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Cats On Trees : le temps de la tendresse

"Ce nouvel album est axé sur les relations humaines et la transmission" nous ont expliqué les Cats On Trees. | © ©Catherine Louis

Musique

Qu’il est doux de se laisser emporter par la pop tantôt suave, tantôt dynamique du duo toulousain. Yohan et Nina, dont la voix fait toujours merveille, nous reviennent avec un troisième album où pointent certains titres en français. Retour réussi.


La délicatesse au service des sentiments universels que sont l’amour, l’amitié, l’absence… Telle pourrait être la carte de visite du 3e album de Cats On Trees « Alie ». Un opus qui s’ouvre sur le single entêtant « Please Please Please » et se termine sur la reprise de « Siren Calls », devenu un classique et remixé par Shaka Ponk. Leçon de douceur.

Paris Match. Êtes-vous conscients d’avoir proposé d’emblée une identité musicale très forte ?
Nina Goern. Déjà en misant sur un duo fille/garçon, piano/batterie, nous avons choisi un style particulier. Avec ce nouvel album, nous avons réussi à retrouver à deux une individualité. Nous étions tout le temps fusionnels artistiquement, au risque de s’oublier. Mais quand nous avons été séparés du fait du confinement, cela nous a sauté aux yeux. Nous ne vivons pas du tout de la même manière, nous avons des rythmes de travail très différents. Ce retour à soi-même, chacun de notre côté, n’a fait que révéler notre musique. Tout était inspirant car essentiel, ce quotidien parfois négligé, ces petites choses simples de la vie.
Yohan Hennequin. On s’envoyait des messages, des idées, on partageait, on se trompait, on prenait du recul pour mieux rebondir sur certains titres. Le confinement nous a permis d’avoir cette respiration, même si l’ossature des morceaux était déjà présente avant. Mais notre éloignement nous a poussés à nous concentrer sur le projet. Quand nous nous sommes enfin retrouvés, tout semblait lumineux, nous nous étions vraiment manqués. Du coup, nous prenions aussi du temps pour nous, je lui préparais des petits plats, elle apportait du vin, nous pouvions apprécier ce temps partagé. Cet album a quelque chose de très artisanal et intime, il nous ressemble beaucoup.

« Cet album est axé sur les relations humaines et la transmission »

Le manque, la mort, la tendresse… Vous vous sentez le droit de toucher encore plus à l’intime ?
Nina. L’intimité et nos sentiments les plus profonds ont toujours été nos thèmes de prédilection. Aborder des sujets sombres sur des musiques lumineuses représente notre signature. L’once d’espoir était souvent minime. Mais là, notre regard a changé. Chaque chanson de cet album est un instantané, un moment. La tendresse a repris ses droits car nous avons eu du temps avec nos familles, à la campagne, loin de l’agitation, à pouvoir recréer du lien avec nos enfants…

Le titre « Tendresse » résume-t-il bien votre état d’esprit ?
Yohan. Cet album est axé sur les relations humaines et la transmission. Nina et moi avons tous deux des enfants de 10 ans qui nous nourrissent énormément et à qui nous désirons transmettre beauté et espoir. Tout ce que nos parents nous ont transmis. Nina a perdu son papa il y a peu, moi aussi, toute notre vie était remise en perspective. Il était temps de ne plus se complaire dans la tristesse mais bien de se rappeler des moments heureux.
Nina. La chanson « Tendresse » parle de la chance d’avoir eu des parents qui se sont tant aimés. Je me rends compte que ce n’est pas si fréquent, comme une vision fantasmée de la vie. Moi je l’avais sous les yeux et je le prends comme un cadeau. Mes parents ne m’ont pas ouvert un gros compte en banque mais ils m’ont offert l’exemple de l’amour. Certes, je suis quelqu’un d’hyper-sensible et de mélancolique mais tout cet amour est un garde-fou contre la déprime. J’ai une vraie capacité au bonheur grâce à eux. J’ai écrit cette chanson en français pour mon fils, pour qu’il puisse la recevoir comme un message. Quand l’album est sorti, il m’a demandé à qui je m’adressais et je sentais qu’il désirait entendre « À toi ». Il était vraiment ému.

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©Catherine Louis

Avez-vous gardé un lien fort avec la Belgique depuis votre participation à The Voice Belgique 2015 ?
Nina. Ah là là, quelle aventure. À l’époque, notre succès grandissant était un peu perturbant. Je me trouvais trop jeune dans le métier pour être coach et partager mon expérience. Pourtant, j’ai adoré mais je l’apprécierais encore plus aujourd’hui.
Yohan. Alors que pour ma part, je l’ai vécu comme une respiration, surtout en Belgique où j’adore passer du temps. La vie est douce chez vous. Et je trouvais rafraîchissant de pouvoir échanger avec des artistes en devenir du fait de notre notoriété récente. J’avais à cœur de les pousser à créer leur propre univers. Je suis très fier du travail accompli avec Blanche ou Pierre Lizée.

Album : Cats On Trees, Alie, Tôt Ou Tard, PIAS
En concert le 14 avril à La Madeleine à Bruxelles.

 

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