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Clara Luciani, larmes de charme de la scène française

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 La jeune Française impose déjà sa mélancolie et sa voix avec à peine un EP de quatre titres. Assez pour avoir envie de la suivre pour les années à venir. Et on vous invite à son concert au BSF ce 9 août !

 

Clara Luciani ne se cache pas. Elle chante sous son véritable nom et ses chansons racontent ses histoires. Ses propres histoires. Sans fard mais avec lyrisme. Des histoires faites des larmes d’une relation amoureuse destructrice. Clara a beaucoup pleuré avant de chanter sa détresse, Clara a souffert mais aujourd’hui, Clara rit beaucoup. D’abord parce qu’elle va mieux. On lui a demandé avant de commencer l’interview car le « Monstre d’Amour » l’a manifestement ravagée, digérée et recrachée. Mais point de bubblegum, de violons ou d’explosions de larmes car Clara Luciani a l’élégance des gens qui ne doivent pas en faire des tonnes pour rayonner. Dans nos studios, elle a démontré que seule, à la guitare électrique, elle n’a besoin d’aucun artifice pour sublimer ses chansons.

Jeune, débutante mais loin d’être perdue sur la scène française. Elle est signée chez Universal, a été durant deux ans  une des voix du groupe « La Femme », a posé sa voix particulière sur un duo avec Nekfeu, a fait la première partie de certains concerts de Benjamin Biolay et a remporté le prix « Les Inrocks Lab 2016 ». Excusez du peu. On prend donc peu de risques à parier que Clara Luciani sera un des noms de cette décidemment viviviante scène française qui envoie chaque mois les signaux d’une santé insolente.

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Moderne avec cette touche classique, elle cite Juliette Armanet, Patti Smith, vénère Nico (l’éphémère chanteuse du Velvet Underground). « J’ai lu un recueil de ses textes, elle avait énormément de talents. C’est une femme super inspirante, une femme superbe qui venait en costume blanc très sobre. Elle représente la féminité comme je la vois ». Et quand on leur parle de Françoise Hardy à qui elle fait inévitablement penser, elle sourit : « j’adore Françoise Hardy mais je n’aimerais pas qu’on me prenne pour un pastiche d’elle. J’ai fait appel à des gens pour éviter de sonner vintage. Je veux avoir mon style à moi et pas qu’on me voit comme une copie de quelqu’un » 

Tout a commencé pour Clara Luciani, version solo, par une rupture. Douloureuse, destructrice dont on ressort soit avec de nouveaux horizons soit détruite pour longtemps. À coups de guitare électrique, de paroles incisives écrites avec ce talent qui ne demande pas des tonnes d’effets pour toucher juste « Je n’ai pas encore la capacité d’écrire des histoires. J’écris ma vie », elle a choisi la voie des nouveaux horizons. Elle va mieux. On s’en est inquiétés dès la prise de contact car « Monstre d’Amour » est une plongée en quatre temps dans les larmes et l’amour destructeur.

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Dans « Pleure, Clara, Pleure« , la chanteuse se moque d’elle-même : « j’ai un vrai sens théâtral. Petite, j’aimais me regarder pleurer dans le miroir. Cette chanson se moque de ce côté « pleureuse italienne » ». Mais même le mouchoir à la main, Clara Luciani a le sens de l’élégance.

Dans « À crever », on assiste à la mort lente de la chanteuse, à sa solitude destructrice, aux restes d’elle-même suite à cette relation qui l’a détruite. Tristesse, envie de mourir… On est ravis de l’avoir quittée plein sourire. L’été est bien venu. Clara va mieux et prépare un album pour les mois à venir. On l’attend déjà.

Clara Luciani sera pour une date exclusive au Brussels Summer Festival le 9 août prochain dans le superbe Magic Mirror qui fait son retour cette année.

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