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Tukan, nouveau jazz organique à l’assaut du dancefloor

tukan sort son premier album atoll

Sam (claviériste), Nathan (bassiste), Andréa (guitariste) et Tommaso (Batteur), les quatre musiciens derrière Tukan. | © DR.

Musique

Le quartet bruxellois sort ce vendredi son premier album, le minéral Atoll. Un disque purement instrumental qui convoque les sonorités électroniques sans jamais céder à la tentation des machines. On y plonge tête baissée.

 

Terreau fertile d’un nouveau jazz en plein essor, la Belgique peut se targuer de compter des formations prêtes à dynamiter les codes du genre pour le magnifier. Et le combiner à merveille aux sons actuels. Les Anversois de STUFF. avaient ouvert la voie et Bruxelles n’est pas en reste avec, notamment, les formations ECHT! et Tukan. Particularité de cette dernière, le quatuor s’efforce de créer un son analogique qui lorgne sans se cacher sur l’électro. Après un EP prometteur sorti en 2021, Tukan place le curseur toujours plus près de la piste de danse sur Atoll, premier album hyper maîtrisé.

L’île aux trésors

Si la vague belge de Nu jazz est aussi vivante et créative, il faut sans aucun doute aller chercher ses racines dans les groupes anglo-saxons précurseurs du genre. On pense bien sûr aux Anglais de The Comet is Coming ou aux Canadiens de BadBadNotGood, auxquels les quatre membres de Tukan ont été biberonnés. Formé dans le style classique sur les bancs du Jazz Studio à Anvers, le groupe de potes va ensuite faire ses gammes dans diverses formations émergentes à Bruxelles (Boucan, Saudade) pour, finalement, se retrouver à jouer encore et encore.

« On a passé des mois à faire des jams, et petit à petit une direction s’est créée », raconte le claviériste Samuel Marie, qui insiste sur la dimension instinctive du projet Tukan : « Toute musique part d’une impro. Nous aussi, on part de rien pour arriver à créer quelque chose. L’un de nous envoie un son, l’autre y répond, et de là on se met à fabriquer un son, un morceau. » Et dés les premiers live, un constat les frappe : « On a réalisé qu’on arrivait à établir une connexion très intense avec le public quand on se rapprochait de l’électro, quand on faisait danser les gens. »

Créer une symbiose avec ceux qui viennent les voir en live, voilà une mission que tout groupe de musique désire remplie. De fil en aiguille, Tukan se rapproche alors des codes de l’électronique, avec des touches de post-rock ici et là, et s’affine. « C’est un nouveau genre qui émerge, d’arriver à transformer les sonorités acoustiques en un son très proche de ce que font les machines. Avec nos performances en live, on s’est rendus compte que notre musique pouvait être festive, que ça fonctionnait très bien », confirme encore le guitariste Andrea Pesare.

Le groupe est alors reparti en studio pour concocter un disque qui se veut parfois effréné, parfaite invitation à danser jusqu’aux petites heures, et parfois plus contemplatif, cinématographique. On hoche de la tête sans s’arrêter sur le banger « 206 » pour ensuite descendre dans les profondeurs marines avec « Beluga ». Et on se laisse transporter dans cet Atoll où l’on plonge d’une île à l’autre, à la découverte de petits trésors qu’on a hâte de découvrir en live.

Atoll, 38 min., sorti le 18 novembre

Tukan sera en concert à l’AB Club  le 30 novembre prochain

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