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Polo & Pan reviennent pour un deuxième album qui vous fera danser tout l’été

Polo & Pan reviennent pour un deuxième album qui vous fera danser tout l'été

Paul Armand-Delille (« Polocorp ») et Alexandre Grynszpan (« Peter Pan »). | © Fiona Torre

Musique

Le duo électro qui fait danser le monde entier sort un nouvel album toujours aussi coloré et « feel good ».

 

C’est une musique qui sent bon le voyage, le soleil et le sable chaud. Le duo électro français Polo & Pan est de retour avec un deuxième album Cyclorama. Comme à leur habitude, les deux DJs nous font voyager avec rythme, que ce soit en Amérique du Nord avec la comptine amérindienne « Ani Kuni », ou sur la plage de Rio avec « Feel Good ». Bien que les morceaux soient tous solaires, colorés et remplis d’insouciances, ils ne se ressemblent pas tous pour autant. Un album harmonieux sans être répétitif. C’est définitivement la musique remède en cas de coup de blues.

Après avoir voyagé tout autour du globe et joué devant les publics du monde entier, « Polocorp » et « Peter Pan » ont fait une courte escale en Belgique. Rencontre.

Comment avez-vous découvert la musique ?
Paul Armand-Delille (« Polocorp ») : C’est par ma famille. J’ai un père qui est guitariste, pas professionnel, mais qui a toujours joué de la musique classique. Il a aussi passé du temps au Brésil, il jouait du flamenco et de la musique brésilienne, sud-américaine. Et puis ma maman américaine a été à Woodstock, elle est allée voir les Doors en 69 à New York… Elle me faisait écouter beaucoup de disques quand j’étais petit. Même si je jouais un peu de guitare classique quand j’étais enfant, c’est vraiment à 18 ans que j’ai eu le coup de foudre pour la musique, donc ça m’a pris un peu de temps à y arriver.

Alexandre Grynszpan (« Peter Pan ») : Et moi mon père était un grand fan de musique classique aussi. Il m’a mis au piano très tôt, et j’ai aussi fait du violoncelle, du solfège, des percussions.

Et comment vous avez découvert la musique électro alors ?
Paul : Dans les années 90, je me souviens des premiers albums de Homework (premier album de Daft Punk, ndlr), et ma mère m’avait acheté l’album de Bob Sinclar Paradise quand j’avais 16 ans. J’avais adoré parce que je ne connaissais pas bien, j’écoutais beaucoup de hip-hop comme Alex, on partage beaucoup de référence de hip-hop français 90’s en commun. C’est juste au moment où je suis arrivé à Paris vers 18 ans que j’ai commencé à écouter un peu plus de musique électronique. Et puis à Paris, il y avait des clubs donc là j’ai vraiment eu le coup de foudre …

Alexandre : Pareil, j’avais plutôt une culture rap/hip-hop. Je m’intéressais à la musique globalement, donc j’écoutais un peu tout ce qui sortait, mais je n’avais pas une culture très pointue de la musique électronique. Elle est venue naturellement et au fur et à mesure du temps, juste par curiosité.

Ça parle à un public curieux, ouvert d’esprit, qui aime bien voyager

Vous avez eu un succès fulgurant (vous avez commencé tous les deux il y a moins de 10 ans). Vous êtes très connu à l’étranger, vous avez même joué au festival Coachella en 2019. Comment vous vivez ce succès ?
Alexandre : Je ne dirais pas qu’on a eu un succès « fulgurant », parce qu’on n’a pas commencé il y a si longtemps, mais il n’y a pas eu d’explosion. Depuis qu’on a créé le projet, on est sur une construction assez linéaire, et donc on va dire un « succès-ssion ». C’est ce qui fait que notre premier album a eu une durée de vie assez importante, près de 4 ans, puisqu’il a grandi naturellement, il s’est un peu développé de façon harmonieuse. Un peu comme du pollen j’ai envie de dire, c’était assez harmonieux et naturel.

Paul : Oui, on ne s’est pas réveillé un matin avec 150 journalistes devant la porte, et on n’a jamais eu ce genre de sensation. Je dirai que la tournée aux États-Unis en 2019, avant la pandémie, c’était un peu la vraie montée en puissance où ça commençait à être intense. On a fait beaucoup de dates, on a ressenti à la fois le contact avec le public, mais aussi que ça demandait beaucoup d’énergie. Comme disait Alex, on a vraiment construit petit à petit, passé les étapes, et on n’a pas eu un moment où tout à coup ça a explosé soudainement.

Comment vous expliquez ce succès à l’étranger ?
Alexandre : Il y a plusieurs raisons je dirais, dont certaines que l’on ne mesure pas. Mais déjà internet et la transformation de l’écoute : le streaming, la possibilité pour plein de pays maintenant d’avoir accès sans avoir à acheter de CD. Il y a l’idée aussi que l’on est pluri-disciplinaire et pluri-linguistique. On adore un peu tous types de langages : le français, le brésilien, le portugais, l’espagnol, l’italien, on en a fait plusieurs en africain (c’est à dire ça autant le Magreb que l’Afrique plus centrale)… En fait, on va dans beaucoup de contrées. C’est aussi peut-être ça qui suscite l’intérêt, la curiosité, qui peut parler à plein de gens différents.

Paul : Oui, ça parle à un public curieux, ouvert d’esprit, qui aime bien voyager, et il y en a partout dans le monde. Je pense qu’on a été adopté par plein de gens partout dans le monde, et on est souvent arrivés sur des territoires avec un public déjà bienveillant, on avait l’impression de se comprendre, de se connaître, et c’est clairement par le choix de Caravelle qui était un album de voyage, qui était ouvert vers plein de destinations, et forcément, ça parle à beaucoup de gens.

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Est-ce que se faire connaitre à l’étranger était un objectif pour vous ?
Alexandre : Ce n’était pas foncièrement une envie, mais c’est un fait et on en est extrêmement fier. Mais comme je disais précédemment, l’idée de se répandre naturellement et de toucher un large public, de découvrir de nouvelles contrées, il y a encore énormément de territoires sur lesquels on a envie d’aller, de découvrir, et de faire les étapes comme tout groupe qui se doit. Par exemple, je reprends les États-Unis, on a fait 3 tournées : on a commencé par une petite, avec des petites salles, et on s’est développé comme tout groupe se doit de faire. Et il y a encore plein de continents, notamment le continent Sud-Américain. Ça nous tient vraiment à cœur de pouvoir le développer, et de devoir repartir peut-être de zéro parce qu’il y a beaucoup de territoires qui ne nous connaissent pas si bien.

Paul : L’Asie aussi, c’est un territoire énorme où il y a un public à découvrir. Moi j’adorerai aller tourner en Chine et commencer à développer un public en Chine. Peut-être faire de la musique autour de la culture chinoise, développer plus nos connaissances un peu là-dessus et faire quelque chose qui nous fasse exister un peu sur ce territoire.

Le retour des gens, ça ne trompe pas

Est-ce qu’il y a une « recette miracle » pour faire danser le monde entier ? Est-ce que vous avez remarqué un style de musique, ou une chanson qui fonctionne particulièrement de partout ?
Alexandre : Il y a une recette, c’est très facile. Pour faire danser le monde entier, cette recette c’est… non il n’y en a pas (rires). Il n’y en a pas, c’est un mélange très subtile, complexe, qui nous dépasse, qui tient à un milliard de paramètres, qui fait qu’à un moment donné, des gens disent de ton morceau qu’il est bien ou pas. Nous on se contente de délivrer quelque chose de personnel, vraiment personnel, on transforme vraiment nos émotions, on les met sur le papier de la façon la plus authentique possible, et au final, si ça touche les gens, on est ravis.

Paul : Mais c’est vrai qu’on a été DJ, ça fait maintenant plus de 20 ans, et quand on a commencé à créer Polo & Pan, on avait tout de suite cette idée d’à la fois aller chercher dans notre culture très personnelle, mais ensuite de bien structurer les morceaux, savoir les rendre lisibles pour un public qui a envie de danser. C’est quelque chose que l’on a un peu en nous, donc on se sert de ces connaissances et on teste quand même les morceaux aussi avant de les sortir pour voir s’ils ont le potentiel dance floor qu’on imagine.

Alexandre : C’est intéressant ce que tu dis, parce que d’habitude, c’est ce qu’on fait (rires). Notamment pour Caravelle, ça a été très instructif pour nous de passer nos morceaux, de voir comment le public réagit. Même le son, de voir comment ça sonne dans une grande salle, ou une petite. Et le retour des gens, ça ne trompe pas. Il y a des indicateurs très précis qui nous parlent, et pendant la pandémie, ça a été beaucoup plus compliqué d’interagir avec un public et donc d’avoir des feed-back, des retours… Il a fallu se faire confiance.

Vous avez fait comment du coup ? Vous avez demandé à votre entourage ?
Paul : On a pu mixer un peu au Mexique autour du jour de l’an, on en a profité pour tout tester devant un public.
Alexandre : Mais c’est vrai que notre entourage, notamment familial, que ce soit nos parents, nos petits-neveux, ou mon enfant… ils ont été vraiment des conseillers admirables.

Dans votre album, vous avez aussi des chansons plus calmes, comme « Peter Pan » ou les « Jolies choses ». Est-ce que c’était important pour vous d’avoir cet équilibre ?
Paul : Oui, c’est quelque chose qu’on avait déjà sur notre premier album. On aime les chansons, on aime la douceur, on aime bien les moments de rêverie, il y a un petit côté nostalgie. On a souvent cité Air, Moon Safari, comme une référence, donc on aime bien ce genre d’univers aussi musical, et il n’y a pas que le dance floor dans la vie.

Vous avez une chanson hommage à Vladimir Cosma, « Bilboquet ». Est-ce que vous avez déjà pensé à faire de la musique pour le cinéma ?
Alexandre : On y pense tous les matins, c’est pour ça que je mets pas mon vibreur, pour vraiment entendre si un jour quelqu’un m’appelle. Et c’est quand même ce qui est arrivé un matin. Je vois mon téléphone qui sonne, et là c’était : Vladimir Cosma. Pour le coup, c’était pas pour faire un film, c’était pour qu’on collabore ensemble à travers ses spectacles. Donc on a fait des reprises de trois de ses morceaux qu’on a joué avec lui et 200 personnes sur scène. C’était extraordinaire. Les larmes aux yeux quoi.
Mais oui, Polo et moi on rêverait. On est des grands fans de cinéma et de musique de film. Donc on serait ravis un jour, qui sait…
Paul : On en parle souvent, depuis longtemps, on en parle avec le label. On espère trouver l’opportunité un jour de faire un film pour Disney.
Alexandre : Mais on peut commencer par autre chose, hein.
Paul : On peut faire un Pixar si vous voulez. (rires)

• L’album Cyclorama en deux-deux … •

Quelle est la chanson la plus rythmée ?
« Jiminy »

Quelle est la chanson la plus joyeuse ?
« Feel Good »

Quelle est la chanson la plus profonde ?
« Artemis »

Quelle est la chanson la plus personnelle ?
« Côme »

Quelle est la chanson que vous avez hâte de jouer en concert ?
« Ani Kuni »

Quelle est la chanson que vous préférez dans l’album ?
« Tunnel »

Quelle est la chanson dont vous êtes le plus fier ?
« Requiem »

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