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Charlie Winston : « La première fois que j’ai entendu « Dusty Men », j’ai su que ça allait être un tube »

Charlie Winston : « La première fois que j’ai entendu "Dusty Men", j'ai su que ça allait être un tube »

Charlie Winston sera à La Madeleine le 26 novembre. | © Pias

Musique

À l’occasion de sa venue à La Madeleine le 26 novembre, Paris Match Belgique s’est entretenu avec le plus francophone des chanteurs anglais. Charlie Winston s’est confié sur son rapport au succès, son lien avec la langue française et le public belge. Rencontre.

 

Treize ans après l’énorme succès de son premier album Hobo, Charlie Winston continue sa route avec sérénité. En septembre, il sortait son cinquième album As I Am avec la même fibre folk, blues et pop-rock. Une mise à nu pour ce chanteur anglais, expatrié en France depuis plusieurs années. Un éternel débat intérieur qu’il met d’ailleurs en musique dans son titre « Exile ». Sa musique rythmée et sa voix si « smooth » se rencontrent à merveille sur le titre « Algorithm ».

Charlie Winston sera de retour en Belgique ce samedi 26 novembre, à La Madeleine à Bruxelles, pour présenter son nouvel album et jouer ses titres les plus connus. C’est avec décontraction, et dans la langue de Molière, que le chanteur a répondu aux questions de Paris Match Belgique. Rencontre.

Vous avez connu un énorme succès en 2008 avec votre album Hobo, avec des chansons comme « Like a Hobo », « In Your Hands », « Kick the Bucket », « I Love Your Smile ». Est-ce ça vous a porté pour la suite ou ça vous a ajouté une pression ?
Ça n’a jamais été un stress. C’était une chance énorme et je suis très reconnaissant parce que c’est rare quand ça arrive (et ça n’arrive pas à tous les artistes). Bien sûr, ça a beaucoup changé ma vie, mais c’est normal.

Vous avez eu beaucoup de succès en France et en Belgique, moins au Royaume-Uni. Comment vous l’expliquez ?
Je ne sais pas, et ce n’est pas à moi de le dire. Mais ce n’est pas important pour moi. Selon moi, le succès ne se mesure pas au nombre de gens pour qui je joue. Mon idée du succès, c’est de me réveiller le matin et de choisir d’être heureux. On est obsédé par le succès, mais ce n’est pas la solution pour trouver le bonheur. C’est juste une illusion parce qu’on est dans une société qui vante tout le temps le succès, mais je pense que ce n’est pas le plus important.

Et vous avez toujours eu cette mentalité-là, ou elle est venue avec le temps et la maturité ?
Sur mon premier album, dans “Every Step” je dis “success is a mood you chose” (le succès est une attitude que vous choisissez) (« success » veut dire « succès » mais également « réussite » en anglais, ndlr). Parce que finalement, qu’est-ce que m’a apporté le succès de mon premier album ? Plus de gens qui m’aiment ? Plus d’argent peut-être ? Oui, c’est une vision du succès, mais ça ne dit pas que je suis plus heureux dans ma vie.

En 2012, vous avez chanté avec Saule “Dusty Men”. Comment c’est fait votre rencontre et la création de ce morceau?
On s’est rencontrés sur “Le Grand Studio” à RTL il y a 11/12 ans, et on s’est immédiatement bien entendu. On se parlait régulièrement, et je lui ai proposé de co-produire son album. C’était une très bonne expérience, et on a beaucoup rigolé. C’est un très bon musicien et chanteur, aussi. Et la première fois que j’ai entendu “Dusty Men”, c’était évident pour moi que c’était un tube.

Vous serez en concert à Bruxelles ce samedi. À quoi doit s’attendre le public ?
Je suis avec trois musiciens sur scène, tous multi-instrumentistes et ils chantent très bien en français et en anglais. On rigole beaucoup sur scène, et c’est un bon mélange entre les chansons du nouvel album et les plus anciennes. J’ai hâte de présenter mon show au public belge !

Vous avez hâte de retrouver le public belge ?
Beaucoup, parce que c’est un public très engagé. Aussi, je pense qu’on a le même humour entre Belges et Anglais… plus qu’avec les Français qui sont toujours très « premier degrés ».

Sur votre nouvel album As I Am, vous avez quelques titres plus mélancoliques, ce qui est surprenant par rapport à vos anciens albums…
Mon but quand je fais un album, c’est d’exprimer toutes les émotions, et la mélancolie en fait partie. Mais c’est hyper important d’avoir l’espoir et la joie, aussi. Dans la musique, je ne juge pas mes émotions, je les observe.

Concernant votre titre « Exile », vous dites « je confesse que je ne suis plus vraiment un sujet britannique, que je suis devenu ‘frenglish’ », en rapport avec le fait que vous vivez maintenant en France. Vous avez mis du temps à accepter ce mélange de cultures ?
Ce n’est pas juste d’accepter la culture de manière générale, mais plutôt de trouver ma place. C’est pour ça que c’est important de parler en français parce que j’ai réalisé que pour s’exprimer, c’est très important de parler la langue du pays dans lequel on vit. Et ma vie, maintenant, elle est là. Mais c’était difficile au début de toujours cacher cette part de moi (le fait que je sois Anglais). Mais j’ai fini par l’accepter et maintenant, je pense que je suis un citoyen du monde.

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Qu’est que vous préférez en France et qu’est-ce que vous aimez moins ?
J’aime beaucoup les boulangeries, parce que le pain est très bon. Et je suis de plus en plus reconnaissant par rapport à ça.
Et je n’aime pas le fait que les Français s’énervent trop rapidement (rires). Ce n’est pas très logique, en particulier en voiture. Et je ne comprends pas : parce qu’il y a la clim, le chauffage, de la bonne musique… et tu peux construire exactement l’ambiance que tu veux, mais tout le monde est en colère en voiture.

Et qu’est que vous préférez au Royaume-Uni, et qu’est-ce que vous aimez moins ?
Je n’aime pas qu’ils pensent être le centre de la Terre. En particulier en musique, on est arrogant et on est fainéant d’avoir l’appréciation des autres cultures.
Et j’aime bien l’humour et le second degré… et c’est ce qui est le plus difficile à traduire. Même avec ma femme (elle est Française, ndlr), je la taquine beaucoup mais elle pense tout le temps que je suis sérieux.


Vous chantez pour l’instant en anglais, est-ce que vous envisagez un futur album en français ?
Tout est possible ! Mais la raison principale pour laquelle je n’ai pas encore écrit d’album en français, c’est parce que je suis auteur, compositeur et interprète. Pour une chanson, il faut une mélodie, du rythme, des harmonies, mais aussi, très important, des paroles. Et moi, j’aime bien écrire les paroles en anglais, parce que je peux jouer avec les mots, les expressions, et je ne peux pas le faire en français. Donc si je veux chanter en français, je vais devoir donner le rôle d’auteur à quelqu’un d’autre… mais ce serait dommage car c’est quelque chose que j’aime bien.

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