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Interview Festival : Notre rencontre avec le DJ et producteur Myd au Primavera

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Myd, alias Quentin Lepoutre. | © Alice Moitié / Because.

Musique

Producteur instinctif, DJ incisif, artiste audacieux multipliant les collabs de feu : Myd, c’est tout ça à la fois et on voulait absolument le rencontrer en marge de son set au Primavera de Barcelone. L’occasion de revenir sur ses meilleurs souvenirs en festival avec humour et bonne humeur, avant son set à Paradise City le 3 juillet prochain.

 

Paris Match Belgique. Hello Quentin ! Dis, tu as passé beaucoup de temps en festival quand tu étais plus jeune ?
Myd. Alors oui ! J’ai grandi à Lille, et quand j’étais ado j’ai passé beaucoup de temps au festival de Dour. Quand j’avais 16 ans, ma mère m’emmenait avec ma tente – donc l’objet hein, pas ma tante la soeur de ma maman (rires) jusqu’à cette grande réunion qu’est Dour. C’était le plus gros festival près de chez moi, et on passait 4 jours à beaucoup faire la fête et très peu dormir. Et à découvrir plein de groupes parce que c’est un festival excellent.

C’est lesquels tes concerts ou DJ set les plus marquants en festival ?
C’est ceux où je n’étais pas ! Le premier DJ set qui m’a donné envie d’acheter des platines, c’était celui de Fatboy Slim à Brighton – dont j’avais le dvd – où il mixe devant 200 000 personnes sur une plage. Quand j’ai vu ça, je me suis dit ‘ok, c’est ça que je veux faire dans la vie’. Le truc s’appelle « Big Beach Boutique II » et c’est devenu une vidéo devenue culte à voir absolument. Sinon en concerts, j’étais un grand fan de TTC et j’allais les voir souvent. Ce qui me plaît en live, c’est le côté sauvage où il y a des incidents, un peu chaotique. Comme chez Fatboy Slim d’ailleurs, qui écrivait des trucs sur ses pochettes de disques en plein concert pour haranguer la foule. C’était dément.

Tu l’as vu en live depuis Fatboy Slim ?
Je l’ai déjà vu oui, et j’ai surtout joué avec lui sur un festival qui m’a beaucoup marqué et qui s’appelle « Holy Ship ». C’est un festival sur lequel j’étais booké et qui allait de Miami au Bahamas sur un bateau de croisière. Il s’arrêtait sur plein de petites îles et j’ai pu passer un moment avec Fatboy Slim. Et là, je croise les doigts mais on m’a dit qu’il était chaud que je fasse ses premières parties au Royaume-Uni. Ce serait légendaire, étant donné que c’est vraiment ce mec-là qui m’a donné envie de faire de la musique.

Est-ce que tu joues différemment en festival ?
Bien sûr. Mais en fait c’est pas trop ça qui fait la différence, mais plutôt si je joue du live ou pas. Pour le live, on recalibre mon show en quelque chose d’un peu plus énervé. Le live, on va dire que c’est un mélange entre une boîte de nuit et un camp de scouts qui joue de la guitare, un truc en même temps pêchu et ludique.

C’est pas parfois difficile de jouer face à un public qui n’est pas forcément venu pour toi ?
Je vois plutôt les choses différemment. Quand t’as une salle bookée pout toi, il y a un peu de pression. Tandis qu’en festival, avec un public varié, il faut trouver une ambiance légère où moi perso j’ai moins de pression.

C’est lequel, le premier festival où t’as joué ?
Mes premiers petits festivals, c’était avec mon groupe du lycée dans le nord de la France. Mais très jeune déjà, j’avais cette frustration de voir des groupes sur scène et de pas pouvoir jouer aussi, comme à Dour par exemple où je rêvais d’être sur scène. Et où je suis finalement allé avec mon ancien groupe Club Cheval.

Avec le mauvais temps, une fête peut devenir une super fête !

C’est laquelle ta meilleure anecdote en festival ?
Il y en a plein ! Mais si je devais en garder une, ce serait un endroit où on a joué en Italie, dans un festival un peu roots. Il s’est passé quelque chose qui ne se passe jamais en Italie, il a commencé à pleuvoir de dingue. Et personne ne nous avait prévenu. Tous les groupes avaient tout leur matos plongés dans l’eau. On est rentré avec notre matériel à l’hôtel et on a tout démonté puis pendu les synthés pour les sécher au sèche-cheveux. C’était assez horrible car il y avait beaucoup d’argent mais ça fait un souvenir marquant.

Programmer un line-up, c’est quelque chose qui te plaît ?
Oui à fond. J’avais fait une résidence à Paris, au Rex Club, et cet été je fais une soirée à La Clairière, aussi à Paris. Ce qui me plaît, c’est de faire des découvertes et de les partager avec mon public !

Quand tu vois ton nom sur un line-up à côté de Tame Impala, Phoenix, The Strokes, Jeff Mills et Meghan Thee Stallion, tu te dis quoi ?
C’est hyper gratifiant évidemment. C’est aussi pour ça qu’on fait de la musique, taper dans l’oeil des programmateurs de festivals. En plus, emmener toute ma team au Primavera par exemple, c’est très excitant et ça montre que notre projet fonctionne.

Le Primavera justement, ça représente quoi pour toi ?
Je dis toujours que c’est un peu le Coachella européen. Le line-up, il est tout de même assez exceptionnel.

La Belgique, c’est pas la meilleure terre de festival tu crois ?
Si à fond. Je reviens encore avec Dour, mais pour moi c’est un des meilleurs line-up, hyper qualitatif, éclectique. Et puis j’ai une histoire particulière avec le programmateur aussi, Mathieu Fonsny, qui est la première personne à m’avoir programmé en Belgique quand j’avais 19 ans. Il me faisait jouer dans les soirées Forma. T à Liège. Il y avait un peu lui en Belgique et Ed Banger en France. J’ai toujours cru en ce qu’il faisait. Sinon par rapport à la Belgique et aux festivals, il y a aussi le truc qu’il fait tout le temps moche (rires). Et donc tu peux vraiment transformer la vibe en quelque chose de fou, une grande fête sous la pluie où tout le monde s’en fout au final. Avec le mauvais temps, une fête peut devenir une super fête !

Est-ce que tu vas aller voir les sets de certains ce soir ?
Alors je suis très fatigué et je ne joue qu’à 5h du mat, donc je vais d’abord aller faire une grande sieste, et puis on verra !

Tu as produit « Fin du monde » sur le nouvel album de Roméo Elvis. C’est quand qu’on vous voit ensemble sur scène ?
On y a pensé ! C’était très cool de le rencontrer et de bosser avec lui sur ce projet, je suis venu à Bruxelles pour bosser avec lui en studio. Malheureusement pour l’instant on a pas de festival où on joue tous les deux, sinon on le ferait, mais ça viendra !

Myd sera l’une des têtes d’affiche du Paradise City, le festival électro et green à 20 minutes du centre de Bruxelles. Et il reste encore quelques tickets pour son passage le dimanche 3 juillet !

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