Paris Match Belgique

L’album à redécouvrir : The Score, le coup de maître intemporel des Fugees

the score the fugees album

Wyclef Jean, Lauryn Hill et Prakazrel Samuel Michel : un trio à son apogée. | © Columbia.

Musique

En 1996, le trio rap mettait tout le monde d’accord avec un deuxième opus sublime et rassembleur, quelques mois avant sa séparation.

 

Un succès fulgurant autant que la durée de vie d’un groupe qui aura marqué le rap game de son empreinte. Les Fugees auront tenu trois ans ensemble, le temps de créer deux albums inégaux, l’un devenu mythique, l’autre – bien qu’étant très bon – passé dans l’indifférence.

Lire aussi > Paradise City : 4 bonnes raisons de ne pas manquer le festival électro de l’été

C’est en 1994 que Lauryn Hill, Wyclef Jean et Pras Michael – qui formaient avant ça les Rap Translators – se mettent à la préparation de leur premier album sous l’étiquette Fugees, Blunted Reality, succès moyen sorti la même année. Mais déjà, on ressent le pouvoir de leur musique qui allie influences reggae et rap, et qui s’éloigne des sujets échus au hip-hop pour s’attaquer à des thèmes plus universels.

Un succès totalement inattendu

Leur label Ruffhouse, bien qu’hésitant au début, rempile pour un deuxième opus et leur fournit une jolie enveloppe de 135 000 dollars pour concocter un second projet. Un coup de maître quand on connaît la suite.

The Score naît en 1995 dans le sous-sol de l’oncle de Wyclef, studio d’enregistrement baptisé le Booga Basement, où le trio écrit, compose et s’amuse à faire de la musique comme il l’aime. De nombreux producteurs prestigieux (Jerry Duplessis, Salaam Remi…) leur filent un coup de main dans la décontraction la plus totale, et personne n’a encore idée que l’album va marquer l’histoire du rap.

Au total, ce sont treize titres et quatre bonus qui composent ce disque concept, sorte de soundtrack d’un film imaginaire, comme l’avouait volontiers Lauryn Hill : « C’est un film audio. C’est un peu comme les feuilletons radio dans les années 1940. Ça raconte une histoire et il y a beaucoup de coupures et de pauses dans la musique. Pour nous, c’était vraiment la version hip-hop de Tommy, c’est exactement ce que The Who ont fait pour le rock. » Cinématographique est un adjectif qui colle bien à The Score, et le groupe ira jusqu’à emprunter un tas d’influences du septième art dans ses clips.

Le hit mondial qui rendra le groupe ultra célèbre – et que même Wyclef n’avait pas vu venir – sera la reprise de « Killing Me Softly With His Song », chanson originellement soufflée par Roberta Flack en 1972. Le succès est tel pour ce morceau, où la voix de Lauryn Hill fait imploser nos coeurs, que le single ne sortira pas outre-Atlantique tant le label veut maximiser les ventes de l’album : pour écouter le titre qui résonne dans tous les discmans, il faudra acheter l’album complet.

« Fu-Gee-La » est lui le premier single, sorti le 9 janvier 1996, et contient – comme bon nombre de titres – un sample du titre « Ooo, La, La, La » de Teena Marie, chanteuse américaine des seventies. Il se vend à plus de 500 000 exemplaires aux États-Unis et fait un début prometteur.

Mais « Killing Me Softly » passe déjà en radio et écrase tous les records. La première place des classements est atteinte en Allemagne, en France, au Royaume-Uni ou encore en Suisse. « Ready or Not » et « No Woman, No Cry » suivront le même parcours.

En 1998, The Score se classe parmi les « 100 meilleurs albums de rap » du magazine The Source. Cinq années plus tard, il se positionnera à la 469ème place des « 500 plus grands albums de tous les temps » par le magazine Rolling Stones. Au total, le disque a reçu dix disques de platine et s’est vendu à plus de six millions d’exemplaires aux États-Unis.

Lire aussi > L’album a redécouvrir : le live de la tournée Mustango de Jean-Louis Murat

Côté récompenses, les Fugees ont reçu le Grammy Award du « Meilleur album de rap » ainsi que le Grammy Award de la « Meilleure performance vocale R&B par un duo ou un groupe » en 1997.

CIM Internet