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The Faim : Rencontre avec le groupe australien qui enchaine tous les succès

The Faim : Rencontre avec le groupe australien qui enchaine tous les succès

Linden (batterie), Stephen (basse), Josh (chant) et Sam (guitare). | © DR

Musique

The Faim a conquis le public de Rock Werchter (et nous aussi). Nous avons discuté avec eux de leur incroyable succès planétaire après leur premier album, et de la sortie de leur nouvel opus Talk Talk.

 

C’est LE groupe à suivre de très près dans les années à venir. Dès son premier album, The Faim a remporté un franc succès avec ses titres « Summer Is A Curse » et « Humans ». Des tubes diffusés sur les radios du monde entier qui ont permis de faire découvrir la musique pop punk du groupe australien. Josh (chant), Stephen (basse), Sam (guitare) et Linden (batterie) ont conquis le public avec leur énergie et leurs mélodies puissantes et sincères.

The Faim était présent à Rock Werchter le 2 juillet dernier et il nous a totalement subjugués. Leur énergie, leur authenticité et leur générosité sur scène ont fait du groupe australien la véritable révélation scène du festival. Nous les avons rencontré à l’occasion de leur venue en Belgique pour parler de leur deuxième album Talk Talk, sorti le 8 juillet dernier. Un album tout aussi réussi que le premier, avec de futurs hit comme « The Hills » ou « Me Because of You ». Rencontre.

Pour mieux vous connaître, est-ce que vous pouvez vous présenter ? Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Stephen : Josh et moi avons commencé à jouer et à écrire de la musique au lycée. On adorait nous produire ensemble, donc on a continué à écrire de la musique ensemble. Puis en 2017, on est allés à Los Angeles pour enregistrer de la musique pour la première fois à l’international. On a écrit notre EP et des chansons pour notre premier album. Nous sommes partis en tournée en 2018, et c’est à ce moment-là que notre guitariste Sam et notre batteur Linden nous ont rejoints.

Vous dites que vous jouiez ensemble au lycée. À quel moment avez-vous eu envie d’en faire votre métier ?

Josh : La sensation de créer de la musique est vraiment difficile à décrire avec des mots. Créer quelque chose à partir de rien et ensuite voir les gens s’y connecter… surtout maintenant, d’être ici en Europe et voir les gens se connecter à notre musique est une chose magnifique. Mais ça a vraiment commencé par le fait que nous aimons faire de la musique ensemble, et c’est comme ça que ça va continuer pour le reste de nos vies musicales (rires).

Votre premier album est sorti en 2019, et vous avez eu du succès très rapidement. C’était une surprise pour vous ?

Stephen : Oui, je pense que c’est toujours une surprise quand les chansons décollent comme nous l’avons fait, avec un succès radio en Europe, ce qui était incroyable. Tu ne t’y attends pas vraiment, car quand tu écris une chanson, tu ne sais pas à quel point elle peut marcher. Nous essayons d’écrire de la musique que nous aimons, et c’est le principal. C’est juste un bonus supplémentaire quand les gens l’apprécient.

C’est une combinaison de chance et de travail acharné.

À votre avis, quelle est la clé du succès ?

Josh : Il n’y a pas de clé (rires). Je pense qu’il faut juste travailler dur, aimer la musique et suivre son propre chemin. C’est la seule chose que vous pouvez faire. Au final, je pense que nous avons travaillé incroyablement dur, mais nous avons aussi eu de la chance. C’est une combinaison de chance et de travail acharné.

Quand vous dites de la « chance », c’est par rapport aux gens que vous avez rencontrés ?

Josh : Cela peut être n’importe quoi : les gens que vous avez rencontrés, la situation dans laquelle vous vous trouvez, le bon endroit au bon moment… Et c’est ce qui fait la beauté du voyage musical : on ne sait pas vraiment comment les choses arrivent sur son chemin. Mais il faut travailler dur, car ce n’est pas facile.
Stephen : Travailler dur et garder l’esprit ouvert à tout. Il faut juste saisir autant d’opportunités que possible, et c’est ainsi que d’autres opportunités se présentent.

 

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Vous avez du succès dans le monde entier. Pensez-vous que c’est parce que vos paroles sont universelles ?

Josh : Oui, mais je pense que c’est une combinaison de choses. Je pense que c’est aussi le son que nous avons créé et nos performances sur scène, ce que nous voulons que les gens vivent à chaque fois. C’est une combinaison de choses, mais les paroles sont une grosse part car c’est comme ça que les gens se retrouvent dans les chansons. Tout le reste est super important, mais ce sont les paroles qui connectent avec les gens. C’est comme ça que vous avez une chanson qui reste dans la mémoire pour toujours. D’après mon expérience personnelle, c’est ce à quoi je me connecte quand j’écoute une chanson.

Stephen : Je pense qu’au niveau des paroles, nous sommes juste des gens normaux, donc ce n’est pas comme si nous vivions des choses que personne d’autre au monde ne vit. Je pense que cela aide les gens à s’identifier aux chansons, car nous écrivons à partir de ce que nous ressentons et de ce que nous avons vécu. Et beaucoup d’autres personnes vivent exactement la même chose la plupart du temps. Donc je pense que ça aide vraiment les gens à se connecter à la musique, où qu’ils soient dans le monde.

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Comment vous avez créé votre nouvel album ? C’était durant la pandémie ?

Stephen : On a commencé au début de la pandémie, en 2020, mais ça a duré jusqu’au début de cette année. Quelques chansons, comme « Ease My Mind » et « Flowers », ont été écrites au début de 2020, mais la plupart ont été écrites au cours des cinq derniers mois. Et c’est à ce moment-là que nous étions tous dans des endroits différents : j’étais à Los Angeles, Sam à Melbourne, Josh et Linden à Perth. Puis Josh est venu à Los Angeles et on a travaillé ensemble là-bas. C’était un gros effort de travailler à partir de nos différents endroits dans le monde.

Et ce n’était pas trop difficile de travailler sans être tous ensemble ?

Stephen : Personnellement, je trouve cela beaucoup plus facile parce que c’est là que je suis dans mon meilleur état d’esprit. En 2020, nous avons passé beaucoup de temps juste à Perth car nous ne pouvions pas bouger. Et personnellement, mon écriture en a beaucoup souffert car lorsque vous êtes dans un mauvais état d’esprit, il est très difficile d’écrire, d’être inspiré.

En quoi cet album est différent du premier ?

Stephen : Nous avons eu beaucoup plus de temps pour celui-ci ! (rires) Mais sur celui-ci, nous avons eu beaucoup plus la main sur le son et la production des chansons. Pour le premier disque, il y avait jusqu’à cinq ou six personnes dans la même pièce pour écrire une chanson. Sur celui-ci, nous écrivions tout seul, ou juste moi et Josh. Et une des chansons est entièrement auto-produite, également. Nous avons tous les quatre un rôle beaucoup plus important dans le processus créatif de cet album que sur le premier.

Avez-vous ressenti une pression après le premier album, au moment de préparer le second ?

Josh : Nous avons ressenti une pression au début, en particulier juste après la tournée. Et ensuite, le stress a commencé à venir d’autres directions avec la pandémie, car on ne pouvait pas partir en tournée et beaucoup de choses ont été annulées. Mais au bout d’un moment, nous voulions vraiment en finir avec cet album. J’étais arrivé à un point où j’ai vraiment remis en question ma relation avec la musique, ma place, et savoir ce que je voulais vraiment faire. Parce qu’au bout d’un moment, on se demande où tout cela va nous mener. Deux ans et demi d’absence pour un groupe à notre époque, c’était difficile à supporter. Mais on y est arrivé, on l’a fait, on a relevé tous les défis et on a surpassé nos attentes.

Quelles sont vos inspirations ?

Stephen : Je pense que nos goûts musicaux sont tellement variés, qu’il est difficile de trouver un groupe qui nous inspire. Par exemple, Nothing But Thieves est mon groupe préféré, mais quand j’écris, je n’écoute pas nécessairement une de leurs chansons. Je ne veux pas écrire une chanson qui ressemble à ça. Quand on écoute une chanson, ça nous procure un certain sentiment, et je pense que c’est la principale chose que nous voulons recréer. On peut vouloir exprimer ce sentiment avec notre propre musique, mais ça sonnera complètement différent.

Quelle est la chanson la plus personnelle de ce nouvel album pour vous ?

Stephen : « madly, badly, fixed ». Cette chanson signifie beaucoup pour moi, personnellement. Elle vient d’un moment où je doutais sur tout, et je me sentais un peu épuisé par l’écriture de l’album. Ecrire cette chanson m’a donné un nouvel élan. Quand nous avons essayé la démo, ça m’a donné un grand coup de fouet.

Josh : Pour moi, je pense que c’est probablement « Flowers ». Au niveau des paroles, cette chanson a beaucoup de couches et beaucoup d’expériences personnelles. On l’a écrite dans un moment très sombre (au début du confinement), et elle représente un sentiment de nostalgie. Ce qu’il y a dans cet espace sombre, que ce soit des relations ou autre, je pense que ça tient vraiment une place importante dans ce qui m’est cher dans la musique.

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