Paris Match Belgique

Laura Crowe & Him : Le duo bruxellois revient avec un nouvel EP à la nostalgie dansante

Musique belge, Laura Crowe & Him

Laura et Eric : "L’avantage d’un duo, c’est que quand il y en a un qui est un peu moins en forme, il y a toujours l’autre pour équilibrer." | © DR

Musique

Les « chouchous » de Nagui sortent Jungle Deluxe, un EP avec des mélodies synthpop et des textes à la double lecture.

 

S’il y a un duo belge à suivre de très près, c’est bien celui-là. Laura Crowe & Him présentent un nouvel EP Jungle Deluxe, exclusivement en français. Un habile mélange entre la langue de Molière et des sonorités pop. Après un passage remarqué dans l’émission de Nagui « The Artist », Laura et Eric souhaitent conquérir le public francophone avec des mélodies synthpop très 80’s et des textes avec une double lecture.

On vous a découvert dans l’émission « The Artist » sur France 2. Comment l’avez-vous vécu ?

Laura : Quelle expérience ! Surtout après 2 ans de Covid … On a eu beaucoup de remises en question musicales. On avait sorti un album juste avant le Covid qui est totalement passé à la trappe.
Eric : Et on a eu une idée de génie. On a vu passer ce casting, et on s’est dit : « on va tenter le coup », et on a été sélectionné parmi 1 600 projets. C’est un truc énorme ! Et en plus, quand on a rencontré Nagui, il nous a clairement fait comprendre qu’on était un peu ses chouchous et qu’il avait eu un énorme coup de cœur sur nous.
Laura : C’était une grande chance de pouvoir se produire sur scène après tout ce temps. Et surtout devant Nagui : on sait que c’est un véritable passionné de musique. Il est d’une gentillesse infinie, et c’est important de le souligner. On l’a rencontré au moment des répétitions. Après qu’on ait fait notre balance, il est venu nous saluer en nous disant : « La Jungle, c’est un putain de tube ! Je l’ai en tête non-stop ». On était tellement touché !
Ce qui est beau dans tout ça, c’est qu’on est arrivé là grâce à un titre que l’on a composé pendant le confinement. Et ces deux ans ont été très difficiles pour les artistes. Mais quelque part, on a réussi à trouver les ressources nécessaires en nous pour garder la foi et se dire « on est de vrais passionnés, de vrais créatifs, ce n’est pas ça qui va nous empêcher de le rester ».

Pourquoi avoir choisi cette émission et pas une autre ?

Laura : On nous avait déjà proposé de faire The Voice, mais j’aurai été toute seule. Et comme on fonctionnait déjà comme un duo, on n’a pas trop vu l’intérêt. En plus, on a envie de se démarquer sur nos propres morceaux, même si on aime bien faire des reprises de temps en temps sur nos réseaux.
Eric : L’émission de Nagui, au contraire, faisait la part belle aux auteurs compositeurs, donc directement on s’est dit : « c’est ça qu’il nous faut ».

« La Jungle » a été écrite pendant le confinement comme vous l’expliquez. Pourquoi avoir voulu écrire sur cette période qu’on voudrait bien oublier ?

Eric : On avait commencé à écrire les bases du morceau en anglais, et ce n’était pas la même thématique d’ailleurs. Ce sont nos managers qui nous ont conseillé de la faire en français. On s’est demandé de quoi on voulait parler, et la première chose qui nous est venu à l’esprit, c’est de se dire « on en a marre d’être enfermé, les nouvelles sont anxiogènes et dehors, c’est la jungle ». C’est fou, parce qu’on était déjà très attaché à la version en anglais, et quand on l’a fait en français, on s’est dit que c’était vachement mieux.

Sur cet EP, vous chantez exclusivement en français. C’était un choix ?

Laura : Tout à fait, c’est une volonté que l’on avait depuis un moment parce que la finesse de langage nous attire. Notre tout premier EP était exclusivement en anglais, et l’album faisait un peu la jonction entre les deux, vu qu’il était dans les deux langues. Mais c’est plus facile de se lancer en anglais ; c’est une langue très musicale. Le français, il faut bien choisir ses mots.
Le challenge (aussi) c’est qu’en français, dès qu’on pousse un peu sur la voix, ça fait rapidement variété française. On n’a rien contre ce style, mais on a cette volonté de faire une musique beaucoup plus pop. C’est un équilibre délicat à trouver. Je pense que avant tout, il faut écouter son âme d’artiste et se laisser guider. C’est là qu’on va être le plus sincère au final.

Lire aussi > Doowy : « C’est un travail de tous les jours d’arriver à s’accepter, de faire la paix avec son passé »

Retour sur vos débuts. Comment vous avez décidé de faire de la musique ensemble ?

Eric : J’ai travaillé pendant 15 ans dans un studio d’enregistrement en tant qu’ingénieur du son. Et un jour, en 2015, je rencontre Laura qui vient pour une session d’enregistrement. Elle me dit qu’elle aimerait bien qu’on fasse de la musique ensemble, donc je lui propose de chanter sur des morceaux de fond de tiroir, et elle a donné une nouvelle sonorité à un morceau qui était aux oubliettes. Ça a tout de suite accroché, et on a commencé à écrire des chansons à deux.
Laura : Au début, c’était juste sous mon nom « Laura Crowe », parce qu’il trouvait que ça sonnait bien. Et puis après (en 2018), vu qu’on faisait tout à deux, on s’est vraiment appelé « Laura Crowe and him ».
Eric : Pour l’anecdote, mon pseudonyme vient de là. Quand on se présentait en radio, j’étais toujours avec elle, et on demandait toujours à Laura : « Et c’est qui lui ? ». Et bah c’est lui ! (him en anglais, ndlr). (rires)

On sent une bonne alchimie entre vous deux. Mais est-ce que c’est toujours facile de faire de la musique à deux ?

Eric : C’est beaucoup plus simple déjà d’être que deux, comparé à un groupe de cinq personnes. Mais on s’entend merveilleusement bien, on tombe toujours d’accord. Et l’avantage d’un duo, c’est que quand il y en a un qui est un peu moins en forme, il y a toujours l’autre pour équilibrer. C’est vraiment une force.

Comment vous définiriez votre style musical et votre nouvel EP ?

Laura : Au niveau de l’esthétique, on a des vibes de synthé un peu retro/moderne, avec des inspirations anglo-saxonnes comme Depeche Mode. Dans les textes, ça varie entre écologie ; la trahison en amitié (« La fille de l’air ») ; l’ambiance anxiogène de la pandémie avec « La Jungle »…
Eric : « Mentir », c’est un petit clin d’œil aux personnes qui sont parfois trop franches, et qui ne nous ménagent pas. Et ce serait peut-être mieux de mentir parfois pour adoucir l’amitié. « Une minute » parle de la première impression que l’on donne, le fait que souvent les dés sont jetés en une minute.
Laura : On a toujours aimé ce côté accessible dans la musique – des titres un peu dansants – et que quand on écoute les paroles, il y ait un peu plus de fond. « Mentir » par exemple, c’est vraiment le côté doux/amer.

On sent une légèreté dans les mélodies, mais vous parlez de sujets aussi plus « sérieux ». On comprend un double sens dans « Toxique », qui parle à la fois d’une histoire d’amour mais aussi d’écologie. C’était important pour vous d’aborder ce sujet là ?

Laura : À l’heure actuelle, on ne peut plus passer à côté de cette problématique qui colle à la peau de l’humain. C’était important pour nous de faire une chanson sur ce sujet. Une phrase qui convient bien pour définir tout l’EP, c’est « seconde lecture ». On aime bien faire des choses où on va se dire au premier plan « c’est une histoire d’amour qui ne fonctionne plus bien ». Après on ne se positionne pas comme des moralisateurs, il y a des artistes beaucoup plus impliqués personnellement que nous dans la cause.
Eric : Mais la prise de conscience est importante et ça ne nous empêche pas d’en parler.

Vous avez des clips qui sont toujours très travaillés. Vous créez tout vous-même ou vous avez une équipe ?

Eric : « La Jungle », c’est le premier dont on a vraiment écrit le scénario de A à Z. On a fait un story-board, et comparé au clip, c’est vraiment la même chose.
Laura : Pareil pour le clip de « Toxique ». On avait des idées, et on a travaillé avec une réalisatrice Ukrainienne (qui vit en France) qui nous a proposé un scénario super chouette. On lui a expliqué la double lecture du titre, et ça lui a beaucoup parlé.

On voit que vos titres sont toujours très bien accueilli dans les commentaires. C’est plutôt rare sur les réseaux sociaux.

Laura : C’est notre petit boost du matin ! (rires) On est très contents que les gens nous suivent sur les réseaux. C’est encourageant ! On fait ça par passion, par amour de la musique, mais c’est boostant de voir que les gens adhèrent.
Eric : On a un petit rituel : quand on déprime, on va regarder les commentaires sur Youtube (rires). Ça fait toujours plaisir !

Laura Crowe & Him seront le 4 juin à Tournai, le 16 juin à Namur, le 18 juin à Philippeville, le 2 juillet à Mons et le 30 juillet à Louvain-la-Neuve.

CIM Internet