Paris Match Belgique

Nos 10 albums coups de cœur en 2021

meilleurs albums 2021

Notre sélection musicale de 2021. | © DR.

Musique

Si du côté de la musique live, nous n’avons pas eu grand chose à nous mettre sous la dent à cause de la crise sanitaire, les sorties de projets courts et longs ont elles été foisonnantes. Et même si l’exercice est périlleux, Paris Match Belgique s’est résolu à vous garder les dix pépites de l’année écoulée, au cas où vous en auriez raté l’une ou l’autre. En toute subjectivité bien sûr, et sans ordre de préférence.

 

Isaiah Rashad – The House Is Burning

Oubliez les mastodontes Drake et Ye (énième nom de scène de Kanye West), le meilleur album rap de l’année n’est autre que l’œuvre du merveilleux Isaiah Rashad. De retour dans le game après une longue absence – son dernier bijou The Sun’s Tirade datait de 2016, le rappeur originaire du Tennessee a offert en 2021 une masterclass de rap alternatif avec The House Is Burning. Bien trop sous-coté, Rashad montre qu’il n’a rien perdu de son flow malgré une descente aux enfers ces dernières années. Une cure de désintox et une banqueroute plus tard, l’artiste renaît de ses cendres en alliant à la perfection rap et soul. Il a aussi le don de bien s’entourer et s’offre les services de Jay Rock, SZA ou encore Lil Uzi Vert. On vous laisse découvrir ci-dessous « THIB », le morceau le plus introspectif de l’opus. Et ça secoue bien comme il faut.

Parcels – Day / Night

La pop sonique de Parcels nous est revenue en pleine face de la plus lumineuse des manières en cette fin d’année avec Day / Night. Mêlant disco, funk et pop comme on polit un bijou, le quintet australien maintenant basé à Berlin prouve que les Daft Punk ne s’étaient pas trompés en les repérant en 2017 déjà, et en produisant leurs premiers morceaux dont le very successful « Overnight ». Maintenant, Parcels vole de ses propres ailes et nous emmène dans un voyage mi-tubesque mi-expérimental, en combinant des pépites au potentiel radiophonique énorme et des morceaux contemplatifs qui éblouissent. Une sorte de quête vers un son pur et esthétique à souhait, où l’on ne se perd jamais. On vous défie d’écouter « Lordhenry », « Somethinggreater » ou « Comingback » sans avoir une petite montée de dopamine.

James Blake – Friends That Break Your Heart

Deux ans après le chef-d’œuvre Assume Form, James Blake récidive et prouve qu’il est bien le roi incontesté de la soul synthétique. Il nous balade entre ses envolées mélancoliques et des morceaux plus sensuels qui donnent envie de monter au septième ciel. Avec Friends That Break Your Heart, le producteur britannique nous montre toute l’étendue de ses talents, lui qui arrive à se renouveler sans perdre sa fameuse patte lyrique. Qu’il invite la diva SZA et sa voix gracieuse sur le tube « Coming Back » ou qu’il nous raconte ses errements et sa détresse dans « If I’m So Insecure », James Blake offre un opus parfaitement maîtrisé à la croisée des genres. Parfait pour rêvasser.

slowthai – TYRON

Le rappeur le plus sulfureux de Sa Majesté, Tyron Frampton, dit slowthai, est revenu en ce début d’année avec un album bien plus introspectif que son prédécesseur Nothing Great About Britain, véritable brûlot politique et engagé qui a secoué le rap british en 2019. Celui qui a l’habitude de dézinguer Boris Johnson à chaque sortie se montre cette fois sous un jour plus personnel, et nous raconte comment il arrive à se démarquer de ses troubles bipolaires en cultivant la pensée positive. Touchant et bluffant, slowthai s’adjoint en outre les services de la crème de la crème – James Blake (tiens tiens), Skepta, A$AP Rocky – pour fournir l’un des meilleurs albums rap de l’année, créant un ensemble d’une cohérence inouïe.

Balthazar – Sand

Il fallait bien au moins un nom de notre royaume dans ce classement, et leur place est loin d’être volée tant Balthazar a encore prouvé cette année qu’il était l’un des groupes les plus classes du moment. Le virage groovy opéré en 2019 avec Fever se confirme et l’électro est même invitée sur Sand, album conçu à l’ère Covid et donc à distance. Un défi relevé haut la main par les Courtraisiens, dont la sophistication est encore repoussée de manière sublime. Maarten Devoldere et Jinte Duprez se révèlent plus sensuels que jamais, tels des crooners improbables. Ils jouent magnifiquement avec la boîte à rythme sur « Linger On » et « Passing Through », nous emmènent en virée folle dans « You Won’t Come Around », créent un cabaret jazz capitonné sur « Powerglass »… Une réussite totale. Un album – et un groupe – qu’on aurait aimé voir plus reconnu, et dont la Belgique peut être (très) fière.

Tirzah – Colourgrade

Encore trop peu connue – à notre humble avis – du grand public, la Britannique Tirzah Mastin est pourtant une pourvoyeuse de tendresse, de douceur, de générosité et de talent foisonnant. Après l’acclamé Devotion en 2018, elle est revenue aux affaires cette année avec Colourgrade, disque qui s’enfile comme un plaid bien épais pour contrer le blues de l’hiver. Notons que Tirzah n’est jamais toute seule et qu’elle forme un trio indéboulonnable avec la compositrice Mica Levi et le producteur Coby Sey. Ces trois-là nous offrent 10 morceaux poétiques entre la soul et le trip hop. Un voyage parfois sensuel, parfois complexe, et d’une beauté éclatante. Magnétique, à l’image des fabuleux « Send Me » et « Sink In », Colourgrade s’écoute comme on mange un pain au sucre pendant les fêtes. Pour le réconfort.

Big Piig – The Sky Is Bleeding

La jeune Irlandaise originaire du soleil espagnol, de son vrai nom Jess Smyth, est venue mettre tout le monde d’accord en 2021 avec un EP de six titres tout simplement bluffant. Dans The Sky Is Bleeding, Big Piig a pris gravement du gallon depuis son tube « Switch », et s’affirme comme une valeur sûre de la scène alternative. À la croisée du hip-hop et du RnB, la chanteuse et son spleen entraînant nous envoient des petites décharges de bonnes ondes qu’on ne saurait refuser. Un joyau de 19 minutes dont les superbes « Lavender » et « American Beauty » sont les climax. Big Piig ne fait que débuter une carrière qui l’emmènera très haut.

Helado Negro – Far In

L’Américain d’origine équatorienne Roberto Carlos Lange, aka Helado Negro, nous habitue depuis maintenant sept albums à une musique suave, ronde, qui adoucirait même les plus bruts de décoffrage. En 2021, il n’a pas fait exception à la règle avec son projet Far In, onctueux et délicat au possible. Les origines latines sont toujours là, la prod électro rassurante s’y mêle finement et on se laisse doucement caresser par la voix d’or de Roberto. En ressort une folk épurée, sophistiquée, dont « Wake Up Tomorrow » – qui ouvre le voyage – est le plus beau symbole. Cosmique, on vous dit.

Bicep – Isles

Andy Ferguson et Matt McBriar, les deux amis de Belfast partis à Londres pour former le duo Bicep, ont fait bien du chemin depuis leur premier album éponyme en 2017. C’est cette année-là qu’ils frappent un énorme coup avec le single « Glue », tube électro au rythme entêtant qui va faire le tour de la planète. Depuis, Bicep n’a fait qu’affiner son projet musical en proposant des sons hantés, habités, offrant des créations qui mêlent habilement house, techno et disco. Avec Isles, les deux producteurs prouvent qu’il faut bel et bien compter sur eux. Plus coloré et plus complexe que leurs précédents opus, l’album virevolte, passant d’un « Apricots » sous acide à l’angélique « Rever ». Une aventure dont on se délecte et qui nous a valu un concert tonitruant lors de leur passage à l’Ancienne Belgique en octobre dernier. Une claque, tout simplement.

Lana Del Rey – Chemtrails over the Country Club

Lana l’icône glamour est prolifique, si bien qu’en 2021 elle nous a offert non pas un, mais deux albums. Si le second – Blue Banister – est de très bonne facture, il n’atteint pas les sommets de sa lettre d’amour à la Californie des seventies, Chemtrails over the Country Club. Magnifiquement produit par Jack Antonoff, déjà à la baguette sur la « masterpiece » Norman Fucking Rockwell, ce septième opus voit Lana hyper nostalgique d’un temps révolu, celle d’une Amérique insouciante et poétique, très loin du désordre de 2021. En ressortent 11 morceaux de folk puissante, dépouillés de tous chichi et témoins d’un accomplissement artistique total. Tout est bon, très bon, et on a du mal à choisir un titre qui sort du lot tant l’ensemble est au summum et fait preuve de cohérence. Mais où s’arrêtera-t-elle ?

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