Un personnage puissant, audacieux et mystique qui donne la force nécessaire à Olivia Merilahti. Car si se lancer dans un projet solo amène de belles joies, ce saut dans l’inconnu n’est pas toujours si aisé. « La liberté du début était un peu vertigineuse et pas si confortable que ça, parce que je n’avais pas le retour de l’autre personne. Il a fallu se mettre dans une dynamique de travail différente. » Une adaptation qui a permis à la chanteuse franco-finlandaise d’enfin se trouver. « Aujourd’hui, je suis hyper contente parce que j’ai l’impression de maitriser mieux les choses, d’être beaucoup plus concernée par chaque étape, d’être beaucoup plus directe et frontale. » L’occasion d’aller au bout des choses, notamment dans l’identité visuelle de Prudence. Au-delà de la musique, c’est tout un univers qui nous fait voyager. « Je pense que c’est là justement où la différence est très importante, par rapport à ce qu’on pouvait faire avec The Dø. J’ai eu la chance d’aller au bout de cette vision et de cette envie, accompagnée d’une super équipe créative. C’est quelque chose qui m’exalte vraiment et qui est nouveau pour le coup, parce qu’on peut vraiment développer un univers à la fois onirique, futuriste et la modernité des images m’intéresse beaucoup. » En regardant le clip de « Offenses », on sent tout de suite les influences visuelles comme Blade Runner, Ghost In The Shell (la version animée) ou encore Interstellar, « pour le côté un peu plus spirituel presque de la science-fiction » précise Olivia Merilahti.

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Beginnings, c’est l’identité, l’émancipation, le plaisir et l’amour

Cette voix cristalline nous avait manqué pour être honnête. Un timbre qui va totalement avec cet alter ego énigmatique. Sur ce premier album Beginnings, Prudence nous touche au plus profond de notre âme avec sa voix hypnotique et pénétrante. « Les chansons viennent toujours de la même façon, c’est très instinctif », explique Olivia Merilahti. « Dans cet album, j’aborde beaucoup de thèmes : comme l’identité, la liberté, l’émancipation, et le plaisir aussi. Le plaisir de profiter de la vie, le plaisir de chanter… il y a une sensualité que j’ai voulu vraiment retranscrire. Il y a toujours beaucoup de chansons d’amour, mais l’amour sous plein de formes différentes. Il y a l’amour de soi, d’abord. Le morceau « Beginnings » est en fait une déclaration d’amour pour se donner de la force. « Good friends », c’est plus un morceau d’amour de l’Autre, avec un grand A, pas forcément l’être aimé, mais ça peut être le potentiel public que je vais rencontrer (que je n’ai toujours pas rencontré en vrai), l’amour de l’inconnu, de l’autre qu’on ne connaît pas, aussi. Il y a une sorte de candeur comme ça. »

Pas facile d’avoir un nouveau départ quand le monde tourne au ralenti depuis plus d’un an. Surtout que – pas de chance – l’album était prêt avant même le début du premier confinement. Prudence sort tout de même son premier clip « Never with you » le 20 mars 2020. « C’était la première semaine de confinement en France, donc on ne savait pas trop où on allait. Moi je tenais quand même à le sortir. Je savais de toute façon que ça allait être compliqué, mais il fallait qu’il y ait quelque chose. » Une période particulièrement difficile pour le milieu de la culture. « Ça a été énormément de question, parce que d’un coup – quelles que soient notre position et notre notoriété – on n’existait plus. Les réseaux et le digital, ça va 5 minutes, mais au bout d’un moment, ça devient stérile. On en est à se poser la question « qu’est-ce qu’on va faire d’autre » ? Mais le problème, c’est que quand c’est une vocation, ce n’est vraiment pas évident. » Une période qui semble maintenant derrière nous (du moins on l’espère). Prudence est maintenant prête à présenter ce premier album à son public. En quelques mots, Beginnings est « mélodique, personnel, hypnotique ».

• L’album Beginnings en deux-deux … •

Quelle est la première chanson que vous avez écrite dans l’album ?
Je dirais « Here & now » que j’ai fait avec Surkin.

Quelle est la chanson la plus rythmée ?
J’hésite… je dirais la deuxième partie de « Beginnings ».

Quelle est la chanson la plus profonde ?
J’hésite entre « Be Water » et « Pretty ». En fait « Pretty », je l’ai chanté pour la première fois il y a quelques jours en Instagram live, et je débordais d’émotions. Je n’ai pas trop compris pourquoi… ça m’a vraiment surprise. Et je me rend compte que « Pretty », j’y ai mis beaucoup d’intention, de vécu, et il y a aussi un peu de colère contenue, et c’est ça qui m’a un peu submergée. Donc je dirais plutôt « Pretty ».

Quelle est la chanson la plus sincère ?
Alors « Be Water », parce que c’est une lettre d’amour à X. Elle est très personnelle.

Quelle est la chanson la plus joyeuse ?
« Adrenaline », avec une rythmique qui ne s’arrête pas du début à la fin. Elle est très percussive, il y a une mélodie qui est – je dirais – pop nordique.

Quelle est la chanson que vous préférez dans l’album ?
J’ai envie de dire « Pretty » parce que je découvre la force qu’elle a. C’est fou ce qu’on découvre quand on partage un morceau, en l’interprétant, ne serait-ce que devant quatre personnes… je sais pas, il y a quelque chose de très puissant qui en ressort.

Prudence sera en Belgique le 13 septembre 2021 aux Nuits Botanique à Bruxelles, et le 14 novembre 2021 au Reflektor à Liège.

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