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Sofiane Pamart : « J’aime le côté rebelle et libre du hip-hop »

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Sofiane Pamart : « J’aime le côté rebelle et libre du hip-hop ». | © Hélène Pambrun / Paris Match.

Musique

Le pianiste de 31 ans a invité le classique dans la musique urbaine. Entre collaborations prestigieuses et projets fous, portrait d’un ambitieux.

D’après un article Paris Match France de Clémence Duranton

À 4 ans, il était capable de reproduire au piano la musique du film Le bon, la brute et le truand uniquement à l’oreille. Sofiane Pamart est de ces chanceux aux doigts magiques. Originaire du Maroc, le gamin a grandi à Lille. C’est sa mère, qui, après avoir vu un documentaire vantant les mérites du piano, a décidé de l’inscrire au conservatoire. L’enfant est dissipé, très actif, elle y voit un moyen idéal de le canaliser. Ses deux cadets auront droit au même traitement. « J’ai toujours eu un problème avec l’autorité, confie-t-il. Ma mère est la seule que je craignais. C’est encore le cas d’ailleurs ! »

Si, jusqu’alors, Brassens et les chansons à textes berçaient le foyer, les Pamart se mettent à écouter Chopin, Mozart et Beethoven. Sauf que Sofiane vibre pour d’autres sons. Chaque jour, en sortant du conservatoire, il rejoint son oncle, féru de rap, qui l’a converti à la culture urbaine. Pour l’adolescent, le coup de foudre a été immédiat. « J’aime le côté provocateur, rebelle et libre du hip-hop », commente l’intéressé. Sans y voir un acte révolutionnaire, il crée un genre qui lui ressemble, mêlant ses deux passions et réconciliant le piano et l’urbain. Alors, oui, si son doigté est celui des grands musiciens classiques, Sofiane Pamart a aussi le flow et le vocabulaire des rappeurs et un look bling-bling, à mi-chemin entre Gims et DJ Snake.

Une infaillible machine à tubes

La suite, c’est Médine, le rappeur du Havre, qui l’aide à l’écrire en l’invitant sur son disque d’abord puis sur scène. « Ça a été mon baptême du feu. » Le voilà lancé. Koba LaD, Vald, Zola, SCH, Rilès… les rappeurs du moment lui font confiance. Pamart est devenu un beatmaker du classique, une infaillible machine à tubes. Et ça n’a évidemment pas échappé à la variété. L’an passé, Arno l’a appelé pour travailler avec lui sur son album Vivre. « Oui, on peut être surpris. Arno est un marginal qui ne fait aucun effort pour être aimé, il est juste lui. J’ai adoré ça. On s’est adopté en cinq minutes. »

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Au milieu de ces collaborations éclectiques, le musicien a aussi tenté l’aventure solo. « Cela a pris du temps mais il a fallu me libérer de la technique. En 2019, j’ai enfin trouvé qui je voulais être. » Planet, son premier disque, est une proposition unique, une ode à ces lieux qu’il a visités et aimés, à l’urgence du voyage. Son deuxième album, Letter , sorti cette année, se veut, lui, une lettre musicale dédiée à son public, écrite de Taïwan à Singapour. « L’Asie, ce continent ‘entre tradition et modernité’, c’est un peu moi. » Grâce à ses collaborations publicitaires, notamment pour le jeu Assassin’s Creed, l’accro à la haute couture a même été nommé Nouveau Visage du luxe par le Salon du luxe Paris. « J’aime également la gastronomie. En fait, j’admire les formes d’art qui demandent des centaines ou des milliers d’heures de travail, à condition qu’elles soient invisibles. »

Outre une tournée en cours avec un passage à l’Accor Arena de Paris, il s’est lancé il y a peu dans les NFT. Prochain projet : propulser une capsule avec le clip de Planet dans l’espace. « On pourra voir les images avec la Terre en toile de fond. En attendant de pouvoir y aller… » Qui a dit que l’ambition était une mauvaise chose ?

SC_Album

Letter (Pias) En tournée actuellement, à l’Ancienne Belgique les 4 et 5 juillet (les deux dates sont déjà sold-out)

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