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Rencontre avec Lost Frequencies, à J-1 de la mainstage de Tomorrowland

Rencontre avec Lost Frequencies, à J-1 de la mainstage de Tomorrowland

"J'ai dû choisir entre me produire à Tomorrowland au Brésil, et passer mes examens... ce qui est un choix plutôt original !" | © DR

Musique

Le DJ bruxellois Lost Frequencies se produira ce dimanche soir sur la scène principale de Tomorrowland. C’est la première fois qu’un artiste présentera un concert sortant d’un pur DJ set.

 

Il n’a pas encore 30 ans et c’est déjà l’un des DJ les plus célèbres au monde. Lost Frequencies – de son vrai nom Félix De Laet – sort en 2014 « Are You With Me » qui devient rapidement un tube planétaire et atteint la première place des charts dans de nombreux pays. La musique Tropical House du jeune DJ bruxellois trouve rapidement sa place sur les radios du monde entier, avec « Reality », « Rise », « Melody » (avec James Blunt) ou encore « Where Are You Now ».

Lost Frequencies sera sur la scène principale de Tomorrowland ce dimanche, et non pas pour un « classique DJ set », mais pour un concert live accompagné par deux musiciens et deux chanteurs. Nous l’avions rencontré lors de son passage à Rock Werchter, l’occasion de parler de son nouveau spectacle et de sa carrière.

 

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Vous enchainez les festivals cet été, que ce soit en Belgique mais aussi dans toute l’Europe. Est-ce que vous vous préparez différemment pour Rock Werchter et Tomorrowland, qui ont un public potentiellement différent ?

Vu que je produis de la musique électronique, la façon la plus évidente de se mettre en scène serait un DJ set. Mais quand j’ai commencé à partir en tournée, je me suis intéressé à faire un live show. Ce n’était pas facile à mettre en place, parce que je ne voulais pas perdre la qualité du son, l’énergie et l’enchainement des chansons. Donc j’ai bossé longtemps dessus et on l’a fait la première fois en 2018, une tournée en 2019, et là on revient avec un nouveau show en 2022. Donc je continue toujours mes DJ sets sur certaines dates, mais on a aussi les live sur sept dates cet été. On va d’ailleurs le faire sur la mainstage de Tomorrowland, et c’est quelque chose qui n’a jamais été fait.

Concrètement, vous faites quoi durant votre « live show » ?

On est trois sur scène. Je suis accompagné par Thibaut, qui fait tout ce qui est guitares et clavier (nous l’avions rencontré pour son projet solo sous le nom de Doowy, ndlr) et Laurent qui fait la batterie. Et puis on a Kye Sones qui vient d’Angleterre, qui chante une grande partie de mes chansons parce qu’il a une voix assez large. Et pour Rock Werchter, on avait également Calum Scott.

 

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Au début de votre carrière, c’est votre père qui vous a conseillé de suivre votre rêve plutôt que de passer vos examens. Vous aviez besoin de cette approbation?

On vit dans une société où le schéma un peu classique c’est faire ses études secondaires, aller à l’université, faire un bachelier, peut-être un master…
J’étais en bachelier à Solvay et j’ai plus ou moins réussi le premier semestre. Mais la musique a commencé à marcher, et j’ai eu un choix à faire : soit je pouvais me produire à Tomorrowland au Brésil, soit je passais mes examens. Ce qui est un choix plutôt original ! J’avais 21 ans et j’en ai beaucoup discuté avec mon père. C’est un choix qui n’est pas super évident parce que forcément, si on pense à court terme, on choisit Tomorrowland Brésil. Mais on ne sait pas combien de temps ça va durer. Au final j’y ai été et mon père m’a accompagné. Il m’a peut-être dit ça juste pour voyager avec moi (rires).

Comment vous faites pour continuer à avoir une vie « normale » quand vous mixez dans la même journée dans deux pays différents ?

J’ai toujours les mêmes amis. Et dans ma famille, on est « très famille », mais vraiment au sens large avec les cousins, les oncles, les tantes… C’est important pour moi parce qu’on fait tous des choses très différentes, mais on est tous quand même une unité. Peu importe ce qu’on fait, on part ensemble en vacances, et je pense que c’est quelque chose qui m’aide beaucoup.

Avec une carrière aussi riche, c’est quoi votre plus grande fierté ?

Je suis très fier d’être le premier Belge à avoir été numéro un dans les charts en Grande-Bretagne avec « Are you with me ». Ça n’avait jamais été fait auparavant. Et cet été, je vais être le premier artiste à un live show sur la mainstage de Tomorrowland, donc ça va être quelque chose aussi !

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Quelle est la scène qui vous a le plus marqué ?

J’en ai eu pas mal, mais je vais en choisir une de cet été.
On jouait en Norvège l’après-midi, avant de partir pour la République tchèque. Déjà durant le vol, le pilote nous dit qu’ils ont dû contourner un énorme orage, donc je me dis que ça sent pas bon. On arrive au festival : tout est trempé, le backstage est inondé. L’organisateur vient nous voir et nous dit qu’on va devoir annuler le festival parce qu’un autre orage arrive. On se sentait super mal pour l’organisateur, surtout que c’était dans un endroit assez cool, dans une usine désaffectée. Et non seulement c’était dommage, mais c’était triste en plus. On est quand même resté, j’ai fait les interviews que je devais faire… Et puis je vais voir sur la scène où je devais jouer : ça devait être pour 60 000 personnes et c’était vraiment vide. Donc j’attends en backstage avec un pote qui vit à Prague, et à un moment donné, je me rends compte que je suis censé commencer. Donc j’y vais, et là : c’était rempli jusqu’au bout ! Il a arrêté de pleuvoir et jusqu’à la fin du set le public était rempli. J’ai pu jouer et c’était la fête pendant une heure et quart, quoi. Juste avant que je commence, l’organisateur me disait encore qu’il devrait peut-être m’arrêter parce qu’on devra évacuer, et j’ai finalement j’ai fait tout mon show.
Et c’est souvent comme ça : quand tu as des attentes très basses, c’est là où c’est le mieux. Le fossé entre les deux était tellement grand que ça a rendu ce moment encore plus fort.

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