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Parcels à l’Ancienne Belgique : Votre colis n’a pas été livré

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Jules Crommelin, chanteur principal de Parcels. | © Hans Lucas via AFP.

Musique

Venu défendre son sublime album Day/Night ce dimanche soir à Bruxelles, le quintette australien s’est vautré dans un mauvais remix sauce électro de sa discographie. On n’était pas venu pour danser dans un club, mais pour écouter de la belle musique.

 

En novembre de l’année dernière, les cinq copains de Parcels confirmaient tous les espoirs placés en eux avec le délicieux Day/Night, concept album où la pop est habilement saupoudrée de disco des seventies ici, de funk là, et mixée légèrement à la French Touch. On l’avait écouté à foison dans notre salon, rêvant de voir le quintette réciter ses gammes dans une belle salle de concert. La hâte de les retrouver à l’AB ce dimanche était donc vive et pourtant. Au lieu de nous servir la grande pop qu’on attendait, les talentueux Australiens ont choisi la facilité en se cachant derrière un party concert navrant.

Certains nous diront sûrement qu’il était bon, en cette fin de week-end, de se trémousser et de participer à cette petite fête hyper lisse. Grand bien leur fasse de respirer la joie, d’aimer danser et sauter en tapant dans les mains, se contentant d’un simili DJ set géant taillé pour coller avec les sons mainstream qui passent en boucle sur les ondes. On aurait voulu d’un grand concert où la musique de ce groupe intelligent prendrait toute la place, où la voix perçante de Jules Crommelin serait mise en valeur. Au final, juste un vrai bon concert des Aussies installés à Berlin. Pas une parodie de soirée du vendredi. Pour ça, on sort au C12 ou on va au Fuse.

Aveu de flemmardise

Le pire dans tout ça, c’est qu’ici et là le groupe nous offre des versions plus ou moins fiables de ses titres. On essaie de les déguster comme sur « Theworstthing », mais ça sonne creux. En proposant de trop longs moments qui sonnent comme un mauvais remix « électronisé » de sa discographie, Parcels nous donne l’impression d’être à plat quand vient le temps d’un son plus fidèle. La foule arrête de danser, discute, part à gauche et à droite pour s’abreuver. Les jolis moments sonnent comme des interludes et l’énergie proposée ne nous emporte jamais.

Pourtant on ne pourra pas leur reprocher d’être absents. Les cinq garçons semblent prendre un pur plaisir dans une mise en scène minimaliste, et se donnent à fond pendant 1h40. Un investissement vain et sans relief. On aurait voulu que résonnent bien plus clairement les belles mélodies créées par ces petits génies adoubés par Daft Punk. On aurait voulu voir et entendre cette ode à la pop song moderne. Rien de tout ça. Pas dans ce show compressé avec mauvais goût. On retourne donc se délecter, tranquille dans notre salon, de leurs superbes sessions live dispos sur YouTube. Mais quel dommage de ne pas répéter cette beauté sur scène. À croire que ces cinq-là sont tombés dans la flemmardise. Un bien joli gâchis.

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