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Le Bruxellois Edouard Van Praet se lance en solo avec son premier EP Doors

Le Bruxellois Edouard Van Praet se lance en solo avec son premier EP Doors

Edouard Van Praet. | © Forrest Flanders

Musique

« La limite m’a permis de découvrir quelque chose de nouveau », nous confie Edouard Van Praet.

 

Edouard Van Praet, jeune artiste bruxellois, présente son premier EP Doors. Un style indie-pop rock très riche qui propose cinq chansons bien différentes. Si certaines sont empreintes d’une touche d’humour (comme the « The Silver Lining Lady »), d’autres sont plus dans du rock brut avec une guitare électrique omniprésente (« Is This Over ? »). D’autres encore s’écoutent comme une légère balade, « Lovely Day ».

Pour ce projet solo, Edouard Van Praet s’est donné à 100%, faisant lui-même les musiques, les clips, mais aussi les peintures pour les visuels de ses titres. Un engagement entier pour cet artiste qui était plutôt habitué à l’ambiance de groupe. Rencontre avec Edouard Van Praet pour mieux connaitre ce nouvel artiste de la scène belge.

Quel est votre parcours musical ? Comment en êtes-vous venu à ça ?

Vers l’âge de 4 ans, ma maman m’a inscrit au piano, mais j’ai très vite arrêté. J’ai laissé tomber la musique tout un moment, mais j’ai toujours été un grand passionné de musique. Et puis j’ai repris la musique à 16 ans quand j’ai rencontré Joseph et on a fondé ensemble le groupe Tissue. J’adorais chanter mais on ne savait même pas jouer d’un instrument. On a appris la guitare et le chant sur le tas. On a trouvé un batteur, un bassiste, et on s’est mis à faire des concerts 6 mois plus tard. La pression des concerts nous a vraiment poussé à écrire toute une série de chansons en un coup. Et même si on ne savait pas super bien jouer, la passion de l’écriture est directement venue.

Vous parlez de cette première approche de la musique avec Joseph Soto. C’est quoi qui vous a particulièrement donné envie de faire de la musique ?

À la base, on adorait écouter de la musique, que ce soit les Doors, les Beatles, tous ces groupes un peu classiques des années 60. Il y a vraiment quelque chose qui nous attirait là-dedans. Et puis il y a eu aussi les Arctic Monkeys, les Libertines… Il y avait vraiment une passion de l’écoute dans un premier temps, et ce sentiment de partager quelque chose à deux, d’écouter quelque chose et de s’imaginer un univers. Ce qui m’a attiré au tout début, c’est peut-être la scène, dans le sens où depuis que je suis petit, j’ai une attirance pour le jeu, le théâtre, la performance. Et petit à petit, une passion de l’écriture s’est mise en place. On a des écritures très différentes, mais c’était génial de pouvoir partager ça. C’est ça qui nous a poussé à aller plus loin.

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Vous dites que dès le début, vous aimiez cette ambiance de groupe. Pourquoi se lancer en solo maintenant ?

À un moment donné, j’avais envie d’écrire des chansons plus intimistes. J’écoutais beaucoup plus de folk et d’artistes solos, et je me suis rendu compte qu’il y avait toute une série de chansons qui ne collaient pas spécialement avec le projet, dans le sens où elles étaient peut-être un peu trop douces et moins dans l’esprit du groupe. On n’a pas décidé d’arrêter le groupe, je vois encore Joseph qui est un super ami, mais on a décidé de monter des projets solos chacun de notre côté. J’avais vraiment envie d’avoir cet univers où j’écrirais toutes les chansons.

 

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C’est quoi qui vous inspire pour faire votre musique solo ?

C’est une question assez difficile car j’écoute beaucoup de musique, et je pense que c’est très difficile de délimiter ce qui m’inspire et ce qui ne m’inspire pas. Je vois la musique comme cette chose globale où je prends différents éléments qui me plaisent. Une personne avait demandé une fois à Léonard Cohen d’où tout ça sortait, et il avait répondu quelque chose de génial : « Si jamais je savais d’où ça venait, j’irai plus souvent ». Et ça m’a beaucoup parlé cette phrase.

J’ai une écriture assez automatique, mais je ne sais pas trop d’où ça vient. Il y a surement une part personnelle, et clairement mes études de psychologie, mon vécu, mes relations avec les gens, mes problèmes peuvent avoir un impact dans ce que j’écris.

Vous faites tout vous-même (musique, peintures, clips, enregistrements). C’est un choix artistique ?

À un moment donné, j’ai eu du mal à travailler en groupe, mais j’étais un peu perdu seul. Et un soir, j’ai pris ma guitare, j’ai écrit « Is This Over? » et je l’ai enregistré le soir même. C’est une soirée que j’ai adorée, et une chanson que j’ai adoré écrire parce que c’est allé très vite. Et à ce moment-là, j’ai accepté et apprécié la contrainte de travailler seul. Je ne sais pas jouer tous les instruments du monde, et j’ai commencé à adorer le son limité des choses. Donc au lieu d’avoir un vrai violoncelle, je vais avoir un synthétiseur qui va imiter un violoncelle. C’est un son que je n’avais jamais entendu auparavant, et la limite m’a permis de découvrir quelque chose de nouveau.

J’enregistrais tous les morceaux sans pour autant avoir l’idée de les sortir. Et plus je passais du temps à le faire, plus ça devenait important. Donc j’ai pensé à sortir mes chansons, mais aussi à faire des clips. Ça s’est vraiment construit petit à petit. Pour les peintures, j’avais dans un carnet toute une série de dessins automatiques, et je me suis dit qu’il y avait moyen de faire quelque chose avec ça. Il y a toute une histoire qui a commencé à se raconter. Le projet commence à s’ouvrir petit à petit, et je sors de cette phase de solitude. J’ai l’impression que les chansons de l’EP racontent ce processus de sortir petit à petit de sa bulle, de sortir de chez soi au sens littéral.

Dans « The Silver Lining Lady », vous racontez l’histoire d’un jeune homme qui se retrouve « persécuté par les femmes qui se présentent à lui et l’empêchent de s’ouvrir à la véritable rencontre amoureuse ». Vous vous retrouvez dans cette chanson et ce portrait ?

Je pense que oui, il y a quelque chose qui me parle là-dedans. Mais je ne pense pas que ce soit moi, ce n’est pas comme si j’étais persécuté par toute une série de filles. C’est une histoire assez parlante dans un certain sens. Ça met en scène un personnage assez macho, qui a toute une série de préconception par rapport à la femme, à la relation amoureuse, le couple, le mariage… Et au final, il se rend compte qu’il cherche quelque chose de très défini par ses attentes, ce qui l’empêche de découvrir quelque chose de nouveau. J’ai pris l’image d’un homme et d’une femme, mais ça peut faire référence à pas mal de choses. Des fois j’ai une idée très arrêtée de ce qu’est la vie, de ce que c’est de vivre en société, ou de ce que c’est de travailler, et il y a toujours un élément pour me remettre en question et je reconstruis mon idée. C’est toujours un processus de re-qualibration. Il y a toute une série d’humour et de second degré dans cette chanson.

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Comment définiriez-vous cet EP ?

J’ai choisi ce titre « Doors » car « les portes », c’est quelque chose qui me revient beaucoup. Déjà, c’est un mot que l’on retrouve beaucoup dans les paroles. Mais c’est aussi un concept qui m’a toujours parlé dans le sens où je trouve que c’est un symbole qui parle fort de lui-même. Une porte qui mène vers quelque part, une ouverture vers quelque chose, s’ouvrir des portes… Ce premier EP, je le vois vraiment comme une porte que j’ouvre vers quelque chose.

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