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« Paradise », le nouveau single anti-Trump d’Anohni

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Plus de six mois seulement après la sortie de son album « Hopelessness », l’ancien leader du groupe Antony and the Johnsons, revient avec un titre bouleversant et engagé.

 

Anohni, autrefois appellée Antony Hegarty, a toujours été très engagée. La chanteuse britannique, qui avait été la première personne transgenre à être nommée aux Oscars en 2016 pour  « Manta Ray » -la chanson du documentaire Racing Extinction sur un écocide- avait décidé de boycotter la cérémonie, n’approuvant pas le fait d’y être invitée sans pour autant être conviée à y chanter comme tous les autres artistes nommés. Elle avait expliqué sa décision dans une lettre publiée sur Pitchfork, rappelant ainsi ses combats pour une prise de conscience écologique, pour la défense des droits des transexuels et des femmes.

Avec son premier album « Hopelessness », sorti en juin 2016 et acclamé par la critique, de sa voix fragile et bouleversante, l’artiste s’attaquait à de nombreux thèmes. Le réchauffement climatique avec « 4 Degrees », les attaques meurtrières des drones avec « Drone Bomb Me » (un clip avec une Naomi Campbell en larmes), les attaques injustifiées au Moyen-Orient avec « Crisis » ou encore les échecs de la politique américaine avec « Obama ».

Et après Obama, Anohni passe à Trump, avec « Paradise », son nouveau single ! Dévoilé sur YouTube, il est accompagné du texte suivant :

“Nos nouveaux dirigeants espèrent écraser nos esprits et accélérer l’écocide au nom du progrès, du consumérisme, et d’une fausse sécurité.
Tous comme les djihadistes, de nombreux capitalistes et des Chrétiens cherchent de manière compulsive à faciliter une « guerre sainte » juste, ou une apocalypse.
Pendant des millénaires, les Hommes ont asservi les femmes, et ont essayé de s’approprier le pouvoir créatif féminin, se redéfinissant eux-mêmes comme des dieux et des créateurs.
Cet assaut se poursuit aujourd’hui sous la forme de richesse impitoyable et d’extraction minérale, du génie génétique, de surveillance de masse et de bellicisme.
Mais comme le démontrent maintenant Donald Trump et son cabinet, les compétences encouragées chez les hommes à cause de leurs biologies et les outils que les garçons maîtrisent dans la cour de récré ne les ont pas équipés pour faire face à la crise mondiale sans précédént à laquelle nous faisons face actuellement.
Mères, vos fils sont piégés dans un cauchemar ; ils ne sont pas capables de négocier de façon responsable l’entreprise destructrice qu’ils exercent désormais.
Plus profonde encore qu’un crime contre l’humanité, pères et fils se préparent maintenant à commettre une catastrophe écologique, dans un assaut final et irréversible contre la création elle-même.
Seule une intervention des femmes dans le monte entier, avec leur connaissance innée d’interdépendance, d’écoute profonte, d’empathie et d’auto-sacrifice, pourrait éventuellement changer le cours désespéré de notre espèce.”

« Paradise » sera présent sur l’EP du même nom, qui sortira le 17 mars 2017 chez Rough Trade Records. Six titres réalisés à nouveau en collaboration avec Oneohtrix Point Never et Hudson Mohawke.

 


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