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Le rockeur Tom Petty rejoint la liste grandissante d’artistes décédés en 2017

Le leader des Heartbreakers s'en est allé | © Belga / AFP PHOTO / FREDERIC J. BROWN

Musique

Le légendaire rockeur américain Tom Petty est décédé lundi matin des suites d’une crise cardiaque, a annoncé la police de Los Angeles. Connu notamment pour avoir fondé The Hearbreakers, la voix reconnaissable entre mille du chanteur venu de Floride était devenue celle d’une génération. Parti à 66 ans, Tom Petty s’en va rejoindre les statistiques tragiques d’une année décidément impitoyable pour les artistes. 

Février 2000, un drapeau américain délavé, et une princesse de la pop qui n’a pas encore été détrônée. « Bye bye Miss American Pie » chante Madonna d’une voix sucrée, faisant référence au « day the music died ». Le fameux, ce jour funeste du 3 février 1959 où les rockeurs acclamés Buddy Holly, Ritchie Valens et J.P. Richardson ont perdu la vie quand l’avion dans lequel ils se trouvaient s’est écrasé dans un champ de maïs. Ce jour-là, et ceux qui suivirent, le rock et ses groupies a pleuré ses légendes parties trop vite. Un sentiment répandu aujourd’hui sur les réseaux sociaux, alors que Tom Petty s’est éteint à 66 ans seulement ce lundi. Une grande perte pour le monde de la musique, qui vient s’ajouter à tant de décès déjà cette année. 2017, the year the music died ?

Tom Petty, et tous les autres aussi

Il y a eu Butch Trucks, co-fondateur du Allman Brothers Band et considéré comme un des plus grands batteurs de tous les temps, parti en janvier alors que la plupart des bonnes résolutions n’avaient pas encore eu le temps d’être abandonnées. Quatre jours après son décès, celui de Geoff Nicholls, joueur de clavier pour Black Sabbath, suivi de près par Clyde Stubblefield, batteur aux doigts d’or connu pour avoir participé à la création de certains des plus grands hits du hip-hop. En mars, le rock devenait orphelin quand son père légendaire et la rock star originelle, Chuck Berry, rendait l’âme. Qui a oublié le décès abrupt de Chris Cornell, le charismatique leader de Soundgarden et Audioslave au printemps dernier, suivi de son ami Chester Bennington, voix et visage de Linkin Park, cet été ? Sale temps pour les idoles, 2017 est sans pitié. Et dans la foulée du massacre le plus sanglant de l’histoire des Etats-Unis, c’est au tour de Tom Petty de s’en aller.

La voix d’une époque

Une mort prématurée, à 66 ans seulement, qui ne sonne finalement pas si faux une fois le choc de son décès passé. Plus qu’un rockeur, plus qu’une star, Tom Petty était un barde, un troubadour à la voix nasillarde qui mettait en musique une Amérique rêvée, héritage d’une génération qui a connu ses dernières belles années. Une Amérique utopique, où chacun était libre de poursuivre ses passions, sans peur ni jugement; terre promise aujourd’hui ô combien inaccessible. L’âge d’or des hippies est depuis longtemps fini, et l’Amérique galvanisée par les « Yes We Can » a fait place à des promesses galvaudées de « make America great again ». Alors au tour du leader des Heartbreakers de s’en aller le coeur brisé, puisque ses mots ne trouvent plus d’écho dans les maux de la société. « Yeah it’s been a long time…But I don’t mind, yeah it’s all right, I understand« .

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Belga /EPA/TANNEN MAURY

Tom Petty s’en est allé une semaine après avoir clôturé une tournée américaine marquant le quarantième anniversaire de sa formation, Tom Petty & The Heartbreakers. Outre son groupe éponyme et une carrière solo, Tom Petty a également été l’un des protagonistes éphémères du groupe The Travelling Wilburys, avec Jeff Lynne et George Harrison. Alors que les hommages qui lui sont dédiés se multiplient, le plus poignant est peut-être celui qu’il avait rendu en 2007 à celle qui a été toute sa vie : « pour moi, la musique est quelque chose d’honnête et pur qui va droit au coeur. J’ai pas mal voyagé dans le monde, et de ce que j’ai pu voir, la musique est la seule magie qui existe ».

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