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Matthieu Chedid (M) se confie : Bruxelles, la scène belge et la très grande classe de Stromae

Il est déjà souvent passé par la Belgique sur scène, en studio, pour le plaisir... | © LP /Olivier Corsan

Musique

Nous l’avions rencontré il y a quelques mois au moment de la sortie de son dernier album Rêvalité. M revient en concert chez nous ce 14 octobre prochain à Forest National. Pour l’occasion, l’artiste français revient sur son amour de la scène et sur ses souvenirs belgo-belges.

 

Par Laurent Depré

Au bout du compte, comme nous l’écrivions au printemps dernier, on est face à un excellent cru de l’ami Matthieu avec ce dernier album. Autant de titres qui donnent envie de sourire, de se trémousser, de communier… De vraies ‘petites doses de Prozac’ sans effet secondaire dans un monde pas toujours évident à regarder en face.

On sent déjà toute l’énergie de certains morceaux comme « Dans ta radio » ou « Dans le living » taillés pour une osmose totale en concert avec le public. Cela risque de déménager dans la salle à Forest National avec ce « performer » hors pair. Et la Belgique, il connait le Matthieu !

Paris Match : Matthieu, que pensez-vous de ce qu’on appelle la « nouvelle scène belge » avec Angèle, Damso, Stromae… ?
M: « Ils sont vraiment tous très talentueux et je les ai un peu cotoyé chacun. Je connais, il est vrai, moins Damso. Humainement, ils sont aussi hyper intéressants. Ils marquent leur époque. J’ai d’ailleurs une belle anecdote avec Stromae qui le prouve… »

… Dites-nous laquelle !
« Nous étions programmé tous les deux au festival de l’île de la Réunion, le Sakifo Music. Moi je jouais le vendredi et Stromae le samedi. Au moment de la balance (Ndlr : lorsque les techniciens et les musiciens vérifient l’ensemble du matériel en live), une tempête s’abat sur le festival et on doit annuler le concert en dernière minute ! Je logeais dans le même hôtel que lui. En rentrant, il a pris connaissance de l’annulation et il ne l’a pas accepté. Stromae m’a dit « c’est pas possible, tu dois faire ton concert. Ecoute, je vais jouer la moitié du mien et tu feras l’autre moitié. C’est acté »… Moi je lui répétais qu’il n’était pas obligé de le faire ! Je voulais vraiment pas l’ennuyer avec ce problème. Bref, une solution a été trouvée et je me suis produit sur scène le dimanche. Mais, cela vous prouve la générosité de l’homme… »

Vous passez souvent par la Belgique en dehors de vos tournées ?
« Malheureusment pas assez… Cela me rapelle plein de belles choses ceci dit. Evidemment, cela me renvoit toujours à mes premières séances en studio, à l’ICP à Bruxelles. C’était pour Nina Morato, une des premières chanteuses que j’ai accompagné. Cela me renvoit aussi à mon papa qui a fait ses études en cinéma à l’Insas, à mes cousines qui y ont vécu… On se sent en famille ici. »

Ton plus beau souvenir en noire – jaune – rouge ?
‘ »J’ai fait un concert expérimental au Botanique dans la foulée, en fait le tout dernier jour, de l’enregistrement d’un album expérimental appelé La BO²-M basé sur les surréalistes… Je demandais au public de me donner des thématiques et je faisais des impros. C’était exceptionnellement créatif et très humain. Une expérience puissante et rare ! »

Dans quelques jours, vous faites Forest National pour une date unique. Impatient de fêter les 25 ans de M chez nous ?
« Je suis super impatient ! Cela va être une belle fête et j’ai très envie d’assister à la rencontre entre le chaud public belge et le groupe de musiciens talentueux qui m’accompagne (Ndlr : comme la bassiste de David Bowie, Gail Ann Dorsey). La musique ets bonne comme on dit ! C’est vrai que le personnage de M a vingt-cinq ans puisque j’en ai moi-même cinquante à présent. Pour les premiers concerts de la tournée, des gens m’ont dit que le show ressemblait au M du début des années 2000. »

Vous avez passé le cap des 50 ans… Quel effet cela fait-il ? 
« J’ai plutôt le sentiment d’avoir deux fois vingt-cinq ans en réalité. Je crois garder de la fraîcheur mais avec l’expérience en plus. Grâce au sport que je pratique, la vitalité est toujours bien présente. À laquelle s’ajoutent vingt-cinq années de projets, de concerts, de rencontres…  Je vais vous dire : je trouve cela très beau de vieillir en fait. C’est arriver à une certaine maturité et à la sagesse. C’est prendre pas mal de recul sur les choses, un vrai moment apesant en réalité… Et si on en parle au niveau de l’image renvoyée par l’artiste, pour moi ce n’est pas tant de rester beau mais surtout de rester vif. Je n’aimerais pas être mou ! (rires). Je suis rassuré car on veillit plutôt bien chez les Chedid. Il y a quelques années, j’ai assisté à un concert des Rolling Stones. J’avais été sidéré par leurs postures d’adolescents. La force du mental permet de donner cette impression. Pour finir, je citerais Edgard Morin qui écrivait fort justement ‘n’oublions pas que nous avons tous les âges en nous, cela dépend du moment de la journée’ « …

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