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Victoires de la musique 2022: triomphe d’Orelsan et de Clara Luciani

Lors de la cérémonie, Angèle a interprété “Bruxelles, je t’aime”, avec une grosse surprise : la présence de Damso quand elle a enchaîné avec “Démons”. | © DR

Musique

Nommés chacun 4 fois, le rappeur a été primé à 3 reprises. Il est notamment l’Artiste masculin de l’année. Clara Luciani vient de remporter son deuxième trophée de la soirée. Elle est l’artiste féminine et son disque Coeur est sacré Album de l’année.

 

Par Charles Van Dievort

22 h 20. Cela fait à peine une heure que le coup d’envoi des 37e Victoires de la musique a été donné que l’Artiste masculin est déjà connu. Considérée comme une des catégories reine, elle était habituellement décernée en fin de cérémonie, à pas d’heure.

C’est Orelsan qui a été récompensé, dans la foulée du succès colossal de son album Civilisation. C’est la seconde fois qu’il s’adjuge le prix après l’édition 2019. C’est sa 10e Victoires au total. Parce qu’il a remporté les deux prix décernés par le public: la Chanson originale pour « L’odeur de l’essence » et, en début de cérémonie, la catégorie de la Création audiovisuelle pour le documentaire Ne montre jamais ça à personne. Un prix là aussi amplement mérité, en particulier pour le frère du rappeur qui signe cette excellente production. Ce dernier ne retrace pas que la carrière d’Orelsan, elle révèle son éclosion, chose rare.

On ne peut cependant pas éviter de se demander s’il est légitime de mettre en compétition des clips et ce qu’il convient d’appeler un film. N’y voyez aucune jalousie parce qu’Angèle n’a pas gagné, il y a juste que les deux exercices ne jouent pas dans la même division. Étant donné le nombre de documentaires sur des artistes qui sont distillés, tant à la télévision que sur les plateformes de streaming, pourquoi ne pas créer une catégorie spécifique ? Oui mais cela va allonger d’autant une cérémonie qui se traîne habituellement déjà, non ? Pas faux…

Sauf que les Victoires semblent avoir, cette fois-ci, trouvé une formule nettement plus enthousiasmante que par le passé. Un effet bénéfique des désastreuses audiences enregistrées par les rendez-vous du genre comme les Oscars et les César l’an dernier ? Qui sait. Aux oubliettes les longs discours, les sketchs qui tombent à plat, les remerciements interminables et les présentations et séquences longues comme un jour sans pain. Place à la musique, beaucoup de musique en direct. Stromae a ouvert le bal avec “Santé”. En tant que président d’honneur de la soirée,, on attendait un discours mais c’est avec son titre qu’il a lancé la soirée. Tant mieux.

Dans la foulée, Angèle a interprété “Bruxelles, je t’aime”, avec une grosse surprise : la présence de Damso quand elle a enchaîné avec “Démons”, son dernier single en date. Le Dems n’a pas été coupé au montage contrairement à la diffusion du titre sur certaines radios françaises où son passage en rap est sucré.

Seule petite erreur au passage pour Angèle, mais une confusion qui va faire jaser sur les réseaux. Elle était juchée sur une gaufre pour chanter. Oui, mais une gaufre de Liège et non de Bruxelles…

Qu’importe. C’est la musique qui règne lors de ces 37e Victoires. Jacques Dutronc a reçu un trophée d’honneur. Il a chanté avec son fils Thomas. Julien Doré s’est produit depuis une péniche et non le plateau de la Seine Musicale où se déroule la manifestation. Clara Luciani a secoué le public avec deux titres en une heure à peine, dont un très bel hommage à Patrick Juvet. Un “Où sont les femmes” disco à souhait, comme l’est la couleur de son album à elle. Elle a aussi été sacrée Artiste féminine de l’année, comme en 2020. C’est submergée par l’émotion qu’elle a remercié le public pour ce prix. Rebelote quelques dizaines de minutes plus tard lorsque Coeur, son dernier album, a été désigné Album de l’année.

Orelsan a éclaboussé la soirée de son talent pendant les 90 premières minutes. Tout comme Juliette Armanet, Hervé ou L’Impératrice et son univers complètement dingue pour « Peur des filles ». Et que dire d’Hoshi avec une magnifique interprétation d’un titre consacré à ses problèmes d’audition. Poignant. Standing-ovation plus que méritée.

De la musique, du live et une présentation sobre et dynamique en même temps signée Olivier Minne et Laury Thilleman. La formule semble gagnante. Les audiences le diront demain.

Le palmarès complet des 37e Victoires de la musique:

Artiste masculin

Orelsan
Artiste féminine

Clara Luciani
Révélation masculine

Terrenoire
Révélation féminine

Barbara Pravi
Album

Cœur – Clara Luciani
Chanson de l’année

L’odeur de l’essence – Orelsan
Concert

Ben Mazué
Création audiovisuelle

Montre jamais ça à personne – Orelsan

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