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L’album à redécouvrir : Bashung parade en Fantaisie Militaire

Fantaise Militaire est l'avant-dernier album studio de l'artiste. Alain bashung sera emporté par un cancer en 2009. | © Belga

Musique

Entourés par les talentueux Edith Fambuena et Jean-Louis Piérot, Alain Bashung sort son chef d’oeuvre des années 90 Fantaisie Militaire (1998). Une pièce maîtresse dans la discographie du musicien et chanteur. Énorme diamant scintillant de douze feux dans la nuit…

Par L.Dp

La pochette de l’album met en scène un Bashung jouant sur le mythe d’Ophélie. Est-il dans un état d’esprit quelque peu morbide en préparant cet album? Bashung ne va en effet pas trop bien en cette seconde partie des années 90. Séparé de sa femme depuis quelques temps, il peine à reprendre le dessus. Bashung est en dépression et s’offre même une cure de repos juste avant l’album. Ce n’est donc pas forcément une oeuvre qui respire la joie mais cela n’empêche de grands moments de musiques et de paroles, comme toujours dans l’oeuvre de l’Alsacien.

C’est avec son vieux complice, Jean Fauque, lui-même prit dans un tourment familial, que les compères commencent à coucher sur papier mots et sonorités verbales. Fantaisie Militaire est aussi un pont jeté vers la musique assistée par ordinateur via le programme Pro Tools. Un rapprochement initié grâce à Jean Lamoot, un jeune ‘ingé son’. Il s’agit d’une première pour Bashung et d’un coup de maître.

Un album dont la gestation et l’accouchement demanderont temps, sueur et abnégation mais qui rapportera trois victoires de la musique et une critique dithyrambique de la presse à sa sortie. Quinze ans plus tard, en 2014, Les Inrock consacrait encore un grand article sur l’arrière-cuisine d’un album devenu mythique depuis.

La galette démarre par le sublime « Malaxe » à l’ambiance feutrée et inquiétante. Très vite, c’est ‘La nuit je mens » qui est proposé. Sorti en single, le morceau sera un gros succès et largement diffusé en radio ainsi que sur les chaînes musicales porté par un excellent clip. Le morceau « Fantaisie militaire » achève le triptyque de départ dans une ambiance explosive et déluge de guitares sur fond de questionnement de casque bleu. Les neuf autres morceaux que comprend l’album ne sont que des petites merveilles. A vous de les (re)découvrir.

Le voyage s’achève sur « Angora ». « Il m’aura fallu faucher les blés… Apprendre à manier la fourche… Pour retrouver le vrai… Faire table rase du passé… » Deux petite minutes d’intenses émotions. Plus de vingt ans plus tard, on ne se remet toujours pas de cette claque. Les frissons sont toujours au rendez-vous. Faites l’expérience : plongez-vous dans l’obscurité et mettez le titre « Aucune express »… Et décollez !

Notre sélection

Malaxe
La nuit je mens
Dehors
Aucun Express
Somme-nous
Angora

 

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