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Sœur Maria Valentina va rapper pour le pape François lors de sa visite en Colombie

Parfois, la religieuse troque sa guitare contre un ukulélé. | © Capture d'écran YouTube @Arquidiócesis de Bogotá (oficial)

Musique

Entre deux prières, une jeune religieuse vivant à Bogota troque les sandales pour les baskets par « commodité« , et le chapelet pour le micro. Et bientôt, elle va rapper pour le pape François.

 

Sœur Maria Valentina originaire de Los Angeles va réaliser son rêve : rapper pour le pape François lors de sa visite en Colombie du 6 au 10 septembre. L’un des promoteurs de l’accord de paix signé avec la guérilla des Farc pour mettre fin à plus d’un demi-siècle de conflit armé, visitera Bogota, Medellin, Villavicencio et Carthagène des Indes.

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C’est en remportant l’année dernière un concours de chant télévisé « A otro nivel » (« À un autre niveau » en français), avec son groupe de musique qu’elle a gagné ce privilège. Elle y interprètera « Demos el primer paso » (Faisons le premier pas), un titre mêlant musique typique, pop et rap, sur des paroles rendant hommage à la paix. Un hymne qui accompagnera donc le pape parmi ses déplacements parmi la foule des fidèles.

Ce sera l' »occasion de lui montrer notre affection par ce que nous savons faire : la musique. Mais plus que plaire au pape, on veut (…) que tout le monde puisse chanter avec nous« , a expliqué à l’AFP sœur Maria Valentina, 28 ans, qui interprètera l’hymne vec une vingtaine d’autres chanteurs et musiciens de la fraternité des Musiciens Catholiques Unis (MCU).

Ce qui est super avec le rap, c’est qu’il reste facilement dans la tête et quand il a la profondeur de la vérité, en l’occurrence le Christ, c’est encore plus frappant.

« Colombia te recibe con los brazos abiertos/a una sola voz te decimos muy contentos/bendito sea Dios, que en su sabiduría, te ha traído a nuestras tierras para ser su guía » : « la Colombie te reçoit à bras ouverts, d’une seule voix nous t’exprimons notre joie, béni soit Dieu, qui dans sa sagesse, t’a amené sur nos terres pour être notre guide », rappe la nonne, qui était guitariste de rock à l’adolescence.

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Enfant, sœur Maria Valentina a été diagnostiquée d’une stéatose hépatique non alcoolique (NASH), maladie du foie. Elle aurait dû subir une greffe à sa majorité, mais à ses 16 ans, les médecins découvrent qu’il n’y avait plus trace du mal. Une guérison qu’elle a attribué à Dieu. Un an plus tard, elle a alors pris le voile, sans pour autant abandonner sa passion pour la musique. « Mon rêve est d’être une bonne religieuse et de faire de la musique. Je voudrais enregistrer davantage et que les gens, plutôt que d’aimer ma voix, aiment Jésus« , dit-elle.

La musique et la religion salvatrices

Intéressée par tous les genres musicaux, du moment qu’ils offrent « un contenu beau et profond« , sœur Maria Valentina aime l’esprit contestataire du rap, rythme issu de la communauté noire des États-Unis : « Ce qui est super avec le rap, c’est qu’il reste facilement dans la tête et quand il a la profondeur de la vérité, en l’occurrence le Christ, c’est encore plus frappant« . Selon la religieuse, ce style revendicatif répond à la consigne lancée aux jeunes par le pape : « Faire des vagues« , ce qui « dans le langage du Saint-Père, c’est être différents, être insolents en portant un message de joie, d’espérance et de charité« .

Dieu « veut se faire connaître par les médias et (…) il doit le faire par ce qui est tendance« 

Soliste reconnue, Maria Valentina a enregistré un disque, « Dime y dame » (Dis-moi et donne-moi) et fait partie de la Communauté des communicateurs eucharistiques du père céleste, de l’archevêché de Cali, née lorsque le pape Jean Paul II a appelé les artistes à évangéliser par leurs œuvres. Dieu « veut se faire connaître par les médias et (…) il doit le faire par ce qui est tendance » conclue la religieuse.

 

(Avec AFP)

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