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KYO : « C’est quand tu vas chercher les trucs les plus personnels que ça devient le plus universel »

KYO : « C'est quand tu vas chercher les trucs les plus personnels que ça devient le plus universel »

"J'ai entendu des fans dire que c'était le meilleur album, ou ex aequo avec Le Chemin." | © DR

Musique

Le groupe KYO revient avec son sixième album La Part des Lions. Une musique aux sonorités rock qui plait toujours aux adeptes de la première heure, mais aussi aux néophytes. Benoît, Florian, Nicolas et Jocelyn retrouveront leur public en 2022 et plus particulièrement le 25 février à Bruxelles. Rencontre.

 

Près de 20 ans après l’impressionnant succès de l’album Le Chemin, KYO revient avec un sixième opus La Part des Lions. Toujours dans une fibre pop et rock, le groupe propose un album mélodique, brut et profond. Les fans se laisseront embarquer par le dynamisme de « Mon époque », la délicatesse de « Comète » ou la majestuosité de « Margaux, Omar, Marlow ». Le groupe raconte des histoires de vies, le rapport à la solitude, les remises en question, mais aussi des thèmes bien plus graves comme les violences conjugales. « Maquillée comme une pute, j’ai perdu son estime / J’vais finir empaillée dans la chambre du bébé », chante Benoît dans « Stand Up », faisant aussi bien allusion aux violences psychologiques que physiques. Un album riche, pluriel et réussi, qui est « le meilleur » selon le groupe, mais pas que… « C’est vrai que les artistes disent toujours que leur dernier album est le meilleur, mais là, il y a des commentaires de fans qui le disent. Et ça, ça a vachement plus de valeur que nous », confie le chanteur.

Sorti le 26 novembre dernier, La Part des Lions a conquis le public. KYO a particulièrement soigné la sortie des différents singles au travers de quatre clips racontant les épisodes d’une même histoire. Les clips s’enchainant dans une parfaite harmonie, il est presque difficile de croire que les vidéos ont été imaginées bien après la création des morceaux. « Cette « mini-série » est née avec la chanson « Margaux, Omar, Marlow », explique Benoît. C’est une chanson qui parle de l’histoire de trois personnages et de l’ambiguïté de leurs relations. Et c’est vrai qu’il y avait une petite frustration de quitter ces personnages à la fin de ce morceau. On s’était presque attaché à eux et on avait envie de développer cette histoire-là. » S’ensuit alors « Mon époque », « Quand je serai jeune », et « Stand Up » ; le dernier épisode qui est sorti ce jeudi 13 janvier. « C’était passionnant de faire ça, parce que c’était nouveau pour nous. On aime bien raconter des histoires généralement, donc c’était bien de pouvoir le faire sur plusieurs clips. »

 

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Au-delà des musiques entrainantes, KYO c’est aussi des textes profonds et sincères. C’est notamment le cas dans la chanson « Quand je serai jeune » où Benoît chante avec Florian « J’apprendrai aux grands qu’on grandit pas / En marchant sur plus petit que soi » ou encore « Je t’empêcherai de prendre le volant / Un 3 décembre avec 3 grammes dans le sang ». « Dans cette chanson, on parle des trucs qu’on aurait voulu changer quand on était jeunes et qu’on ne peut plus. On peut toujours s’améliorer en tant qu’adulte, mais il y a des trucs qu’on ne peut pas réparer. L’idée est partie de là », explique Benoît. « C’était intéressant, de par le côté universel du thème, de chanter à deux. Et je pense que tout le monde peut s’y retrouver. C’est quand tu vas chercher les trucs les plus personnels que ça devient le plus universel. » « Tout le monde pourrait rajouter son propre couplet », complète Nicolas, le guitariste.

KYO : « C'est quand tu vas chercher les trucs les plus personnels que ça devient le plus universel »
Nicolas, Benoît, Jocelyn et Florian. © DR

Sur ce nouvel album, le groupe partage un titre avec une artiste de chez nous : Alice on the Roof. Deux voix qui s’allient à merveille pour une ballade délicate et poétique. « On cherchait un timbre de voix assez précis en fait : doux mais avec du caractère », raconte Benoît. « Le timbre de voix et puis l’intention surtout. On voulait quelque chose d’assez sincère, fragile et pas forcément une voix écrasante. Florian et Jocelyn nous ont fait écouter Alice, et on a bien aimé son univers et sa voix. On a fait la demande qu’elle a acceptée bien gentiment… parce qu’elle aurait pu refuser », confie dans un rire Nicolas avant que Benoît se moque gentiment en disant qu’elle « aurait pu accepter méchamment ou refuser gentiment ». « Quand on a commencé les prises avec elle, on a tous eu une émotion très forte parce que sa voix était supérieure à nos ambitions. Sur ce morceau, elle était vraiment parfaite dans l’émotion qu’elle dégageait », reprend Nicolas.

« Nos fans sont représentatifs de la longévité du groupe, et c’est ce dont on est le plus fier au final »

Le groupe retrouvera son public à partir du 24 février pour une tournée qui passera par chez nous (pour leur deuxième date) au Cirque Royal à Bruxelles. Malgré le doute qui plane par rapport à la pandémie, KYO souhaite rester optimiste. « On sera prêt en tout cas. Construire le show, c’est un truc qu’on apprécie particulièrement. On essaye toujours de faire quelque chose de nouveau par rapport aux tournées précédentes. Et là, on tient un truc vraiment cool. Après, très égoïstement, on peut penser que d’ici là, la vague actuelle de Covid sera terminée et que l’on pourra revivre normalement. C’est ce qu’on nous souhaite à nous et tous les artistes qui partent sur les routes. »

Des retrouvailles avec un public fidèle depuis plus de 20 ans maintenant. « Ça aide, surtout quand on oublie les paroles », commente avec humour Florian. « Même pas, reprend Benoît, parce que généralement, il est déjà trop tard pour moi. Et je vois juste les yeux au premier rang qui me regardent d’un air dire : « Hum, tu as inversé les couplets là ». » Et si les fans connaissent par cœur les paroles, ce n’est pas le fruit du hasard. « C’est représentatif de la longévité du groupe en fait. C’est ce dont on est le plus fier au final : d’être là depuis 20 ans, d’être toujours en tournée, de faire des albums et d’avoir des gens qui trouvent ça pertinent. » Et bien que KYO ait une base solide de fans, le groupe continue de se faire connaître auprès des adolescents. « Il y a des petits nouveaux aussi, ils ne sont pas beaucoup, mais j’ai vu des commentaires sous le clip de « Mon époque » qui disaient « c’est quoi ce nouveau groupe trop cool, je vais écouter les autres chansons ». C’était un gamin qui, j’imagine, découvrait le groupe. Et je me disais « what, ça existe quelqu’un qui découvre Kyo aujourd’hui ?! » », s’étonne Benoît. Une musique qui traverse les époques (et les générations) sans prendre une ride.

Mots-clés:
Musique rock Kyo
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