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L’orgue du Bozar se fait entendre après 50 ans de silence

L'orgue du palais des Beaux-Arts a été réduit au silence à cause d'un incendie en 1967. | © Photo : Denis Erroyaux

Musique

Plongé dans un profond de sommeil depuis près d’un demi-siècle, l’orgue monumental qui domine la salle Henry Le Bœuf du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles va revenir à la vie ce vendredi.

 

L’orgue monumental qui domine la salle Henry Le Bœuf du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles sortira ce vendredi du profond sommeil dans lequel il était plongé depuis près d’un demi-siècle à l’occasion du festival d’orgue InORGuration qui se déroulera du 15 au 22 septembre à Bozar. La remise en fonction de l’instrument-roi représente une étape importante dans la restauration globale du Palais entamée à la fin des années 1990, souligne l’institution culturelle bruxelloise.

Si l’orgue est présent dans les églises depuis plus de 1.000 ans, son histoire serait, quant à elle, bien plus ancienne encore. Elle remonterait, en effet, au IIIe siècle avant notre ère. Le roi des instruments ne fera toutefois son entrée dans les salles de concert qu’au 19e siècle. Un répertoire réunissant l’orgue et l’orchestre se constitue alors en parallèle.

La patte de Victor Horta

L’orgue du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, achevé par Joseph Stevens, un facteur d’orgue de Duffel, en 1930, soit deux ans après l’inauguration du Palais, s’inscrit d’ailleurs dans cet esprit «symphonique» et cette ambition de tout jouer, l’ancien comme le moderne. Victor Horta dessina, quant à lui, le buffet de l’orgue afin que son esthétique s’inscrive dans celle de la Grande Salle également conçue par le célèbre architecte.

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Réduit au silence après un incendie en 1967, il aura fallu attendre 1988 pour qu’on décide, sous l’impulsion de Bernard Foccroulle, lui-même organiste, de rénover l’imposant instrument qui compte pas moins de 4.000 tuyaux. Le montant total de la rénovation de l’instrument s’élève à un peu plus d’un million d’euros, financé en grande partie par des partenaires privés, souligne Diane van Hauwaert, porte-parole de Bozar.

Un orgue entre tradition et modernité

Très polyvalent, le nouvel instrument qui allie tradition et modernité, pourra s’illustrer, selon Bernard Foccroulle, dans de nombreux répertoires allant de la musique ancienne aux créations les plus actuelles.

Il fallait instrument dans la tradition, mais aussi un instrument ouvert sur ce qui se fait aujourd’hui et sur ce qui se fera demain

Benoit Mernier, compositeur et organiste, a présenté l’orgue qui se muni désormais de capteurs et de micros. Cette installation dernier cri, placée sur un quatrième clavier, ancre le colossal instrument en 2017. Elle pourra désormais généré des sons qui se rapprochent de la musique électronique. « Depuis le début l’idée électronique était intégrée au projet, et c’est surtout sous l’influence et les idées de Bernard Foccroulle, que cette partie a été conçue et décidée, il fallait bien sûr un instrument dans la tradition, mais aussi un instrument ouvert sur ce qui se fait aujourd’hui et sur ce qui se fera demain », a expliqué Mernier dans une interview donnée à la RTBF.

Le public pourra d’ailleurs s’en rendre compte du 15 au 22 septembre avec le festival d’orgue InORGuration qui marque également l’ouverture de la saison musicale de Bozar.

© Photo : Denis Erroyaux

Pluie de concerts à Bozar

Le concert d’ouverture sera donné demain par Olivier Latry. L’organiste titulaire de la cathédrale Notre-Dame de Paris sera accompagné par l’orchestre national de Belgique placé sous la direction de son nouveau chef, Hugh Wolff. L’ensemble interprétera en première mondiale le «Concerto pour orgue» du compositeur belge Benoît Mernier commandé par Bozar pour l’occasion.

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Le 18 septembre, Bernard Foccroulle proposera, également en création mondiale, une œuvre alliant musique ancienne et contemporaine. L’orgue participera également à l’un des concerts donnés le 21 septembre à l’occasion des «UFA Film Nights». Le concert de clôture sera assuré le 22 septembre par l’Orchestre Philharmonique de Liège, placé sous la direction de Christian Arming. L’ensemble liégeois proposera à cette occasion la symphonie n°3 avec orgue de Camille Saint-Saëns.

Le 12 octobre, enfin, le compositeur et chef d’orchestre hongrois Péter Eötvös, accompagné du «Koninklijk Concertgebouworkest Amsterdam», présentera en première mondiale «Multiversum», sa création pour orgue, orgue Hammond et orchestre commandée par Bozar. Une série de récitals ponctuera par ailleurs la nouvelle saison musicale du Palais des Beaux-Arts.

Avec Belga

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