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L’album à redécouvrir : Quand Fleetwood Mac touchait au sublime dans le chaos total

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Mick Fleetwood et Stevie Nicks représentés avec élégance sur la pochette de l'album "Rumours". | © Warner Bros.

Musique

Crises de couples et prises de drogues poussées à l’extrême ont émaillé la création d’un des plus beaux opus de l’histoire de la musique, Rumours de Fleetwood Mac (1977), qui constitue une merveille de pop rock vendue à 45 millions d’exemplaires depuis sa création. Retour sur la genèse d’un album produit dans le chaos et duquel sont sorties des mélodies intemporelles.

 

Rien ne prédestinait Fleetwood Mac – combinaison des noms de Mick Fleetwood, son longiligne batteur, et John McVie, bassiste qui a fait ses gammes sur le tard – à devenir l’un des plus grands groupes de pop rock au monde. Au milieu des années 60, lorsque se forme le band, c’est plutôt le blues qui occupe les journées des britanniques Fleetwood, McVie et Peter Green (chanteur, guitariste et véritable fondateur du groupe).

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Une ambiance à fleur de peau

Mais comme pour de nombreuses formations de l’époque, les départs et arrivées au sein de la bande sont nombreux. D’autant plus que les tournées ne se passent pas toujours très bien, l’entente entre les différents membres n’étant que rarement au beau fixe. Les seventies se pointant, c’est toujours la même rengaine faite de va-et-vient et, malgré la qualité indéniable des propositions musicales, le succès public n’est que très relatif jusqu’à 1975 et leur premier tube « Black Magic Woman ». Du blues des débuts, le groupe vire progressivement vers un rock qui se montre de plus en plus pop. Un changement de style qui va amorcer leur pièce maîtresse.

En 1977, Fleetwood Mac connaîtra enfin son apogée et un succès fulgurant avec Rumours, petite perle de 40 minutes où pas une seconde n’est à jeter. Pour concocter le bijou, Fleetwood et McVie sont entourés de la mystique Stevie Nicks et sa voix d’or (chant et guitare), de l’épouse de John, Christine McVie (chant et clavier), et Lindsey Buckingham (chant et guitare). Tout ce joli monde est alors dans une période sentimentale extrêmement compliquée, et l’enregistrement de l’album dans les mythiques Studios Record Plant, à San Francisco, s’avère être un chemin de croix fait d’engueulades et de nombreuses lignes de cocaïne pour combattre l’épuisement. Ajoutez à cela l’alcool qui coulait à flot, et vous obtenez une atmosphère pas vraiment conviviale pour faire de la musique.

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De g. à dr. : Mick Fleetwood, Christine McVie, John McVie, Stevie Nicks et Lindsey Buckingham. © Billboard / Wikimedia Commons.

Dreams of loneliness

Malgré cette combinaison explosive et les relations incestueuses au sein du groupe – Stevie Nicks partagera son lit autant avec Buckingham que Fleetwood, le couple McVie est alors sans cesse en semi-rupture, Rumours deviendra un magnifique condensé d’amours perdues, véritable miroir des âmes torturées et abandonnées de ses membres. Du titre de l’album (« Rumeurs » faisant référence, of course, aux problèmes sentimentaux de chacun) aux lyrics, petites piques à peine voilées que les auteurs s’envoient, tout n’est qu’intimité. Et de l’amertume, de leurs côtés les plus sombres, les Fleetwood Mac vont se servir pour créer des mélodies somptueuses et touchantes.

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Le hit par excellence de l’album, c’est bien sûr « Dreams », morceau écrit, composé et chanté par Stevie Nicks, dont la sensualité vocale se fond merveilleusement sur les groove de basse de John McVie. Appuyée par une Christine McVie pleine d’adresse et d’intelligence, Nicks prouve qu’elle était la recrue qu’il fallait au groupe pour entrer dans la légende. Le morceau deviendra intemporel et sera repris maintes fois par de nombreux artistes, jusqu’à connaître un immense succès encore tout récemment. En 2020, une fameuse vidéo TikTok reprenant le tube en fond sonore a tout simplement fait exploser les compteurs, allant jusqu’à voir réapparaître Rumours dans le top 10 du classement Billboard, 42 ans après. Intemporel, on vous dit.

« The Chain » est lui un magnifique travail de chœur et d’harmonies vocales. Le tout soutenu par des percussions simples et diablement efficaces (merci Mick Fleetwood) alors que l’orgue Hammond B3 complète l’ensemble pour lui donner une aura brumeuse.

« Go Your Own Way » constitue pour sa part la feuille de route reprise par une foule d’artistes pour fabriquer de la pop rock. Fait de couplets simples et doux, mixés avec un refrain irrésistible, le titre a tracé le chemin pour de nombreux musiciens.

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Ce triptyque de tubes a forgé le culte autour de Fleetwood Mac, mais n’oublions pas le reste de l’album qui reste tout aussi sublime et sur lequel on pourrait disserter des heures durant. Classé 7ème meilleur opus de tous les temps par RollingStoneRumours n’est autre qu’un véritable chef d’œuvre qui a marqué l’histoire de la musique à tout jamais.

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