Paris Match Belgique

Lay This Drum : Les percussions engagées reviennent à Bruxelles

Cinq percussionnistes jouent dans ce spectacle puissant. | © Alain Vanstraden

Musique

Le spectacle énergique de percussions Lay This Drum revient en Belgique avec une version 2.0. Rencontre avec deux de ses cinq protagonistes : Gaëlle Swann et Sara Moonen.

 

Gaëlle Swann, percussionniste depuis son plus jeune âge, signe cette version améliorée de son projet Lay This Drum, né il y a quelques années. L’idée : proposer un spectacle de percussions engagé sur les thèmes du genre et de la féminité. « Une femme percussionniste, ça parait toujours étonnant. Dans le milieu, on subit toujours des réflexions affligeantes du genre ‘Ca va pour frapper, tu n’es pas crevée ?’. Ce genre de réflexions ne sont jamais destinées aux hommes », déplore la conceptrice et directrice artistique du projet, Gaëlle Swann. Avant d’ajouter : « Avec ce projet, je veux raconter l’émancipation des femmes, suggérer l’importance du féminisme ».

Il y a un côté revendicateur dans ce spectacle, mais ce n’est pas du tout étouffant.

Sara Moonen fait elle aussi partie des cinq percussionnistes qui s’expriment sur scène. Elle raconte : « Il y a un côté revendicateur dans ce spectacle, mais ce n’est pas du tout étouffant. On est aussi juste dans la force, c’est puissant et très gai de partager notre passion avec le public ». Cette passion et ces messages engagés sont racontés à travers une histoire construites à travers différentes scènes. Le show a des allures théâtrales, s’éloignant du concept même de concert. Il parcourt en un peu plus d’une heure différentes thématiques et différentes sensations rythmiques.

Faire du bruit pour se faire entendre

Le projet Lay This Drum est d’abord un spectacle musical, mais aussi une prestation engagée sur « la question du ‘genre’ féminin/masculin dans notre société moderne », annonce leur avant-propos pour leur représentation. Si ‘faire du bruit’ ne convient pas forcément pour décrire une prestation musicale, on se fait tout de même à l’idée que les percussions, c’est puissant, insistant et bruyant. Pour passer son message, Gaëlle Swann pense qu’il faut effectivement faire du bruit. Le combat féministe l’exige. « C’est dommage, mais c’est évident », commente-t-elle instinctivement.

« La réalité, c’est que tout est à faire. Il y a des avancées, mais il reste énormément de travail, déplore Gaëlle. Je pense notamment au syndrome de l’imposteur, qui pourrit insidieusement la légitimité de certaines femmes qui exercent certaines professions. On a le droit de prendre nos places, mais pour les prendre, il faut faire du bruit, il faut se visibiliser ». La metteuse en scène espère, en utilisant un moyen qu’elle maitrise, participer à ce combat d’égalité entre les genres qui nécessité un engagement énergique.

Le spectacle est à la portée de tous les publics. (Photo by Alain Vanstraelen)

Un public éclectique

« Tous les âges viennent nous voir, parce que tous les âges peuvent se retrouver dans notre spectacle », assure Sara Moonen. « On peut capter notre message féministe, ou pas. Mais ce n’est pas le plus important. On propose avant tout une prestation musicale. Donc même si le public passe à côté de nos messages, on propose tout de même des percussions travaillées. En fait, tout le monde peut prendre son pied en venant voir notre spectacle. Il y a plein de points d’accroche. » Le propos porté semble figurer comme un prétexte pour créer un spectacle musical riche et déjà décrit comme puissant.

Lay This Drum se produit au Centre culturel d’Auderghem le mercredi 5 octobre à 20h. Réservez-ici et retrouvez le projet en détails ici

CIM Internet