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Les rêves en bleu de la Belge Claire Laffut

La jeune artiste namuroise nous revient avec un album et des dates de concert ! | © Elodie Pauwels

Musique

Des concerts sont annoncés en Espagne, en Suisse, au Canada … Mais c’est bien à Namur, sa région natale, que la jeune artiste belge a présenté son premier album très attendu, précédé de singles tels des esquisses chaloupées. Claire Laffut ébauche sa toile.

 

Un entêtant « Mojo » a ravi les foules en 2018. Depuis, Claire Laffut a distillé des titres comme autant de petites perles sur une parure annoncée. A la fin de l’article, un concours vous permettra de remporter le nouvel album de Claire Laffut. 

Paris Match. Qu’évoque pour vous le mot Bleu, titre de votre album ?
Claire Laffut. Avec ce premier album, qui se situe dans la continuité, j’ai le sentiment de me rendre à un premier rendez-vous, entre stress et excitation folle. J’ai trouvé le sens global de ma démarche à la fin de l’enregistrement, en trouvant ce titre. Bleu évoque mes débuts. Je l’ai écrit en regardant la mer et le ciel, imprégnée d’un sentiment de gratitude énorme. J’ai compris alors que je devais parler de ma jeunesse. Je suis partie tôt à Paris, je me prenais pour une « grande ». Mais en fait, j’étais encore une « bleue », pleine de doutes quant à mes amours et mes chansons. Je suis au commencement. Cette couleur est également associée à un sentiment de sérénité, de folie telle une mer déchaînée, de mélancolie… J’aime justement le bleu pour sa diversité.

Écriture, musique, dessin, peinture… Quelle forme d’art vous est-elle la plus nécessaire ?
L’écriture est mon expression première. Je trouve mon salut dans les mots. Il m’arrive de me relire des années après et de seulement comprendre le sens de certaines phrases. J’écris des chansons pour me remémorer mes états d’âme. Je suis comme le Petit Poucet qui sème ses petits cailloux blancs, mes émotions, pour mieux avancer. L’écriture est une impulsion, j’adore jouer avec les sens, les sons, les rimes…. La poésie et les métaphores me permettent d’exprimer des choses fortes en très peu de mots. L’énergie se situe dans le moment.

On retrouve une certaine rythmique dans toutes vos créations. Êtes-vous une artiste en mouvement ?
J’ai, en effet, du mal à stagner, l’ennui me terrifie, créer est ma raison de vivre. Une chanson me pousse à explorer toujours plus loin l’imaginaire, l’onirique que je retrouve dans un tableau. Seule la peinture peut générer ce mystère. J’ai eu un immense coup de cœur lors de l’expo Miro au Grand Palais en voyant le style épuré de ses peintures et sa poésie. Chaque peintre possède son univers, la vie traverse chaque tableau et c’est ce qui me touche dans ma soif d’évasion.

« Je suis comme le Petit Poucet qui sème ses petits cailloux pour mieux avancer »

D’où vous vient ce goût pour les rythmes et sonorités d’ailleurs, notamment d’Afrique ?
Sans doute du contexte de mon enfance. J’ai grandi à Moustier-sur-Sambre, petit village entre Namur et Charleroi, dont j’avais envie de m’échapper le plus vite possible. J’étais entourée par un paysage industriel, sans couleurs, morose. Cette envie d’évasion m’a poussé à la recherche de musiques plus chaudes et dansantes. Étant née dans les années 90, j’ai eu très vite accès à Internet. D’un simple geste, je voyageais à travers mon ordinateur. Mes parents étant séparés, ma mère m’a poussée à tester plein de choses, mon père privilégiait un chemin plus traditionnel. Mais nous étions des enfants assez rebelles. Nos parents, issus d’un milieu absolument pas artistique, aiment la musique, la fête, le beau… J’ai apprécié cette liberté. On attendait juste de moi que je sois heureuse et c’est la chose la plus importante.

Vous êtes pourtant venue au chant par hasard, au gré d’une séance de studio.
Je n’étais pas une ingénue. En débarquant dans la musique, j’avais déjà une certaine visibilité grâce à ma marque de tatouages éphémères, je gérais plutôt bien mes réseaux sociaux, je faisais un peu de mannequinat. J’ai tenu, très tôt, à proposer ma vision du monde à travers mes créations. Le mannequinat m’a aidé à prendre conscience de mon image mais ne m’a pas fait que du bien et si un jour j’ai une fille, je lui déconseillerais de passer par là.

 

©Elodie Pauwels

Par contre, le milieu de la mode continue à vous intéresser.
J’ai dû me réconcilier avec ce milieu mais il y a tant à explorer que je prends plaisir à, aujourd’hui, découvrir les créateurs, voire à expérimenter par moi-même. J’ai compris qui j’étais et ce que je voulais. Un vêtement est une seconde peau mais j’essaye qu’il ne prenne pas trop de place car ma musique et ma peinture en disent déjà beaucoup sur moi. Si vous prenez la cover de mon album, je n’ai aucun maquillage pour toucher au plus près de la pureté.

Toutes vos photos sont de Charlotte Abramow, votre duo « Nudes » avec Yseult est un succès. Cet album est-il aussi une histoire d’amitié ?
Charlotte m’a photographiée quand j’avais 15 ans, elle pose un regard bienveillant sur moi et a été un peu ma bouée de sauvetage, un pilier dans ma vie. Yseult représente une rencontre super importante, nous sommes très amies. J’ai besoin d’être proche des gens pour trouver du sens à ce que je fais. J’ai travaillé avec Tristan Salvati (producteur d’Angèle, Louane…), Gaspard Murphy et Pierre Juarez qui est aussi mon fiancé. Je m’épanouis dans cette complicité.

Entre Belgique et Paris, continuez-vous à gérer ce grand écart ?
Il fallait que je quitte la Belgique pour mieux y revenir. Après avoir semé mes petites graines de rêves et de projets en France, j’ai trouvé un espace à Bruxelles où je peux, à la fois, habiter, faire de la musique et peindre. Étant moins dans l’effervescence et plus dans l’introspection, la Belgique me convient. Mais je ne ferme aucune porte, je peux encore partir loin et habiter ailleurs. Un jour, j’aurai besoin de me rapprocher de la nature.

Album : Claire Laffut, Bleu, Universal
En concert le 23 octobre 2021 au Botanique à Bruxelles.

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