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Nouvel album pour Bertrand Cantat, les proches de Marie Trintignant ne pardonnent pas

La musique s'est arrêtée un soir de 2003 à Vilnius | © Belga ©PHOTOPQR/SUD OUEST/Cottereau Fabien

Musique

Ce vendredi, Bertrand Cantat fait son retour à la musique après 4 ans de silence avec son nouveau single, L’Angleterre. Une chanson engagée qui annonce son album solo, et qui sonne mal pour tous ceux pour qui il reste le meurtrier de Marie Trintignant, ses proches en premier lieu. 

Samedi dernier encore, alors qu’il était invité à revenir sur sa carrière sur le plateau d’On n’est pas couchés, l’acteur français François Cluzet n’avait pu retenir une insulte à l’encontre de l’ex-leader de Noir Désir. Ravi de se replonger dans sa filmographie, celui qui a eu un fils, Paul, avec Marie Trintignant, n’a pu retenir sa douleur à l’évocation de Janis et John, dernier film de l’actrice, dans lequel il lui donnait la réplique. « J’ai adoré ça car c’était un film de dingue. Évidemment c’est le souvenir avec Marie puisqu’elle est morte juste après, assassinée par cet enc*** de Cantat ». Près de 15 ans ont passé depuis le décès de Marie Trintignant à Vilnius, mais pour ses proches, la blessure est intacte.

Beauté occultée

L’actrice se trouvait en Lituanie avec son compagnon de l’époque, Bertrand Cantat, pour le tournage du téléfilm Colette, une femme libre. Un tournage inachevé : le 1er août 2003, Marie Trintignant décède sous les coups du Sombre héros de l’amer à la voix rauque. Condamné à 8 ans de prison, il retrouve la liberté en 2011, et très vite, aussi, l’envie de chanter. Une passion avec laquelle il renoue en 2014 avec la sortie du premier album de son nouveau groupe, Détroit. Dans un entretien-fleuve accordé aux Inrockuptibles, il confie alors que « d’une manière ou d’une autre, la musique a toujours été là. A l’intérieur de ma tête souvent, en accompagnement de ma vie plutôt qu’en tant que chanteur ou musicien… ». Et d’ajouter que « le fait que j’aime tant Marie, on l’a gommé de mon histoire. Il ne fallait que du sordide, tout ce qui était beau a été occulté. Je suis devenu cet assassin qui tue sciemment. Il fallait que je sois condamné le plus lourdement possible et qu’en sortant, je n’aie plus la moindre chance d’exister. C’est encore à l’oeuvre aujourd’hui ».

Indécent

Car le disque a déraillé, ce soir d’été 2003 à Vilnius, et depuis, la bande se répète en boucle. « Il a enlevé sa mère à mon fils en lui portant plusieurs coups mortels et ça, je ne lui pardonnerai jamais » tempête François Cluzet, tandis que Nadine Trintignant, la mère de l’actrice, a déclaré que « je trouve indécent qu’il se reproduise sur scène. Très indécent. Quand on a tué… Je crois que c’est le seul exemple de quelqu’un qui se produit sur scène après avoir tué quelqu’un et que tout le monde le sache… ».

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Dans L’Angleterre, Bertrand Cantat chante le Brexit et dénonce le drame des migrants stigmatisés, attirés par des rêves de Cocagne qui les condamnent à une forme moderne d’esclavage. « On dit que les temps ont changé/Ce n’est pas le cas des Anglais/I want my money back ». Les temps ont changé, peut-être mais Bertrand Cantat, lui, reste plus altermondialiste que jamais et chante de sa voix reconnaissable entre mille la crise que traverse l’Europe actuellement. Un chanteur engagé, dont les combats sont aujourd’hui marqués de l’ombre de sa lutte mortelle avec Marie Trintignant.

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