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Album à redécouvrir : Règne de la Brit Pop sur les restes fumants du grunge

Brett Anderson conduit la destinée de Suede depuis trois décennies déjà... | © Belga

Musique

Cette semaine, on part à Londres dans la première moitié des années 90 avec le Dog Man Star (1994) de Suede. Un deuxième album pour la bande à Brett Anderson qui reste une excellente trace des sons d’une époque où la Britpop prenait le pouvoir alors que le grunge vivait ses dernières heures…

 

Par L.Dp

L’enregistrement de cet album est une nouvelle preuve qu’un groupe peut être au seuil de l’implosion et composé en studio de camps adverses qui se détestent ou ne se comprennent plus pour en arriver tout de même à un résultat grandiose. Dog Man Star fait partie de ces albums dont l’un des membres fondateurs a ensuite pris la porte. Et donc cela nous permet, à nous auditeurs, de profiter du talent à la guitare de Bernard Butler qui quitta ensuite le navire. Une évidence dès le second morceau « We are the pigs » avec ses riffs et solos tellement reconnaissables.

Ces étendards de la Britpop, en dépassant le fait que l’on mit un peu beaucoup de groupes dans le même sac (Ndlr: The Verve, Pulp, Oasis, Blur…), sortent en 1994 un album sombre, torturé, déprimé, parfois pédant aux paroles perchées pondues sous acides. C’est Anderson qui le confiera lui-même plus tard. « La rockeuse entend le public crier pour la mort d’un roi, mais une branlette est tout ce que la boucherie apporte » en est un léger florilège….

Suede s’éloigne donc un peu de leur manifeste Britpop qu’était leur premier album éponyme. Le chanteur y alterne voix pop et style crooner pour certaines plages du disque. Le disciple de David Bowie, en reprenant certains codes au glam rock à qui le Duke a donné ses lettres de noblesse, pousse parfois le bouchon un peu loin il faut le reconnaître.

En 2011, pour la réédition remasterisée de cet album, le quotidien anglais The Guardian estimait pour sa part que « Dog Man Star vacille de manière instable le long d’un fil conducteur qui sépare la grandeur du ridicule absolu, clairement sous l’influence d’une combinaison épouvantable de drogues. Sa devise principale, ce sont les ballades, qui vont du sublime au ridicule. Mais quand les ballades de Dog Man Star sont bonnes, elles sont incroyables, notamment « The Wild Ones » et « Still Life »  » …

A vous de le tester !

Notre sélection

We are the pigs
Heroine
Daddy’s speeding
The 2 of us
The Asphalt world




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