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L’album à redécouvrir : Les ballades meurtrières de Nick Cave

Un album qui a 25 ans déjà mais qui garde toute sa puissance narratrive et son ambiance toute particulière... | © Belga

Musique

Sorti en 1996, Murder Ballads de Nick Cave & The Bad Seeds est un album-concept sur le thème du… meurtre. Dix chansons pour un album qui propose une plongée dans les tréfonds de l’âme et dans les crimes les plus sanglants par nuit de pleine lune.

 

Par Laurent Depré

 » They found Mary Bellows cuffed to the bed… With a rag in her mouth and a bullet in her head…O poor Mary Bellows… «  Ce premier couplet de la chanson « The kindness of strangers » donne le ton de l’ensemble de l’album. Et les sanglots de l’infortunée qui accompagnent le morceau finissent bel et bien par vous glacer le sang pour de bon. Murder Ballads prend place dans la discographie de Cave et de ses mauvaises graines entre le tout aussi bon Let Love In (1994) et l’extrêment déprimé et déprimant The Boatman’s call (1997).

Viol collectif, crime passionnel, meurtres en série… Ne tournons pas autour du pot, ce disque a un goût de fer et de sang ! Chaque chanson, sauf la toute dernière, décrit une histoire glauque et violente. Aux manettes, c’est l’équipe habituelle composée, entre autres, de Blixa Bargeld, Mick Harvey, Warren Ellis… C est sans doute le dernier album à l’énergie sauvage originelle des Bad Seeds. L’après Murder Ballads correspondera à une seconde phase de carrière plus introspective.

Il contient aussi ce qui sera sans doute le premier succès « commercial » ou disons grand public du chanteur australien. Et c’est vrai que le duo qu’il forme avec sa compatriote star internationale Kylie Minogue sur « Where the wild roses grow » a traqué les sommets des charts à l’époque. Sans oublier le clip vidéo qui joue sur le mythe d’Ophélie, personnage du Hamlet de Shakespeare, et sur une peinture du même nom que l’on doit à John Everett Millais à la moitié du 19e siècle, période romantique. Romantique n’est pourtant pas l’issue de ce cinquième morceau de l’album puisque le personnage de la femme fini tué à coup de pierre.

A noter aussi sur Murder Ballads, la présence tout aussi remarquable d’une autre femme, la chanteuse et musicienne PJ Harvey. Elle aussi donne la réplique au grand Nick sur « Henry Lee », homonyme de l’un des pires tueurs en série que les Etats-Unis aient jamais connu. L’incarnation même du mal. Enfin, iIl ne serait pas élégant de ne pas citer encore la regrettée Anita Lane qui intervient aussi sur la chanson chorale et reprise de Bob Dylan « Death is not the end » qui termine l’album.

Notre sélection

Song of Joy
Stagger  Lee
Lovely Creature
The kindness of Strangers
The Curse of Millhaven


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