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Retour vers le futur de Mountain Bike

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Le chanteur et guitariste Etienne Marsal remonte dans le temps à la recherche des débuts du groupe bruxellois Mountain Bike, et de ce à quoi pourrait ressembler son avenir.

 

À le voir arpenter la scène rock belge, tapant dans une main ici et claquant une bise rigolarde là, on n’imagine pas. On n’imagine pas qu’Etienne Marsal, nom de code « Kinkle », ait débarqué à Bruxelles il y a quelques années seulement. Sur l’estrade ou devant – tout devant -, le ménestrel de toute une clique de copains musiciens est comme un poisson dans la flotte de la capitale belge. Un coq en pâte même, s’imposant avec son groupe qui surfe sur le garage, Mountain Bike, comme un incontournable là où, dans sa France natale, il aurait fallu davantage batailler.

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Expatriés surtout pour le meilleur, Etienne à la guitare – pour une fois qu’il n’est pas derrière les fûts – et Stefano Bedani à la basse ont effectué en 2012 un rapprochement musical avec le batteur Charles-Antoine Vanderborght et l’autre gratteur, Aurélien Auchain. Depuis, ils vivent heureux et ont beaucoup d’enfants, ou du moins ils y pensent, chacun de son côté. Leurs deux bébés actuels s’intitulent Mountain Bike – du nom de ses papas – et Too Sorry for Any Sorrow, sorti pas plus tard qu’en mai dernier.

À répondre au sourire moustachu d’Etienne, on n’imagine pas non plus que l’accouchement du petit dernier ait été franchement compliqué, entre crise de la trentaine et bidouillages 100% indépendants dans un studio-maison de campagne comme seul le Tournaisis sait en produire.

On imagine encore moins que 2017 ressemble à s’y méprendre, jusqu’ici, à l’année de toutes les galères, à défaut de tous les records. Des guitares fauchées qui obligent à tout recommencer à une faucheuse à qui on aimerait dire deux mots : le dernier semestre a des airs de justice cosmique contre des hédonistes qui n’avaient rien demandé d’autre que rigoler un coup, cette vie-ci.

À reluquer les t-shirts de groupe du petit leader de Mountain Bike, on n’imagine pas qu’on puisse enchainer plus de 150 dates dans toutes les salles et festivals de Belgique – le prochain étant le Brussels Summer Festival -, qu’on pousse même jusqu’en Italie et en Allemagne, qu’on officie en parallèle dans d’autres groupes, et qu’on ne parvienne pourtant pas à vivre de ses chansons aux guitares taquines. Franchement, ça n’a pas de sens.

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Bref, d’Etienne et de ses copains, il semble qu’on ne savait rien. À la sortie du studio de captation, là où le chanteur et guitariste s’est joyeusement acoquiné avec un fond vert, on se dit surtout qu’on aurait pu louper l’un des albums de l’été, alors qu’il suffisait de gratter derrière les titres et les quelques clips du band bruxellois pour s’apercevoir que Mountain Bike est aussi transparent qu’un fond de cuvette – après qu’on ait tiré la chasse.

Quelques recherches historiques plus tard, de l’année-phare des Kinks en 1966 à un futur « à la fraiche » en 2050, on s’en aperçoit. Il était moins une.

Mountain Bike sera au Brussels Summer Festival le 14 août 2017.

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