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Les intrépides Aralunaires ont pris possession d’Arlon jusque dimanche

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Antoine Wielemans dans l'Eglise Saint-Martin. | © Les Aralunaires / Johan Poezevara.

Musique

Le festival audacieux et intimiste a repris du service ce mercredi dans une atmosphère réjouissante, toujours avec le même format qui fait son succès depuis 12 ans. On vous raconte cette première journée lumineuse depuis la cité arlonaise. La suite des festivités, c’est jusque dimanche.

 

Quelque chose se trame dans le centre d’Arlon en cet après-midi gorgé de soleil. Une petite troupe s’affaire devant l’Ancien Hôtel du Nord, les bouts de chapeaux argentés se distinguent au loin, une fanfare se met en ordre de marche… Une visite royale pas comme les autres se prépare pour débuter les célébration des Aralunaires, festival d’un genre nouveau né il y a maintenant douze ans. C’est rien de moins que le Prince Carnaval de Schaerbeek, « Sa Majesté McCloud Ier », qui vient honorer la cité arlonaise de sa présence.

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Actif musicalement depuis 1988, la destinée du Prince McCloud prend un virage décisif en 2008 lorsqu’il rate un avion depuis Bruxelles, découvre alors notre belle capitale errant dans ses rues, et décide de s’installer ici pour poursuivre ses mutliples projets artistiques. McCloud l’Américain – il est à la base originaire de l’état de Washington – devient dans notre royaume (ou plutôt « son » royaume de Schaerbeek) un artiste hybride, capable de vous balancer des sonorités alternatives japonaises comme des notes de musique expérimentale anglo-saxonne.

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Sa Majesté McCloud. © DR.

« De Prins » se forge une belle réputation à travers ses nombreux avatars (Le Ton Mité, The Lover BE, Hoquets ou encore Linus Vandewolken) et devient une célébrité bruxelloise de renom. Un parcours qui le mènera jusqu’à son trône en 2020. Jamais fermé à des jumelages avec d’autres horizons, il est venu cette année ouvrir le bal des joyeuses Aralunaires, fête musicale qui célèbre sa treizième édition.

D’une fête folklorique à un show de jazz intimiste en passant par une performance hors du temps

Aidé par son groupe DE GILDE feat. DIZZY DOUX, McCloud a paradé ce mercredi jusqu’à l’Eglise Saint-Martin, où une performance dont lui seul a le secret a illuminé les chanceux présents. Au-delà du folklore, la qualité musicale indéniable était là, McCloud alternant rap, jazz ou folk avec une aisance déconcertante. Les Aralunaires pouvaient décoller vers les astres sous les meilleures auspices. La foule se pressait alors vers L’Entrepôt, salle de concert principale du festival, pour faire d’autres joyeuses découvertes.

Moins de folklore ici, mais toujours autant de réjouissance musicale : Béesau, ou celui qui a remis la trompette au goût du jour avec brio, vient nous caresser les oreilles avec ses mélodies suaves et accompagné de son band hyper talentueux. Une musique jazz et actuelle qui entraîne, dépote et remet en forme. Du Prince de Schaerbeek au roi de la trompette, le public semble comblé. Et ça ne fait que commencer.

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Béesau. © Johan Poezevara.

Retour à la case départ, l’Eglise Saint-Martin, vers laquelle on court pour écouter le projet solo d’Antoine Wielemans, le chanteur des Girls in Hawaii. Et surtout voir la délicieuse scénographie installée dans la Paroisse classée au Patrimoine majeur de Wallonie. Envoûtant, le show prend des allures de messe mélodieuse et poétique. Les Aralunaires, c’est avant tout ceci : vous emmener d’une fête folklorique à un show de jazz intimiste, pour vous faire ensuite bifurquer sur une performance hors du temps dans un lieu de culte.

On connaît désormais bien la route et l’Entrepôt nous attend pour le show qui ferme la soirée. C’est Sopico et son projet unique alliant rap et guitare qui nous accueillent, le ton monte crescendo pour nous emmener vers un rythme effréné. Jubilatoire et harmonieux, le show électrise la foule qui finit par se déchaîner. Une réussite totale pour le Parisien, qui arrive à établir un rapport sincère avec son public. Diverse, la programmation des Aralunaires se veut généreuse et intrépide, alternant les genres avec la volonté de sans cesse nous surprendre. Si Arlon voulait décrocher la lune, on se dit que la cité ne reculerait devant aucun danger, bien aidée par le récital de ses princes de la musique.

Les Aralunaires – Du mercredi 27 avril au 1er mai, Arlon – Tickets via ce lien

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