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Konoba : « J’ai dû faire attention à ne pas trop prendre la grosse tête et ne pas oublier mes racines »

Konoba : « J’ai dû faire attention à ne pas prendre trop la grosse tête et ne pas oublier mes racines »

Konoba est originaire de Wavre. | © Jeremy Adonis

Musique

Cinq ans après son premier album, et l’énorme succès de « On Our Knees », l’artiste belge Konoba revient avec It Was Only a Dream. Une musique électro-pop empreinte de mélancolie et très personnelle. Rencontre.

 

Originaire de Wavre, Raphael Esterhazy – de son vrai nom – quitte le pays à 18 ans pour étudier la musique en Angleterre. Le jeune artiste compose rapidement ses premiers morceaux et lance son projet musical sous le nom plutôt original de « Konoba ». « C’est un mot croate qui veut dire « une taverne ». J’étais en Croatie quelques mois avant, et je ne sais pas pourquoi, mais ce mot m’avait marqué. La musicalité du mot m’est vraiment restée en tête », nous confie l’artiste. « C’est un mot facile à prononcer dans toutes les langues en plus, et j’aime qu’il soit universel. »

À la fois chanteur et producteur, il sort en 2017 son premier album avec le titre « On Our Knees » qui deviendra rapidement un succès planétaire. Une célébrité qui peut vite faire tourner la tête. « Le succès et la popularité, c’est dangereux. On s’y habitue très vite. On s’attend à avoir un certain respect en face de nous, ou bien un certain nombre de spectateurs dans les salles quand on joue… On s’est rendu compte que parfois on avait tendance à être prétentieux sans le vouloir. Donc il faut faire très attention. » Il se lance ensuite le projet fou avec R.O de voyager dans 10 pays, pendant 10 mois pour créer 10 chansons.

 

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Une vie à 100 à l’heure qui est brutalement stoppée par la pandémie de Covid. « C’était une grosse claque car on a dû annuler toutes nos dates de concerts. » Mais une fois le choc passé, Konoba décide finalement de tirer le meilleur parti de cette situation. « C’était la première fois depuis plusieurs années que tout à coup, je n’avais plus rien dans mon agenda, que je n’avais plus de pression. Et ça m’a vraiment libéré créativement. Ça m’a fait beaucoup de bien. » Une coupure qui lui a aussi permis de garder « les pieds sur terre ». « J’ai dû faire attention à ne pas trop prendre la grosse tête et ne pas oublier mes racines. Le Covid m’a aidé à ne pas oublier l’essentiel dans la vie qui n’est pas juste le succès. Mon métier, c’est ma passion, mais le plus important reste la famille, les amis et la santé. »

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« Il y a beaucoup plus de lumières et d’espoir que dans mes albums précédents »

Konoba présente ce 18 mars son nouvel opus It Was Only a Dream. Un album plus personnel, « composé assez vite et naturellement ». « Ça m’a permis de me lâcher au niveau des paroles et des émotions. C’était un exutoire qui m’a fait du bien », explique l’artiste. Une introspection qui se ressent dans l’écriture. « Dans mon premier album, j’essayais de comprendre la société dans laquelle je vivais, j’étais très critique. Il s’appelait « Smoke and mirrors » ce qui veut dire « la poudre aux yeux ». Ici, pour cet album, c’est un mélange de plein de choses. Il y a des choses assez personnelles, comme la relation avec ma grand-mère. Il y a aussi des critiques de la société, mais il y a beaucoup plus de lumières et d’espoir que dans mes albums précédents. J’essaye de voir le bon côté des choses. Peu importe les difficultés de la vie, je vais essayer d’en tirer le meilleur. Tout n’est pas rose, loin de là, mais si on passe sa vie à s’apitoyer sur son sort, on n’en profite pas. » Si sa manière de voir le monde a changé avec la maturité, ce n’est pas la seule raison. L’artiste c’est également marié cette année, ce qui lui a donné « une autre perspective où on se projette avec quelqu’un, on pense à fonder une famille, on pense sur le long terme ». « Je pense que ça a dû beaucoup influencer ma vision et mes paroles. »

Cet album s’écoute comme une histoire, quelque peu mélancolique. Les chansons s’enchainent avec harmonie. L’album compte 3 interludes symbolisés par des croissants de lune, avec une intro et une outro. Des mélodies légères qui font respirer l’album… comme les émojis au milieu du texte qui imagent le voyage nocturne. « C’est ma femme qui m’a suggéré l’idée car ça faisait un peu « bloc » sinon. Une fois qu’on l’a testé et que j’ai écouté l’album, je me suis dit que c’est étonnant parce que l’album n’a pas changé, mais il a l’air plus agréable à écouter grâce à cet espace visuel. »

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La dernière chanson est symbolisée par un simple cœur. Un titre d’1min28 qui a pourtant beaucoup d’importance pour le chanteur. « Je voulais terminer l’album sur quelque chose de lumineux, solaire, positif. Les paroles sont assez évidentes, c’est une chanson d’amour, mais elle a la particularité d’avoir trois parties : le début que je chante en français, une partie qu’on chante ensemble avec ma femme en anglais, et une dernière partie où ma femme chante en russe, qui est sa langue natale. C’est nos trois langues ensemble dans ce morceau, et c’est nos deux voix qui se répondent. Je trouvais ça chouette de faire ça symboliquement et de clôturer l’album sur une note positive et un message d’amour. »

Konoba sera le 28 avril à l’Ancienne Belgique.

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