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James Blunt : « Il a fallu des années pour qu’on réalise que je n’étais pas sinistre et nostalgique »

Des chansons comme autant de questions sur la vie, sans pour autant trouver de réponses... | © Susannah V. Vergau/dpa

Musique

Depuis 17 ans, l’homme excelle dans les ballades romantiques et déchirantes. Mais James Blunt, artiste apaisé, s’y entend aussi pour jouer les gais lurons. Il sort un album Greatest Hits pour célébrer sa mue de soldat engagé en poète sensible.


Paris Match. Vivez-vous encore en Espagne ?
James Blunt. Si ma maison est à Ibiza, je reviens automatiquement en Angleterre, à Londres, à chaque fois que je sors un nouvel album. Mais si je veux être réellement honnête avec vous, mon véritable chez-moi n’est autre que mon tour bus, j’y passe une bonne partie de ma vie à force de donner des concerts. Et dès février, je vais sillonner la Grande-Bretagne puis le reste de l’Europe, en n’oubliant pas Bruxelles.

Comment avez-vous élaboré ce Best Of ?
Je n’ai pas juste sélectionné mes singles les plus connus, j’ai tenu à y inclure plusieurs titres en concert, d’autres que je n’ai pas mis dans certaines rééditions mais aussi des chansons liées à des moments importants de ma vie. Le choix n’a pas été évident, ç’aurait été plus simple d’utiliser un algorithme qui aurait sélectionné mes 20 titres les plus joués sur Spotify. Mais ce n’est pas le but. Ma démarche était de proposer au public un ensemble beau et cohérent, représentatif de ma carrière et agrémenté de nouvelles compositions. Le fait de reprendre des performances de Londres, Paris, New York et Glastonbury évoque des étapes essentielles, des instants magiques de partage avec le public, ce qui constitue l’essence même de mon métier.

Cet album est-il l’occasion de faire un bilan ?
Je le vois plus comme une célébration, de la vie, de mon expérience… Une façon de célébrer le passé mais aussi le futur car je suis en train d’écrire de nouvelles chansons. J’écris et compose dès que je ressens une forte émotion ou vis un événement qui me touche, un besoin irrépressible que je ressens naturellement. Et si les mots viennent en premier, avant les notes, ce sera sans doute une meilleure chanson je pense, plus authentique et sincère. Mes mots se transforment toujours en chansons.

« Je chante sans peur et sans honte, en m’offrant dans toute ma vérité »

Avez-vous toujours suivi votre instinct ?
C’est sans conteste l’un des traits de ma personnalité. L’instinct et l’honnêteté sont liés. Si vous faites confiance à une forme de spontanéité, vous vous connecterez mieux aux autres, les gens savent quand on triche. Je chante sans peur et sans honte, en m’offrant dans toute ma vérité, une mise à nu que j’assume. Les artistes qui le font sont facilement moqués, on les taxe de trop d’émotivité, de sensiblerie. En fait, il faut du courage pour s’accepter et s’affirmer face aux autres. Ma sincérité est sans doute au centre de l’attachement que me témoigne le public.

L’amour reste votre sujet de prédilection. Comment arriver à écrire encore sur le sujet le plus abordé au monde ?
Tous autant que nous sommes traversons l’existence à la recherche de ce qui nous rattache aux autres. L’amour est, en fin de compte, ce qui nous relie et nous guide. Quand j’ai quitté l’armée, je nourrissais le rêve de vivre de ma musique. Je composais des chansons telles des questions existentielles exprimées avec tout mon cœur. Quelle était ma place sur terre ? Qu’avais-je déjà accompli ? Quel homme voulais-je devenir ? Les chansons de mes deux premiers albums apparaissent solitaires et intimes, sentimentales aussi. Désormais, je porte un autre regard sur la vie : j’ai une femme, des enfants, une carrière… Le ton est donc plus enjoué, festif. Je savoure chaque jour en étant conscient qu’un public m’apprécie. L’amour peut s’exprimer de multiples façons.

Vos chansons vous apportent-elles aussi des réponses ?
Pas vraiment, surtout des questions ! Mais il est vrai que se poser des questions pousse à la réflexion, voire à l’introspection. Une façon de se regarder comme dans un miroir et de se positionner quant à nos choix. Je ne suis pas bon pour donner des conseils. Comme tout le monde, je fais des erreurs. Je me verrais mal donner mon avis à mon public. Mais je peux peut-être l’aider en abordant certains sujets.

Au gré de vos clips ou de certaines émissions, on vous découvre volontiers farceur ou comique.
Ah, merci, vous reconnaissez que je suis drôle ! Il a fallu des années pour que les gens réalisent que je n’étais pas l’homme sinistre et nostalgique qu’ils pensaient. Je ne pense jamais à l’image que je renvoie mais j’adore faire le pitre. On peut composer des ballades et aimer rire. Braquez une caméra sur moi et je ferai l’imbécile, car j’en suis un. La vie est faite pour qu’on en rigole.

Cet album est-il votre cadeau de Noël à votre public ?
Ce n’est évidemment pas un hasard s’il sort en ces fêtes de fin d’année. Pour ma part, je vais prendre du temps pour rester en famille, savourer chaque instant avec mes proches avant de repartir sur les routes l’année prochaine. J’ai tellement hâte de retrouver la scène.

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James Blunt sera en concert le 29 mars 2022 au Palais 12 à Bruxelles.
Album : James Blunt, The Stars Beneath My Feet 2004 – 2021 Warner Music

 

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