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Stromae au Palais 12 : On vous raconte l’avant-première mondiale (et géniale) du « Multitude Tour »

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"L'Enfer" sur la scène du Palais 12. | © Capture d’écran Instagram / @lovelivebooksetc.

Musique

Plus de six ans après son dernier concert, le maestro avait donné rendez-vous à son public belge au Palais 12 ce mardi soir. Une première au format inédit de 60 minutes, ancrée dans le futur et la 3D, et où la fête reprenait enfin tous ses droits.

 

Le 17 octobre 2015, Stromae livrait son dernier concert à Kigali, au Rwanda, pays de son père disparu lors du génocide de 1994. Un événement à la symbolique très forte qui clôturait son immense et éprouvante tournée, « Racine Carrée », faite de 209 dates à travers le monde et qui a rassemblé près de 1,7 million de personnes. Des festivals les plus prestigieux au mythique Madison Square Garden de New York, le Bruxellois mettait la planète à ses pieds, et allait ensuite s’octroyer une pause loin de la scène pour se régénérer. Le maestro n’a pourtant pas chômé depuis, multipliant les projets avec son label créatif Mosaert et collaborant, dans l’ombre, avec de nombreux artistes tels Orelsan, Disiz La Peste, Caballero et JeanJass ou encore Vitaa. Six ans et quelques mois plus tard, l’heure était venue pour l’artiste de retrouver son public, depuis Bruxelles et le Palais 12, pour une avant-première inédite au format de 60 minutes. Un tour de chauffe, histoire de se mettre en jambes et régler les derniers détails pour la sortie de son tant attendu troisième album studio Multitude (sortie le 4 mars), la tournée qui va suivre et les festivals de l’été à venir.

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20h40 pétante, les masques ont volé et un certain virus paraît bien loin. Avec un chouia de retard, le show commence enfin ce mardi soir pour les 9000 fidèles venus voir l’avant-première du « Multitude Tour ». Le maestro n’est pas encore là en chair et en os, mais son avatar animé – superbement créé par le studio bruxellois nWave Pictures – se charge de lancer les hostilités en branchant la prise dans un teaser digne des studios Pixar. La 3D et la robotique vont d’ailleurs suivre le maître d’orchestre pendant tout son show, comme des moyens d’édulcorer le spectacle et soutenir la performance de l’artiste. Le morceau d’intro de son nouveau projet, l’inédit et bouillant « Invaincu », est lancé. Stromae déboule sur ce titre à la sonorité taillée pour les stades et tout le Palais 12 part en fusion face à son chéri. Quelque chose est lancé, un truc qu’on aurait tant de mal à décrire, ce déclic digne des bêtes de scène qui reviennent à la vie au contact de leur public. Le Bruxellois est plus qu’invaincu et paraît invincible, lâchant ses premiers pas de danse avec une facilité déconcertante.

La maîtrise totale

Suivra alors une heure de pure réjouissance, où l’artiste prend un plaisir visible, palpable, sur sa scène, s’amusant avec son public, les quatre claviéristes qui l’accompagnent, devant les écrans qui diffusent un quasi dessin animé, jouant avec son avatar ou même un chien robotique qui vient lui tendre la patte. Un spectacle du futur, réfléchi et savamment dosé, où les moments les plus sombres sont recouverts de tons parfois inquiétants, et où les temps plus gais sont remplis de couleurs chatoyantes. « Sans vous, je ne serais même pas là », clame avec émotion l’homme de 36 ans à ses fans.

Stromae dévoile plus tard d’autres morceaux exclusifs de son opus à venir la semaine prochaine. On retiendra notamment le facétieux « Fils de joie », superbe hommage aux mères prostituées. Le maestro nous parle aussi de son confinement, de son « droit d’être déprimé dans (son) fauteuil » via le diptyque « Bonne journée » / « Mauvaise journée », pour balancer ensuite les tubes qui ont fait son succès, « Papaoutai », « Formidable » et « Alors on danse » en tête. On retiendra encore de cette avant-première une scénographie hyper maîtrisée, tant au niveau des incroyables effets de lumière que du placement de l’artiste, omniprésent sans l’air d’y toucher. La marque des grands, et un show aux visuels saisissants.

Paul Van Haver avait gravement la pêche ce mardi soir et semble gonflé à bloc pour repartir de plus belle. Les sept titres inédits lâchés sur la scène du Palais 12 augurent de très bonnes choses pour son Multitude, qui mêlera des morceaux aux gros beats façonnés pour la fête et des chansons plus intimes. Les influences viennent de partout, on va de la cumbia colombienne à des sonorités plus orientales, mais sans jamais être fourre-tout. Ici, justesse est le maître mot.

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Après 60 minutes, on était déjà rassasié tant la performance fut de haute volée. Du grand entertainment qui cartonnera (encore) à n’en pas douter à l’international. Le maestro est toujours là, plus fort que jamais.

La setlist du show

« Invaincu »
« Fils de joie »
« Tous les mêmes »
« Quand c’est ? »
« Mauvaise journée »
« Bonne journée »
« Papaoutai »
« Formidable »
« L’Enfer »
« Santé »
« Alors on danse »
« Mon amour »

Stromae va donner deux autres avant-premières similaires, déjà sold out, à Paris et Amsterdam ces 24 et 27 février. Il sera ensuite à l’affiche de Coachella les 16 et 23 avril, et reviendra en Belgique le 19 juin à Werchter Boutique, puis le 10 juillet aux Ardentes.

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