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À Anvers, Kendrick Lamar nous rappelle que le trône du hip-hop lui appartient

kendrick lamar anvers

K-Dot sur la scène du Sportpaleis, ce vendredi 28 octobre. | © Greg Noire.

Musique

Le natif de Compton a livré ce vendredi un show dantesque dont on peine à redescendre.

 

Si la plupart des rappeurs actuels s’aident volontiers du playback et de support lorsqu’ils sont sur scène, Kendrick Lamar continue d’être avant tout un MC et ne se cache pas derrière de vains artifices. Le Prix Pulitzer 2018, qui est l’un des artistes les plus influents de sa génération, s’est présenté devant le public du Sportpaleis avec une humilité retrouvée et un professionnalisme redoutable. Le rappeur venait défendre son complexe dernier album Mr. Morale & the Big Stepper, qu’il a récité de manière quasi chronologique avec une grâce folle, entrecoupant le show de ses plus grands titres.

Après les deux premières parties de Tanna Leone et du cousin Baby Keem, on attend patiemment 30 minutes avant que ne déboule le king. Une marionnette de lui-même au bras, Kendrick débute par « United in Grief », l’ouverture de Mr Morale, et met déjà tout le monde d’accord avec son flow inimitable. La scénographie se veut minimaliste, les jeux de lumières sont sobres et les deux écrans ne montrent qu’une chose sous leur effet rétro : le visage du plus grand rappeur vivant.

Phénoménal

« N95 », énorme banger du dernier album, électrise les 18 000 chanceux. Kendrick ne fait pas dans la fioriture, il est là pour nous en donner plein la vue et les oreilles. Il ne s’adressera d’ailleurs quasiment pas à nous, se contentant de faire ce qu’il fait de mieux : rapper. « Bitch, Don’t Kill My Vibe » , « DNA. », « HUMBLE. », « m.A.A.d city », « Die Hard » : tout est là pour satisfaire la fanbase. Et créer quelque chose d’unique. Kendrick passe même un test PCR dans un cube transparent, qui finira par s’élever et s’enfumer. Tel un signe d’espoir, il entraîne ensuite la foule sur « Alright », devenu le cri de ralliement du mouvement Black Lives Matter

Pendant 1H40, on sera soufflé par l’aisance sur scène de K-Dot, qui après les métaphores christiques du Damn Tour semble vouloir revenir à des choses plus concrètes. Les danseuses et danseurs qui l’épaulent semblent par moments ne former qu’un avec l’artiste. Charm La’Donna, la chorégraphe principale du show, avait d’ailleurs expliqué que tout était réfléchi pour produire des danses vues comme une extension de Kendrick. Et l’harmonie voulue fonctionne parfaitement.

Au total, ce seront plus d’une vingtaine de sons qui seront joués par le rappeur, qui vient rappeler à tout le monde qu’il est un formidable créateur d’œuvre d’art. Puissant et hyper travaillé, ce Big Steppers Tour se vit comme une succession de montagnes russes dont on sort rassasié. Le roi du hip-hop, c’est bien Kung fu Kenny et personne d’autre.

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