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Histoire rock : Quand Neil Young se faisait traîner en justice par sa propre maison de disque…

Une sombre histoire qui remonte au début des années 1980 lorsque Neil Young a rejoint la maison de disques Geffen Records. | © DR

Musique

C’est aberrant et c’est pourtant vrai… Au début des années 1980, Geffen Records en a soupé des albums « invendables » et impossible à promouvoir du musicien canadien. Sympa la confiance et le respect de l’oeuvre de l’auteur du bijou Harvest !

 

Par L.Dp

La maison de disque Geffen Records, créée en 1980 par David Geffen, est une très jeune et dynamique maison de disques à l’époque. Bon nombre d’artistes sont passés chez elle en l’espace de deux décennies seulement puisque depuis 1999 la firme a été « avalée » par Universal Music. Geffen devenant alors une plateforme d’accueil pour tous groupes ou artistes nouveaux et prometteurs. Retirons-en un du lot : un certain Snoop Dog !

Au début des années 1980, on peut imaginer, et d’ailleurs comprendre, l’enthousiasme et l’impression d’avoir fait un bon coup lorsque Geffen signe Neil Young. Mais il semble que David Geffen, qui a été vice-président de Warner Bros dans les « seventies », n’a pas pris en compte un élément important du processus créatif de Young. Sa liberté totale et son rejet de toute compromission et de toute forme commerciale de production.

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Bon… Il faut dire que Neil Young a pris ses aises et probablement ses doux rêves pour la réalité. Il livre deux albums très à part dans sa discographie : Trans qui est un essai électro insipré du travail du groupe Kraftwerk et Everybody’s Rockin pour un joyeux tour dans le monde du rockabilly. Ce dernier album est un vrai pied de nez à la direction de Geffen qui voulait que Neil Young fasse du rock, son rock ! Pour le Canadien, comme il le dira plus tard au magazine Mojo, « ils ont eu ce qu’il ont voulu. Un album de rock fait par un Yong qu’on a forcé à aller dans cette direction »…

La réaction de Geffen ne se fait pas attendre. Fin 1983, la maison de disque intente un procès à Neil Young arguant que les albums qu’il avait livrés n’étaient « pas représentatifs » de sa musique et qu’il avait violé son contrat. Ce à quoi Young a contre-attaqué, affirmant que son contrat lui donnait une totale liberté artistique. Avec à la clé une demande de 21 millions de dollars pour non-respect de cette liberté…

Echaudé par l’affaire, David Geffen en personne s’excuse alors auprès de Neil Young. Le procès sera abandonné et le chanteur produira encore deux albums sur ce label avant de retourner chez Respire…

Tout ca pour ca ?

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